Pourquoi le gouvernement veut écarter Rokhaya Diallo du Conseil national du numérique

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Pourquoi le gouvernement veut écarter Rokhaya Diallo du Conseil national du numérique

Publié le 14/12/2017 à 12:49 - Mise à jour à 13:09
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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Deux jours après l'annonce de sa nomination au Conseil national du numérique, le gouvernement réclame le départ de Rokhaya Diallo. Plusieurs membres se sont inquiétés de la présence de la militante féministe et antiraciste au sein de l'instance.

Le gouvernement veut que le Conseil national du numérique (CNNum) revoie sa copie. En effet, le secrétaire d'Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, a demandé mercredi 13 à la présidente de l'instance, Marie Ekeland, de modifier la composition de son équipe et ce, deux jours après l'avoir dévoilée. En cause: la polémique qui a entouré la nomination de Rokhaya Diallo, militante féministe et antiraciste. Selon une information rapportée par Le Figaro, la nouvelle composition du CNNum doit être dévoilée la semaine prochaine.

"Ce conseil a pour rôle d'orienter les politiques du gouvernement sur les aspects numériques et de penser les transformations du monde. (...) Nous avons souhaité, par souci de bonne gouvernance et afin que le débat démocratique puisse avoir lieu, que le Conseil puisse agir en indépendance, compte tenu de l'importance des sujets à traiter. Dans ce contexte, la présidente du Conseil a pu, ce qui est inédit, composer son équipe, en intégrant des points de vue dont certains peuvent être différents de ceux du gouvernement", a expliqué Mounir Mahjoubi via un communiqué publié mercredi 13 en début de soirée.

Et d'ajouter: "Cependant, et eu égard encore une fois à l'ampleur des enjeux qui sont les siens, le Conseil national du numérique a besoin de sérénité pour travailler, et les derniers échanges sur la composition du Conseil soulignent que ces conditions ne sont pas pleinement réunies".

Pour rappel, la députée Valérie Boyer (Les Républicains) avait publié le jour-même sur Twitter une lettre adressée au Premier ministre, Edouard Philippe, dans laquelle elle contestait la nomination de Rokhaya Diallo pour trois raisons. Dans son courrier, elle a notamment reproché à la militante ses prises de position sur le voile. En novembre dernier par exemple, Rokhaya Diallo avait déclaré qu'elle ne voyait "pas en quoi le fait de marquer la féminité par un voile, c'est plus sexiste que de le marquer par des talons aiguilles ou une minijupe".

De plus, la députée a rappelé que le gouvernement n'a jamais cessé de soutenir Charlie Hebdo mais que Rokhaya Diallo avait signé en 2011 une pétition contre le soutien à l'hebdomadaire satirique. Enfin, elle a également évoqué certains des engagements antiracistes de la militante rappelant au passage qu'elle avait dénoncé un "racisme d'Etat" lors d'un festival interdit aux blancs.

A lire aussi - La politique numérique du gouvernement selon Mounir Mahjoubi

Face à cette polémique, la principale intéressée a tenu à répondre sur son compte Twitter. "Je n'ai pas le droit de collaborer avec les institutions de mon propre pays parce que j'ose dire publiquement qu'elles sont imparfaites? Quelle étrange conception de la démocratie", a-t-elle écrit sur le réseau social.

Comme le rappelle l'instance sur son site Internet, le Conseil national du numérique est chargé d'étudier les questions relatives au numérique, en particulier les enjeux et les perspectives de la transition numérique de la société, de l'économie, des organisations, de l'action publique et des territoires. En règle général, Ses membres sont nommés par arrêté du Premier ministre sur proposition du ministre chargé du numérique, pour une durée de deux ans.

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Le gouvernement a demandé l'éviction de Rokhaya Diallo du Conseil national du numérique.

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