Fausse viande, thon végétal: les viandes de substitution sont-elles vraiment écologiques?

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Fausse viande, thon végétal: les viandes de substitution sont-elles vraiment écologiques?

Publié le 25/08/2020 à 10:38 - Mise à jour à 15:36
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Auteur(s): FranceSoir

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Le véganisme gagne du terrain en France et dans le monde. Chaque jour il conquiert de nouveaux adeptes, plus de temps d'exposition dans les médias,  une plus grande présence dans les espaces de restauration. Le véganisme n'est plus un régime alimentaire vu comme extrémiste, il est devenu pour certains un style de vie, une philosophie du positivisme qui invite à remettre en question nos automatismes, à critiquer notre mode de consommation et à repenser notre rapport à la nature. L'industrie agroalimentaire ne veut pas rater le train du véganisme et commence donc à proposer de la protéine animale artificielle, tout d'abord en imitant la viande rouge, et maintenant avec du thon végétal.

Les industriels de l'agroalimentaire s'attaquent au poisson végétal

Après neuf mois de travail intensif dans son centre de recherche, Nestlé vient d'annoncer une alternative végétale au thon; composée principalement de protéines de pois. Ce produit innovant est pour l'instant  uniquement disponible en Suisse, et Nestlé se déclare confiant du bon accueil de ce produit par les consommateurs, en raison de son impact positif potentiel sur la santé et l'environnement.

En quoi le faux poisson peut être bon pour la santé et l'environnement? 

Le poisson “de laboratoire”  est présenté avant tout comme une manière de lutter contre la surpêche, qui menace les réserves de poissons dans les mers et océans du monde entier. Selon les Nations Unies, près de 90% des stocks mondiaux de poisson sont aujourd'hui pleinement exploités, surexploités ou épuisés. La start-up Good Catch , marque americaine de ton végétal, affirme qu’avec de telles statistiques, le seul produit de la mer véritablement durable est celui qui permet aux poissons de rester dans l’océan, sans être dérangés.

Le thon vegan de Nestlé, appelé “Sensational Vuna”, est aussi potentiellement bon pour la santé grâce à l'absence de substances toxiques, qui sont en revanche présentes en quantités non négligeables dans les poisson de grande taille comme le thon. Impossible d’y trouver d'éventuelles traces de microplastiques, alors que l’on commence à s'interroger sur leur présence dans les poissons consommés autour du monde. Selon des recherches récentes, la pollution croissante des océans a une incidence sur nos assiettes. Tous les plastiques jetés à la mer contaminent les poissons. Cependant il existe aussi des études qui soutiennent que le risque pour l'homme reste limité, grâce aux filtreurs, comme les éponges et mollusques, les poissons ou certains cétacés. Les microplastiques ne seraient donc pas facilement transférés dans la chaîne alimentaire 

Le Coronavirus dynamise l'économie de la viande de substitution

Ce type de viande artificielle semble gagner des adeptes à la faveur de la crise sanitaire. La pandémie de Covid-19 a eu un effet important sur les habitudes alimentaires, et les personnes confinées ont pris le temps de réfléchir à leur manière de se nourrir: forcés de manger à la maison, nombreux sont ceux qui ont choisi d'améliorer leur régime alimentaire. Selon un sondage, une personne sur cinq aurait fait des progrès dans ses comportements nutritionnels. Mais ce n'est pas seulement pour faire attention à consommer moins de viande que le consommateur se tourne vers la viande artificielle.

Beyond Meat, une des start-ups leaders du marché de la simili-viande, a connu une augmentation de 195% de ses ventes en supermarché aux États-Unis au deuxième trimestre, et de 167% à l'international par rapport à la même période l'an passé.  En France et dans la plupart des pays touchés par la pandémie de Covid-19, cela peut s’expliquer par des « clusters »  de Covid 19 identifiés dans des abattoirs, qui ont causé une pénurie de viande aux Etats Unis et renforcé le marché de la viande artificielle.

Produire de la fausse viande ne fait que nous éloigner de la nature

Mais évidemment, fabriquer des viandes ou poissons artificiels n'a rien de naturel et en conséquence, cela n'est pas vraiment écologique. C’est le constat de l’essayiste Gilles Luneau qui critique la production de «viande» de synthèse. Produire de la viande artificiellement ne ferait qu'accroître la dépendance à l’égard des multinationales agroalimentaires. Une production et une consommation écologique, qui prendrait en compte le bien-être animal, exigerait simplement de limiter la consommation à nos besoins réels (on consomme trois fois trop de viande par rapport aux recommandations pour une alimentation équilibrée ). Il ne s’agit donc en aucun cas d'en finir avec l'élevage paysan.

Auteur(s): FranceSoir


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L'industrie agroalimentaire ne veut pas rater le train du véganisme et commence donc à proposer de la protéine animale artificielle, tout d'abord en imitant la viande rouge, et maintenant avec du thon végétal.

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