Fusillade dans le Thalys: Jean-Hugues Anglade témoigne

"Silence radio" du personnel

Fusillade dans le Thalys: Jean-Hugues Anglade témoigne

Publié le :

Samedi 22 Août 2015 - 15:04

Mise à jour :

Samedi 22 Août 2015 - 15:21
L'acteur Jean-Hugues Anglade faisait partie des centaines de passagers du Thalys où a eu lieu la fusillade vendredi 21. Il témoigne ce samedi dans "Paris Match". Un récit qui met notamment en cause la réaction du personnel du train.
©Yves Herman/Reuters
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Le comédien Jean-Hugues Anglade, connu notamment pour son rôle dans 37°2 le matin (Jean-Jacques Beineix, 1985) ou plus récemment dans la série de Canal+ Braquo, était présent à bord du Thalys lorsque la fusillade a éclaté, vendredi 21. Légèrement blessé à la main lorsqu'il a tiré le signal d'alarme, il raconte ces durs moments à Paris Match ce samedi.

L'acteur, sa compagne et ses deux enfants se trouvaient dans la voiture 11, alors que le tireur a été maîtrisé dans la voiture 12. Il donne notamment des éléments peu flatteurs quant à la réaction du personnel du Thalys: " Tout à coup, des membres du personnel naviguant ont couru dans le couloir, le dos courbé. Leurs visages étaient blêmes. Ils se dirigeaient vers la motrice, leur wagon de travail. Ils l'ont ouvert avec une clef spéciale, puis se sont enfermés à l'intérieur... " .

Lorsque les passagers ont pris conscience de la situation, le comédien et sa famille ont tenté d'entrer dans la motrice: "Nous tapions (sur la porte), nous criions pour que le personnel nous laisse entrer, nous hurlions +ouvrez!+. On voulait qu'ils réagissent! En vain... Personne (ne) nous a répondu. Silence radio. Cet abandon, cette détresse, cette solitude, c'était terrible et insupportable!"

Ce comportement du personnel du Thalys a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, notamment de plusieurs parlementaires comme le député (LR) des Alpes-Maritimes Lionnel Luca, ou le sénateur (LR) des Hauts-de-Seine Roger Karouchi .

Jean-Hugues Anglade relate également les sentiments qu'il a éprouvés face à un extrême danger pour lui, sa famille et tous les passagers: "j'ai pensé que c'était la fin, que nous allions mourir, qu'il allait tous nous tuer. Oui, on s'est vu mourir car nous étions prisonniers de ce train, et qu'il était impossible de s'échapper de ce cauchemar. Nous étions piégés dans une souricière!"

Mais il évoque aussi l'incroyable soulagement lorsque l'un des hommes qui a maîtrisé le tireur leur a annoncé que le danger était passé: "C'est un miracle. Nous avons eu une chance incroyable d'avoir ces soldats américains. Je veux rendre hommage à leur courage héroïque, et les remercier, sans eux, nous serions tous morts".

La direction de Thalys a réagi à ces propos. Selon la directrice Nathalie Ogier, un des agents s'est réfugié avec plusieurs clients dans un fourgon à bagages, a tiré le signal d'alarme, puis à été prévenir la rame de tête et le conducteur.

 

"J'ai pensé que c'était la fin", témoigne Jean-Hugues Anglade.

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