Attentat à Saint-Pétersbourg : ce que l'on sait de l'explosion mortelle dans le métro

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Par AFP
Publié le 03 avril 2017 - 20:50
Mis à jour le 04 avril 2017 - 15:00
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Une station de métro de Saint-Petersbourg, le 14 novembre 2012
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© OLGA MALTSEVA / AFP
"Nous étudions toujours toutes les éventualités: accidentelle, criminelle et avant tout une action à caractère terroriste", a assuré Vladimir Poutine qui se trouvait à Saint-Pétersbourg au moment des faits.
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L'attentat qui a fait 14 morts lundi dans le métro de Saint-Pétersbourg a été attribué à un kamikaze né au Kirghizstan, tandis qu'une bombe a été désamorcée à temps dans une autre station. Voici ce que l'on sait mardi:

- Explosion et bombe désamorcée -

Selon les services antiterroristes et d'enquête, l'explosion est survenue à 14H40 locales (11H40 GMT) dans une rame circulant entre les stations Sennaïa Plochtchad et Tekhnologuitcheski Institout dans le centre de la deuxième ville de Russie.

"Il y a eu un boom et de la fumée", a raconté mardi le conducteur Alexandre Kaverine, 50 ans, qui a poursuivi sa route jusqu'à la station suivante, une décision saluée comme héroïque par sa hiérarchie.

Selon le Comité d'enquête, ces actions ont probablement sauvé de nombreuses vies en facilitant l'évacuation et le travail des secours.

Témoignant de la violence du choc, les photos et vidéo diffusées sur les réseaux sociaux ont montré le métro arrêté dans la station Tekhnologuitcheski Institout avec les portes soufflées et plusieurs personnes inanimées sur le sol de la station.

Peu après, dans une autre station en plein centre historique, Plochtchad Vosstaniïa, un employé du métro signale la présence d'un sac abandonné, lequel contenait une bombe désamorcée à temps.

- Le bilan -

L'explosion a fait 14 morts, selon le dernier bilan donné par la ministre de la Santé, Veronika Skvortsova. Selon elle, 49 personnes étaient hospitalisées mardi.

Parmi les victimes se trouvent des personnes de plusieurs régions de Russie, des ressortissants du Bélarus, du Kazakhstan et de l'Ouzbékistan, a indiqué l'administration locale de Saint-Pétersbourg.

- Un kamikaze soupçonné -

Aucune revendication n'était connue mardi mais le Comité d'enquête, qui a ouvert une enquête pour acte terroriste, a attribué l'attentat à un kamikaze: "La bombe artisanale a pu être actionnée par un homme dont des restes ont été retrouvés dans le troisième wagon de la rame", a indiqué l'institution chargée des principales enquêtes dans un communiqué.

Son identité a été établie mais est gardée secrète "dans l'intérêt de l'enquête", a précisé la même source.

Les services secrets du Kirghizstan, ex-république soviétique d'Asie centrale, ont identifié le suspect comme Akbarjon Djalilov, un homme né en 1995 dans la région kirghize d'Och, une zone qui a fourni un fort contingent de jihadistes à l'organisation Etat islamique (EI). Il a "probablement" acquis la nationalité russe, ont-ils précisé à l'AFP.

- La menace terroriste -

Sans attendre une éventuelle revendication, la presse russe a interprété l'attentat de Saint-Pétersbourg comme un acte de représailles du groupe EI car l'organisation jihadiste avait appelé à frapper la Russie après son intervention en soutien aux forces de Bachar al-Assad en Syrie, lancée fin septembre 2015.

Le 31 octobre 2015, un Airbus A321 transportant des touristes russes s'était écrasé dans le Sinaï égyptien peu après son décollage de la station balnéaire de Charm el-Cheikh en direction de Saint-Pétersbourg, tuant ses 224 occupants. Le groupe EI avait alors revendiqué l'attaque.

En novembre dernier les services spéciaux du FSB avaient interpellé dix personnes à Moscou et Saint-Pétersbourg, soupçonnées de préparer des attentats dans ces deux villes. L'opération avait été menée en lien avec les forces de sécurité du Tadjikistan et du Kirghizstan où est né le suspect.

La menace est d'autant plus forte à l'approche de la présidentielle de mars 2018 et du Mondial de football organisé l'an prochain dans plusieurs villes russes dont Saint-Pétersbourg.

Après l'attentat de Saint-Pétersbourg, les services antiterrroristes ont renforcé les mesures de sécurité notamment dans les transports, notamment les aéroports et les gares.

En 2013, deux attentats suicides à Volgograd (sud) avaient fait 34 morts, quelques semaines avant les Jeux Olympiques de Sotchi.

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