"Grand remplacement" et "génocide blanc": le manifeste de Brenton Tarrant, le tireur de Christchurch

"Grand remplacement" et "génocide blanc": le manifeste de Brenton Tarrant, le tireur de Christchurch

Publié le :

Vendredi 15 Mars 2019 - 15:46

Mise à jour :

Vendredi 15 Mars 2019 - 16:09
©Giusepe Cacace/AFP
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La rédaction de France-Soir

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Brendon Tarrant, présenté comme l'homme qui a abattu 49 personnes dans deux mosquées de Christchurch (Nouvelle-Zélande) ce vendredi 15, a produit un manifeste de 74 pages intitulé "Le Grand Remplacement". Les concepts et la symbolique utilisés dans ce texte orientent clairement vers la piste de l'extrême droite racialiste.

Il a tenu à signer son geste dans un manifeste de 74 pages qui, s'il contient des éléments décousus en apparence (poèmes, auto-interview), donne déjà des éléments précieux sur l'idéologie de Brenton Tarrant, l'homme qui a abattu 49 personnes dans deux mosquées de Christchurch (Nouvelle-Zélande) ce vendredi.

La couverture en elle-même signe déjà le geste: le titre –Le Grand Remplacement– et l'illustration circulaire avec en son centre, un soleil noir. Comme le rappelle l'historien Nicolas Lebourg dans Mediapart, le soleil noir est le symbole "du néonazisme mondialisé (…) Le symbole s’est fixé dans l’imaginaire et l’usage international radical après 1991, devenu si courant qu’il était parmi les tatouages arborés par l’un des accusés du meurtre du militant antifasciste Clément Méric".

Le texte, tout au long de ses pages, reprend une partie des termes habituels de l'extrême droite racialiste comme celle du "génocide blanc", la crainte du "futur pour les enfants" et l'appel à la "résistance". Des concepts qui renvoient notamment au penseur néonazi américain David Lane qui avait publié un Manifeste du génocide blanc

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Toujours dans le document qu'il a laissé avant de commettre son massacre, lors de son auto-interview (répondant à des questions qu'il se pose lui-même), Brenton Tarrant se définit comme un "Européen", lui qui est de nationalité australienne. Là aussi le terme n'est pas anodin, renvoyant à la représentation dans ce courant de pensée de "l'Europe" comme étant le continent des "Blancs", menacé par une submersion extérieure. La dimension nationale ne compte guère chez cet homme qui ne se définit pas comme un Australien et ne considère pas ses victimes comme appartenant à une nation précise, encore moins comme pouvant être des compatriotes. Lors de son séjour en France en 2017, il a par exemple exprimé son dégoût face à la présence, massive à ses yeux, de "non-blancs".

Ce procédé consistant à laisser derrière soi un manifeste long, minutieusement préparé, mélangeant revendication politique, concept racialiste et symbolique néonazi n'est d'ailleurs pas sans rappeler un cas similaire: celui d'Anders Breivik qui, avant de massacrer 77 personnes le 22 juillet à Oslo et sur l'île d'Utoya, a envoyé par email à une liste de contact un texte de 1.500 pages résumant sa pensée politique et les motivations de son geste.

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Christchurch: la France aussi menacée par le terrorisme d'extrême droite

Le tueur de Christchurch présente des points communs avec Anders Breivik (photo).


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