Manuel Valls: "le burkini est pour moi un symbole d'asservissement de la femme"

Manuel Valls: "le burkini est pour moi un symbole d'asservissement de la femme"

Publié le :

Jeudi 25 Août 2016 - 09:17

Mise à jour :

Jeudi 25 Août 2016 - 09:49
©Thomas Samson/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Manuel Valls était l'invité de BFMTV - RMC ce jeudi matin. Au micro de Jean-Jacques Bourdin, le Premier ministre est revenu en détails sur la baisse du chômage pour le mois de juillet et s'est exprimé sur la polémique liée au burkini.

Les chiffres du chômage

"Quand je parle de l'emploi je ne pense pas à ceux qui gouvernent, nous pensons d'abord à ceux qui le subissent: 74.000 chômeurs de moins depuis le début de l'année et ce sont toutes les catégories qui sont concernées. Mais je n'oublie pas que nous vivons depuis plus de 30 ans avec un chômage fort, nous devons continuer nos efforts et notre soutien aux entreprises".

"C'est le fruit d'une croissance vigoureuse et de toutes les dispositions que nous avons prises pour les entreprises depuis trois ans".

"Au niveau des formations de chômeurs, il va y avoir une montée en charge".

"L'une des mesures qui marchent le mieux est le soutien à la première embauche pour les PME. Et ce qui me satisfait c'est qu'elles embauchent en CDI. Nous devons continuer à combattre la précarité de l'emploi".

"Je maintiens ma prévision de croissance de 1,5% de croissance en 2016 et en 2017. Nous avons le sentiment qu'il y aura de la croissance au 3e trimestre et les chiffres du chômage le prouvent".

"Le gouvernement va poursuivre la baisse de l'impôt sur le revenu".

Candidature de François Hollande à la présidentielle de 2017

"C'est à lui d'apporter cette réponse. Il est évident que sa candidature s'impose en tant que président de la République sortant.

"Il faudra répondre à la question +pourquoi un nouveau quinquennat?+ et afficher des objectifs, des buts".

"L'élection présidentielle sera marquée par le poids croissant du populisme et de l'extrême droite. La vie politique française va être bouleversée. Le candidat de la gauche, celle qui gouverne et réforme, devra rassembler la gauche et au-delà, tous les Français. Seul le candidat de la gauche lucide peut rassembler face au FN".

"Je constate que ceux qui ont gouverné avec nous, ces ministres qui étaient restés au gouvernement, utilisent des mots outranciers, qui, je l'espère, dépassent leur pensée".

"La gauche c'est une morale, c'est aussi une manière de se comporter. Les comportements sont très sévèrement jugés par les Français".

"Le rassemblement des Français doit primer, dans une République forte et apaisée".

Entrée en campagne de Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite

"L'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy m'inquiète car elle a des relents de populisme. Il suit l'extrême droite et embarque avec lui la droite républicaine, même Alain Juppé se laisse entrainer dans le durcissement de la droite. Cela nous donne une responsabilité supplémentaire à gauche".

"Il est certainement animé par un esprit de revanche. Ce qui m'inquiète c'est la brutalité de ses propositions, c'est un programme +Tout pour les riches+ qui met en danger la république sociale telle que je la conçois".

Place de l'Islam en France et polémique autour du "burkini"

"Sur un certain nombre de sujets, la place de l'islam dans la République est un sujet de questionnement important et capital et la gauche doit y apporter ses solutions propres".

"L'essentiel, c'est que nous sommes face à des actes terroristes qui se revendiquent d'une déviance de l'islam et les Français vivent avec ça. Nous devons faire face à ces défis. Il y a des milliers de personnes qui se sont radicalisées, qui ont basculé dans un islam radical, d'où la mobilisation du gouvernement et de l'Etat".

"Le burkini est pour moi un symbole d'asservissement de la femme. C'est une vision de la femme que je ne partage pas".

"Il faut agir avec discernement, il y a eu des arrêtés pris par des maires, avalisés par des tribunaux et le conseil d'Etat va trancher aujourd'hui. Je soutiens ces arrêtés si les attendus sont clairs mais leur application doit se faire dans le plus grand discernement".

"Tout ce qui peut apparaitre comme une stigmatisation et une volonté de s'en prendre à l'islam dans son ensemble est condamnable".

"Si nous somme attaqués par Daech, c'est parce que nous sommes le pays des droits de l'Homme et de la laïcité. Parce que nous incarnons une société que les djihadistes exècrent, pas parce que nous interdisons le burkini". 

 

Manuel Valls s'inquiète de "l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy (..) car elle a des relents de populisme".


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