L'ONU s'inquiète des "proportions gigantesques" de sable extrait des océans

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France-Soir, avec AFP
Publié le 05 septembre 2023 - 18:40
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TP Nature et Environnement
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F. Froger / Z9, pour FranceSoir
F. Froger / Z9, pour FranceSoir

DÉPÊCHE — La division scientifique du Programme des Nations-Unies pour l'Environnement (PNUE) estime à six milliards de tonnes la quantité de sable arraché du fond des océans chaque année. "Des proportions gigantesques" qui inquiètent les spécialistes, car elles pourraient avoir des conséquences dramatiques sur l'environnement et la biodiversité marine.

Comme le rapporte l'AFP, c'est la première fois que les Nations unies parviennent à faire une telle estimation, et ce grâce à l'intelligence artificielle et au système automatique d'identification des navires, qui permet de les localiser et d'analyser leurs déplacements et activités à travers le monde.

L'analyse du PNUE n'en est qu'à ses débuts ; seuls 50% des navires sont pour l'instant suivis. Mais déjà, l'ONU estime que sur les 50 milliards de tonnes de sable et de gravier que l'humanité utilise chaque année, entre quatre et huit milliards proviennent des mers et océans.

"Les écoles, les hôpitaux, les routes, les barrages hydroélectriques, les éoliennes, les panneaux solaires, le verre... En fait, toute notre société dépend du sable comme matériau de construction", a souligné le directeur du centre d'analyse des données pour le PNUE, Pascal Peduzzi. Selon lui, de nombreux pays en auront besoin pour se protéger de l'élévation du niveau de la mer dans les années à venir.

Mais les données montrent que cela "commence à prendre des proportions gigantesques", dangereuses. "Si nous utilisons énormément de sable, à un moment donné, cela dépasse les capacités du système à pourvoir ce sable", a-t-il dit.

Il expliquait que les navires extracteurs sont comme des "aspirateurs" qui "broient les fonds marins" et les "stérilisent", faisant disparaitre les micro-organismes océaniques et mettant en danger la biodiversité et les ressources halieutiques.

Au-delà des chiffres, l'ONU espère avoir des discussions avec les pays et les entreprises du secteur pour que ces dernières soient plus respectueuses de l'environnement en améliorant leurs pratiques d'extraction.

La mer du Nord, l'Asie du Sud-Est et la côte est des États-Unis figurent parmi les lieux où les activités de dragage marin sont les plus intenses.

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