Ils tiennent le pays, mais à quel prix ?

Ils tiennent le pays, mais à quel prix ?

Publié le 05/05/2020 à 11:04 - Mise à jour à 13:34
© BORIS HORVAT / AFP/Archives
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Auteur(s): FranceSoir

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Leçon du confinement, les Français ne regarderont plus les caissières, les éboueurs et les agents d’entretien de la même manière. Ils font partie de ceux qui auront « tenu le pays » pendant les huit semaines de confinement. Mais pour quels salaires ? 
 
Qu’ils soient préparateur de commandes dans un supermarché (ou un géant du e-commerce), employé d’une entreprise de nettoyage ou bien encore aide à domicile, force est de constater qu’il s’agit d’emplois généralement rémunérés au SMIC. 
 
1136€ nets par mois, pour un travail à temps complet, sachant que 43 % des salariés payés au salaire minimum travaillent à temps partiel, selon l’Observatoire des inégalités. Les caissiers sont à peine mieux lotis, avec un salaire moyen de 1168€ par mois. 
 
Des professions largement féminisées
Mais l’on parle d’ailleurs plutôt de caissières, ce n’est pas un hasard et c’est un autre constat de cette période de confinement. Les métiers en première ligne face au coronavirus sont bien souvent à dominante féminine, si l’on excepte des professions comme les chauffeurs routiers, les éboueurs et les agriculteurs. 90 % des hôtes de caisse sont des femmes, chiffre qui grimpe à 98 % chez les aides à domicile. 
 
Christiane Taubira, avec le sens de la formule qu’on lui connaît, l’a souligné sur France Inter mi-avril : 
« Ce qui fait tenir la société, c’est d’abord une bande de femmes »
Il en va de même, d’ailleurs, chez les soignants. 90 % des aide-soignants et 87% des infirmiers sont des femmes. Et là encore pour quel salaire ? En moyenne 1357€ nets pour une aide-soignante et 1725€ pour une infirmière de la fonction publique hospitalière. 
 
La reconnaissance par le salaire ? 
« France d’en bas », « France des gilets jaunes », les mêmes qualificatifs reviennent souvent lorsque l’on évoque tous ces métiers qui sont en première ligne pendant le confinement. Ces métiers considérés comme peu qualifiés se révèlent de fait indispensable à la vie du pays. 
 
Si les organisations syndicales ont appelé à une revalorisation des salaires dans une tribune commune publiée le 18 avril dans Le Monde, le président Emmanuel Macron l’a lui-même reconnu dans son allocution du 13 avril : 
« Notre pays, aujourd’hui, tient tout entier sur des hommes et des femmes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal »
Ce sera sans doute l’un des innombrables chantiers de l’après-coronavirus, à moins qu’il ne soit balayé par la crise économique que l’on nous annonce.  

Auteur(s): FranceSoir


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