Maltraitance infantile en France: deux enfants tués par jour de violences infligées par des adultes

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 01 mars 2017 - 17:53
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Nicolas est face à un gros dilemme.
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Chaque année, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dénombre en moyenne 19 meurtres de bébés de moins d'un an.
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Laurence Rossignol, ministre de l'Enfance et des Familles, lance ce mercredi un plan intergouvernemental de lutte contre les violences faites aux enfants. S'engage une bataille des chiffres autour de la maltraitance infantile.

Dans la nuit du 5 au 6 février, le petit Yannis, 5 ans, est décédé, vraisemblablement des suites d’une punition imposée par son beau-père parce qu'il avait fait pipi au lit. Le 9 février, une mère de famille a été placée en garde à vue, soupçonnée d’avoir frappé ses enfants à coups de câble électrique. Le 21 février, Kenzo, 21 mois a été battu à mort par ses parents à Lunel. A Clermont-Ferrand, le 23 février un enfant de quatre a succombé aux coups du compagnon de sa mère.

Cette terrible liste aurait pu être plus longue tant les affaires de violences infantiles sont nombreuses. Toutefois, la maltraitance des enfants est un phénomène mal connu en France. Chaque année, le 119 signale 47.000 enfants mais les statistiques officielles manquent.

Selon une étude menée en 2009, et publiée dans la célèbre revue britannique The Lancet, par Anne Tursz, épidémiologiste à l'Inserm et spécialiste de la maltraitance des enfants, deux enfants succombent chaque jour à des mauvais traitements infligés par des adultes, et particulièrement leurs parents.

Chaque année, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dénombre en moyenne 19 meurtres de bébés de moins d'un an. Et de leur côté les hôpitaux recensent environ 255 morts suspectes, soit près de quinze fois plus. Faute de statistiques et d'examens approfondis, les violences à l'encontre des enfants sont sous-évaluées et les décès inexpliqués de nourrissons peuvent cacher des infanticides non détectés, souvent commis dans le cadre familial. Le gouvernement propose donc notamment d'aider à systématiser les autopsies.

Le premier plan de lutte contre les violences faites aux enfants comptera une vingtaine de mesures dans le but de quantifier un phénomène "peu visible" et d'améliorer sa prise en charge, a indiqué mardi 28 février la ministre des Familles, Laurence Rossignol. Ce plan d'une vingtaine de mesures qui sera lancé mercredi, à deux mois de la fin du quinquennat, est conçu sur trois ans (2017-2019) et s'est fixé quatre objectifs: quantifier et comprendre les violences, sensibiliser et prévenir, former les professionnels et accompagner les victimes.

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