Crise des réfugiés: Amnesty International fustige "l'égoïsme des pays riches"

Crise des réfugiés: Amnesty International fustige "l'égoïsme des pays riches"

Publié le :

Mercredi 05 Octobre 2016 - 09:49

Mise à jour :

Mercredi 05 Octobre 2016 - 09:57
©Guillemette Villemin/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Amnesty International a produit un rapport sur la crise des réfugiés battant en brèche les idées reçues sur leur répartition à travers le monde. Ainsi, plus de 85% des réfugiés sont accueillis dans des pays en voie de développement.

C'est un rapport au vitriol qu'a publié mardi 4 Amnesty International au sujet de la crise des réfugiés, portant un rude coup aux idées reçues sur l'accueil des personnes fuyant un conflit ou la pauvreté.  Les chiffres sont spectaculaires: 86% des réfugiés dans le monde sont accueillis dans des pays en voie de développement et dix pays, représentant moins de 2,5% du PIB mondial, accueillent à eux seuls 56% des réfugiés de la planète, souligne l'ONG.

"Seulement 10 pays sur les 193 que compte la planète accueillent à eux seuls plus de la moitié des réfugiés. Ces quelques pays sont obligés d'assumer une responsabilité beaucoup trop lourde simplement parce qu'ils sont voisins d'un pays en crise. Cette situation est par nature intenable, et expose les millions de personnes qui fuient la guerre et les persécutions dans des pays comme la Syrie, le Soudan du Sud, l'Afghanistan et l'Irak à une misère et des souffrances intolérables", a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International.

La Jordanie est ainsi le premier pays d’accueil, avec plus de 2,7 millions de personnes fuyant leur pays à cause de guerres ou de persécutions. Viennent ensuite la Turquie (plus de 2,5 millions de personnes), le Pakistan (1,6 million) et le Liban (1,5 million), souligne donc le rapport établi sur la base de chiffres du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies notamment. Dans ces quatre cas, il s’agit de "pays voisins de zones de conflit" qui "sont contraints d’accueillir la grande majorité des réfugiés", représentant "une responsabilité beaucoup trop lourde pour eux".

L'exemple des réfugiés syriens est particulièrement parlant pour illustrer l'absence totale de volonté politique d'accueil des pays développés. "Le Royaume-Uni a accepté de recevoir moins de 8.000 Syriens depuis 2011, tandis que la Jordanie – qui compte presque 10 fois moins d’habitants et dont le PIB représente 1,2% de celui du Royaume-Uni – en accueille plus de 655.000", explique l'ONG. La France, pour sa part, s'est engagé à accueillir 12.000 Syriens.

L'ONG propose "la mise en place d'un nouveau mécanisme de réinstallation des réfugiés vulnérables et d'un nouveau mécanisme de transfert pour les situations critiques comme le conflit syrien, afin que les pays voisins ne soient plus submergés par un afflux important de personnes fuyant pour sauver leur vie".

En Union européenne, les demandes d'asile ont doublé en 2015, passant de 563.000 à 1,6 millions en 2015. Une situation qui a généré l'actuelle crise européenne des migrants, mais aussi des approximations sur le nombre total de réfugiés réellement sur place. Pour Amnesty, "les pays riches font ainsi preuve d'une totale absence de volonté politique et de responsabilité". Concluant ce rapport d'un lapidaire: "l’égoïsme des pays riches aggrave la crise des réfugiés".

 

Amnesty International a produit un rapport sur la crise des réfugiés battant en brèche les idées reçues sur leur répartition.


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