Que fait l’Union européenne contre le cyberharcèlement?

Que fait l’Union européenne contre le cyberharcèlement?

Publié le :

Mercredi 20 Février 2019 - 12:28

Mise à jour :

Mercredi 20 Février 2019 - 14:24
© Kirill KUDRYAVTSEV / AFP/Archives
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La Maison de l'Europe à Paris, édité par la rédaction

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Homophobie, sexisme, antisémitisme, propos islamophobes... Internet n’est pas un "lieu" sûr en cette ère numérique dans laquelle se défoulent les membres de la ligue du LOL et, plus largement, ceux surnommés les "haters" (haineux). L’Union européenne agit sur cette question à travers la campagne #SaferInternet4EU et un code de conduite présenté en mai 2016. Mais il reste encore du chemin à faire.

La France découvre avec effarement les agissements de la ligue du LOL. Les journalistes et professionnels de ce groupe créé à la fin des années 2000 sont accusés d’avoir harcelé des personnes via les réseaux sociaux avec des propos haineux, principalement à l’encontre de femmes et d'homosexuels.

> Une loi française insuffisante

Ce groupe d’hommes ne sont pas les seuls à sévir sur Internet. Bilal Hassani, qui représentera la France à l’Eurovision cette année, en fait les frais. Il subit depuis plusieurs mois et de façon continue des propos homophobes. Plus largement, les propos haineux et d’incitation à la violence dirigés contre des groupes de personnes sont très présents sur la toile. De nombreux "haters" (haineux) se cachent derrière l’anonymat des réseaux sociaux pour déverser leur bile mais, de plus en plus, se livrent à leur passion malveillante au grand jour.

La loi française prévoit déjà la possibilité de porter plainte pour propos injurieux, incitation à la haine ou pour harcèlement. Les victimes qui font ces démarches voient pourtant peu souvent leurs demandes aboutir. Les auteurs de ces délits, eux, sont confortés dans leur comportement malsain puisqu’ils sont rarement condamnés malgré la loi. Le harcèlement en ligne serait-il perçu comme moins grave que celui dans la "vraie vie"? Les victimes sont pourtant bien réelles lorsqu’elles reçoivent ces messages haineux et l’impact qu’ils ont sur elles est tout aussi réel.

> Un code de conduite européen

L’Union européenne l’a bien compris et c’est pour cela qu’elle et quatre grandes entreprises des technologies de l’information (Facebook, Twitter, Youtube et Microsoft) ont présenté en mai 2016 un "code de conduite visant à combattre les discours de haine illégaux en ligne". En 2018 Google+, Instagram, Snapchat et Dailymotion ont décidé d’adhérer à ce code.

Lire aussi: Le cyberharcèlement, une violence difficile à contrer

La quatrième évaluation de ce code de conduite montre que cette initiative de la Commission européenne porte ses fruits. "Les entreprises évaluent actuellement 89% des contenus signalés dans un délai de 24 heures et prennent rapidement des mesures pour supprimer ces contenus si nécessaire. Ce pourcentage a plus que doublé depuis 2016", a annoncé Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne chargé du marché unique numérique. La Commission indique tout de même que les entreprises doivent améliorer la transparence en ce qui concerne les notifications et les suppressions.

> #SaferInternet4EU

Depuis le 5 février 2018, la Commission européenne a également lancé la campagne de sensibilisation #SaferInternet4EU. Celle-ci a touché environ 15.500 écoles et près de 30 millions de citoyens européens. Dans la continuité elle a créé, le 5 janvier dernier, un groupe d’experts sur le thème "un internet plus sûr pour les enfants", afin de contribuer à l’amélioration de la coordination et de la coopération entre les États membres de l’UE et de proposer des mesures concrètes pour protéger les enfants qui utilisent internet. Mariya Gabriel, commissaire chargée de l’économie et de la société numériques, a déclaré à cette occasion "qu’aucun pays ou organisation ne peut agir efficacement seul en ce qui concerne la sécurité sur internet. La coordination et la coopération entre les États membres sont tout aussi importantes à cet égard que le travail utile qu’elle fera pour proposer des actions concrètes".

Un sondage Ifop a toutefois révélé le 15 février dernier que 27% des jeunes de 18 à 24 ans ont déjà fait l’objet d’insultes ou de propos grossiers sur les réseaux sociaux et que 22% déclarent avoir déjà été la cible de cyberharcèlement. Ce groupe d’experts a donc beaucoup de travail devant lui afin de proposer des mesures concrètes permettant plus de respect et de civisme en ligne.

(Centre d’Information Europe Direct de la Maison de l’Europe de Paris)

L'Union européenne initie plusieurs programmes pour sensibiliser au cyberharcèlement.


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