Attentat de Magnanville: les noms de milliers d'agents du renseignement donnés à une radicalisée par une policière?

Enquête

Attentat de Magnanville: les noms de milliers d'agents du renseignement donnés à une radicalisée par une policière?

Publié le :

Mardi 10 Avril 2018 - 20:57

Mise à jour :

Mardi 10 Avril 2018 - 21:05
Les noms de 2.626 agents du renseignement ont été retrouvés en avril 2017 sur la clé USB d'une jeune femme radicalisée. Celle-ci l'aurait obtenue grâce à une policière des Yvelines interpellée lundi avec sa fille dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Magnanville.
© SYLVAIN THOMAS / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Ce sont les noms de pas moins de 2.626 agents la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) et de la Direction de la surveillance du territoire (DST) -agences qui ont depuis fusionné au sein de la DCRI- qui étaient entre les mains d'une jeune femme radicalisée, Mina B. Elle pourrait les avoir obtenus grâce à ses relations avec une policière, arrêtée lundi 9 avec sa fille dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Magnanville (Yvelines).

Cette découverte révélée par Le Point pourrait en effet être liée à l'assassinat du commandant adjoint Jean-Baptiste Salvaing et de sa compagne Jessica Schneider, agent administratif du commissaria des Mureaux, le 13 juin 2016. C'est dans le cadre de cette enquête que cette jeune radicalisée fichée S -actuellement en détention provisoire pour d'autres faits en lien avec la mouvance djihadiste- a été extraite de sa cellule pour être interrogée par la sous-direction antiterroriste.

Voir: Attentat de Magnanville - une policière et sa fille "radicalisée" parmi six nouvelles interpellations

Dès avril 2017, les enquêteurs ont en effet découvert, lors d'une perquisition, une clé USB appartenant à la jeune fille et contenant "les noms, matricules et affectations de l'ensemble des agents du corps des gradés et gardiens nommés lors de la Commission administrative paritaire nationale (CAPN) du 19 juin 2008", soit 2.626 agents du renseignement, révèle l'hebdomadaire. Une découverte plus qu'inquiétante alors que les forces de sécurité françaises sont depuis maintenant plus d'un an des cibles régulières des djihadistes.

Les noms de Jean-Baptiste Salvaing et de Jessica Schneider n'apparaîtraient pas sur cette liste. Mais un lien semble se dessiner entre deux des six personnes interpellées lundi dans l'enquête sur leur assassinat par Larossi Abballa.

Lire aussi: Combien d'attentats ont été commis par des fichés "S" étrangers?

La jeune radicalisée en question aurait en effet été une amie de la fille de la policière, au point de loger un temps chez elle. C'est par cette fonctionnaire que Mina B. aurait obtenu la liste en question. Dérobée ou donnée volontairement? La question demeure. Il est également possible que la mère ait cru avoir effacé la liste. Elle était d'ailleurs loin d'être la seule personne à la détenir, mais la coïncidence reste très troublante. Il faut en effet ajouter à cela que le frère de Mina B. est suspecté d'avoir été proche de Larossi Abballa.

Une jeune radicalisée était proche de la policière interpellée dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Magnanville.

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