Clash Calmels-Peltier, départ de Bertrand: la galère de Wauquiez chez Les Républicains commence

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Clash Calmels-Peltier, départ de Bertrand: la galère de Wauquiez chez Les Républicains commence

Publié le :

Mardi 12 Décembre 2017 - 09:21

Mise à jour :

Mardi 12 Décembre 2017 - 09:32
À peine élu à la tête de LR, le travail commence pour Laurent Wauquiez. Et il s'annonce ardu, entre les défections (dernier en date Xavier Bertrand) et la bataille déjà lancée pour la ligne du parti.
© Denis Charlet / AFP
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Pierre Plottu

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Le plus dur commence. Largement élu au premier tour à la présidence de LR, après une campagne qui n'a pas brillé par son suspense, Laurent Wauquiez doit maintenant remettre son parti en ordre de bataille. Tout un programme, dont le départ de Xavier Bertrand, annoncé dès lundi 11, n'est qu'un aimable prologue.

Le programme, justement, c'est ce qu'a invoqué le président de la région Hauts-de-France pour se justifier. Xavier Bertrand a ainsi attaqué la "politique de l'agressivité et des boucs-émissaires" et les sorties sur le "cancer de l'assistanat" de Laurent Wauquiez. "Comme si tous les gens choisissaient d'être au RSA". Et quitte donc "définitivement" le parti descendant directement du RPR où il a milité dès ses 16 ans.

Lire aussi: Xavier Bertrand quitte Les Républicains après la victoire de Laurent Wauquiez

Une annonce choc, qui fait tâche tant par son timing (au lendemain de la victoire de Wauquiez), que par sa dimension (il ne reste décidément plus beaucoup de cadres à LR...).

"Je ne vais pas regarder dans le rétroviseur", a réagi le soir-même le nouveau patron du parti. Certes. Mais du côté du pare-brise aussi les ennuis s'accumulent.

L'attaque de Virginie Calmels contre Guillaume Peltier, tous deux pressentis pour devenir le tandem de vice-présidents de Wauquiez, est ainsi lourde de sens. Accusant son futur homologue de faire "un peu" de "l'antilibéralisme primaire", l'ex-juppéiste a lancé la bataille pour la ligne du parti. "Nous allons entrer dans la phase d'élaboration d'un projet politique (...) pour les Européennes" de 2019, "nous verrons si c'est la ligne de Guillaume Peltier ou la mienne qui triomphera".

Faire cohabiter Calmels la libérale et Peltier l'ancien du Front national de la jeunesse, resté ancré dans une droite pour le moins "décomplexée", est un défi d'équilibriste tout sarkozyste que s'est lancé Wauquiez.

Comme son ancien patron, qui l'a fait cohabiter avec NKM en 2015 et s'est longtemps appuyé sur l'improbable duo Guaino-Buisson, Wauquiez se rêve capable de tenir les deux bouts de l'élastique pour ratisser large et finir par accéder à l'Elysée.

Mais n'est pas Sarkozy qui veut. Et le "boss" lui-même a fini par évincer NKM en 2015 pour lui préférer celui qui est devenu patron de LR dimanche. L'élastique a fini par rompre.

Révélatrices, aussi, les pudeurs de gazelle de Valerie Pécresse. Sollicitée pour prendre la présidence du parlement du parti, instance prépondérante, la patronne de la région Île-de-France tarde à répondre. Comme si l'ancienne chiraquienne devait encore être convaincue après une campagne menée à droite toute sur le terrain par Laurent Wauquiez. À peine 100.000 adhérents ont voté dimanche pour choisir, à près de 75%, l'énarque qui veut notamment "en finir avec l'immigration massive". Quid des 140.000 qui n'ont pas été convaincus de participer, semble ainsi demander l'aile libérale du parti.

Le plus dur commence pour Laurent Wauquiez, nouveau patron de LR.

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