Coronavirus : Le prix des produits de base à la baisse et ceux à la hausse"

Coronavirus : Le prix des produits de base à la baisse et ceux à la hausse"

Publié le 01/04/2020 à 16:54 - Mise à jour à 20:21
© PASCAL PAVANI / AFP/Archives
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Auteur(s): France-Soir

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Depuis le début du confinement lié à la crise du covid-19, les français ont acheté et stocké des produits de base provoquant une raréfaction dans les grandes surfaces. Les ventes de certains produits sont en forte croissance depuis quelques semaines. Y a t-il un risque que les prix augmentent ?

Les dépenses des français augmentent de 37% par rapport à la même période il y a un an. C’est plus qu’une différence significative mais une modification substantielle du comportement des consommateurs. Selon l'IRI BCG de mars 2020, ce même phénomène a été observé aux USA (+53%), au Royaume Uni (+23%), et en Italie +21% sur la même période.

Toujours selon l'IRI BCG, la consommation et l'achat de produits hygiéniques a augmenté de +98.3% par rapport à la même période l’an passé sur le marché français. Les produits de soins personnels (+79%), les produits de santé sans prescription (+60.3%), les produits d’entretiens (+50%) des chiffres stratosphériques dans le monde de la grande consommation.

Les produits alimentaires pour bébé augmentent de +53%, les plats préparés +49%, les produits surgelés +42%, les produits laitiers frais +32%, les boissons +26% et les fruits et légumes + 26%.

Pas étonnant quand on descend au niveau des sous catégories de noter que les savons (+200%), les pates sèches, les repas préparés à base de pates, les farines, les farines, le riz, les gants de nettoyage, les légumes secs, les autres produits déshydratés comme la purée, les boites de conserves et les produits de nettoyage voient leur consommation augmenter de plus de 40% chacun.

Le confinement entraine une augmentation des ventes dans tous les circuits de distribution de plus de 10%, et le e-commerce voit un boom de 30% avec des problèmes réels de livraison.

La croissance des ventes n’a pas encore poussé à l’augmentation des prix

La croissance des ventes n’a pas encore poussé à l’augmentation des prix pour réguler l’offre et la demande.  Avec de tel taux de croissance hebdomadaire, les prix n’ont pas besoin d’être augmenté. Cependant Il est possible que le choix du circuit de distribution donne l’impression que le coût augmente car il y a une baisse de la frequentation des hyper au profit de la proximité.  Traditionnellement les prix en magasin de proximité sont plus chers du fait de couts d’approvisionnement plus élevés.

Les fruits et légumes, un cas très particulier où le prix de certains produits a vu des hausses observées de +20 ou 30% sur les marchés mais de manière très ponctuelle

Le monitoring de la demande des produits frais est plus difficile.  En effet, les produits de grande consommation ont tous des codes barres ce qui rend la traçabilité et le monitoring plus facile.  Pour les produits frais, il faut utiliser une technique d’échantillonage pour monitorer l’augmentation des prix.

La DGCCRF veille

La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ne confirme pas de réelle inflation des prix et veille à éviter toute hausse abusive.

 

La logisitique s’organise Rungis livre chez vous en région parisienne, et dans la région d'Aix-en-provance, Drive by getbigger promet

En réponse à la fermeture des restaurants qui se fournissent principalement à Rungis, un site de vente en ligne directement au particulier a été lancé depuis hier avec un minimum de commande de 50 euros et un prix de livraison limité à 15euros.  Ce site est destiné à faire le lien entre les producteurs et les consommateurs confinés. Les livraisons ont lieu les mercredi et vendredi grâce à 8 camions.

Dans la région d'Aix-en-provence, la société Getbigger a mis au point en peu de temps un service identique "Drive by getbigger" permettant de mettre les marchands locaux en relation avec leurs clients.  Thomas Geissmann son cofondateur dit: "en quelques jours seulement nous avons reçu plusieurs milliers d’inscriptions, notre objectif est de fournir aux petits producteurs et commerçants des outils de distribution digitaux principalement reservés aux plus gros et d’offrir au consommateur un façon simple et intuitive de continuer à faire ses courses localement en évitant le plus possible les contacts pour faire face à cette crise sanitaire"; 

Les prix des produits n’ont pas encore augmenté

De manière naturelle en période de crise, les prix augmentent ou baissent en fonction de l’offre et de la demande et surtout des stocks.  Le gouvernement a été prompt à règlementer le prix des gels hydroalcooliques afin d’éviter une inflation des prix, ainsi qu’à tenter de réglementer le marché des masques en procédant à des réquisitions là où nécessaire.  Donc en faisant usage des outils de régulation (ordonnance, réquisition) de manière rapide.

Quelques produits et services ont vu leurs prix baisser

  • Les services sur internet (canal+ en libre pendant une période)
  • Les vols aériens dont la capacité a été diminué à quasiment 0 propose des tarifs en sortie de confinement intéressants.
  • Les voitures : le marché est en berne avec une baisse significative de la demande de 72% (source : CCFA Comité des Constructeurs Français Automobiles).  Il est possible d’anticiper des offres promotionnelles sur ce marché

D’autres ont vu leur prix augmenter au point d’alerter les autorités

  • Les gels hydroalcooliques (sous l’influence des gestes barrières) ont vu leurs prix multipliés parfois par deux ou plus. 
  • Le paracétamol a vu ses ventes restreintes afin d’éviter la carence. 
  • Les médecins se sont plaints de l’augmentation importante des prix des gants en latex
  • Ne parlons pas du prix des masques dont la carence et la peur du manque a entrainé une polémique nationale.
  • L’usage de l’attestation a vu la demande d’imprimantes bondir et les prix s’envoler sur internet pour ceux qui n’en avait pas.

Sur les dépenses du foyer

  • L’électricité n’a eu de hausse ou de baisse cependant la diminution de la demande des entreprises estimée à 15% liée à l’augmentation de la consommation à domicile pourrait entrainer des modifications tarifaires.  Une chose est sure, c’est que les foyers en télé travail auront une hausse de leur consommation d’électricité.  Pour ceux chauffé au fioul, cela devrait se traduire par une baisse de dépenses du à la baisse du cours du pétrole
  • Baisse des tarifs réglementés du gaz de 4,4%: A partir du 1er avril 2020, les tarifs réglementés baissent de 4,4 % (hors taxe d’ENGIE) par rapport au barème en vigueur applicable depuis le 1er mars 2020. Cette baisse est de 1,1 % pour les clients qui utilisent le gaz pour la cuisson, de 2,5 % pour ceux qui ont un double usage, cuisson et eau chaude, et de 4,6 % pour les foyers qui se chauffent au gaz.
  • L’essence à la pompe : avec la baisse du prix du baril à 20 dollars, l’essence a fortement diminué ces dernières semaines.  La baisse a diminué ces derniers jours et les prix se stabilisent au 1er avril les prix moyens observés étaient de:
    - SP 95 : 1,305 € (- 2,9 cts)
    - Gazole : 1,239 € (- 1,8 ct)

Auteur(s): France-Soir


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