La lutte contre Covid 19 est-elle du «chinois» pour les dirigeants ?

La lutte contre Covid 19 est-elle du «chinois» pour les dirigeants ?

Publié le 08/04/2020 à 10:10 - Mise à jour le 20/04/2020 à 09:07
Gerd Altmann de Pixabay
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Auteur(s): Xavier Azalbert Directeur de la Publication

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EDITO : Les comités scientifiques font beaucoup parler d'eux mettant en exergue les désaccords à en réveiller les guerres de chapelles entre experts au détriment du pragmatisme. Depuis hier, la privation de liberté est un peu plus accentuée (plus de jogging de 10 h à 19 heures), une contrainte supplémentaire.  Dans l’entreprise l’analyse risque/bénéfice est utilisée par les manageurs afin d’évaluer le retour sur investissement ou le coût bénéfice d’une stratégie et de prendre des décisions informées qui font l'objet de nombreuses formations.

En théorie des probabilités, l'espérance mathématique est, intuitivement, la valeur que l'on s'attend à trouver, en moyenne, si l'on répète un grand nombre de fois la même expérience aléatoire.  La présentation intuitive de l'espérance est la conséquence de la loi des grands nombres : l'espérance, si elle existe, est la limite presque sûre de la moyenne des résultats au cours de plusieurs expériences, quand leur nombre augmente à l'infini. Appliqué au Coronavirus, le nombre croissant d’observations permet de calculer avec une précision accrue l’espérance de vie d’un malade ou le taux de décès. Pour peu que vous n’ayez pas fait de statistiques ou que vos cours de stats soient du lointain, ceci vous paraitra « du chinois ».  

La crise du coronavirus est une guerre de statistiques. La probabilité que vous soyez impacté découle directement d’un nombre de facteurs dont la connaissance s’accroit au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. La base d’information sur la virologie et l’épidémiologie permet donc à mesure que l’information augmente de mieux estimer l'espérance mathématique et le risque. Dialogue d’experts certes mais un dirigeant ayant une compréhension de ces méthodes sera mieux armé qu’un autre dans l'environnement actuel.

Parmi les dirigeants lesquels sont les plus à même d’appliquer cette approche?

Le premier ministre italien est professeur de droit à l’université de Florence. Celui d'Espagne a une formation en économie de l’université de Madrid.  Le prime minister britannique a lui une formation en lettres classiques et philosophie d’Oxford.  Le président français, une formation de lettres modernes, Science Po et diplômé de l’Ena. Le président américain a suivi les cours d’école de commerce de Wharton puis entrepreneur.  La Chancelière allemande est docteur en physique.

Mise en scène ou mise en coulisse? 

La seule personne avec une formation scientifique est la Chancelière allemande. Elle s’est auto confinée et a respecté scrupuleusement le confinement, une « mise en coulisse » pendant que d’autres tardaient tant à décider sur le confinement, continuaient à faire des réunions et s’exposaient sur bien des fronts une « mise en scène ».

L’un des tests du leadership est la capacité à reconnaître un problème avant qu’il ne devienne une urgence. —Arnold Glasow

L’aptitude d’un leader est de pouvoir décider par lui-même, son habileté réside dans sa manière de montrer l’exemple et d’inspirer ses concitoyens à le suivre. La formation scientifique du leader allemand lui a-t-elle donné une meilleure aptitude à évaluer le risque, menant à l’auto discipline du confinement et par la même emportant l’adhésion du peuple allemand.

Omnia ergo quaecumque dixeri vobis servate et facite : secundum opera vero eorum nolite facere ; dicunt enim et non faciunt (Évangile selon saint Matthieu chapitre XXIII, versets 2 et 3).

Observez donc et faites tout ce qu’ils vous diront, mais ne faites pas ce qu’ils font, car ils disent ce qu’il faut faire et ne le font pas.

 

 

 

Auteur(s): Xavier Azalbert Directeur de la Publication


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