Covid-19 : l’immunité croisée est-elle fonction du média que vous lisez ?

Covid-19 : l’immunité croisée est-elle fonction du média que vous lisez ?

Publié le 30/07/2020 à 17:46 - Mise à jour à 19:08
Pixabay
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Auteur(s): FranceSoir

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L’immunité pour la Covid-19, un sujet qui a animé les débats d’experts depuis plusieurs mois. Trois médias publient ce jour des versions s’opposant, ce qui ne manquera pas une confusion supplémentaire chez les Français.

Si vous êtes un lecteur de l’Express, « l’immunité croisée pourrait expliquer les différences de taux d’infection dans le monde selon une étude ». 

Alors qu’un blog du Monde relaie une étude publiée dans le journal Nature expliquant que « la moitié de la population posséderait une immunité au Covid-19 pré existante ». Pour sa part, le lecteur du Figaro Sciences repartira avec le sentiment « qu’il n’y a pas d’immunité croisée pour la Covid 19 ».

Qu’est-ce que l’immunité croisée ?

« L’immunité croisée décrit une immunité acquise contre un agent infectieux qui protège contre un autre agent (virus ou bactérie). L’immunité croisée est liée au phénomène de réaction croisée. En général, un anticorps est spécifique d’un antigène ; mais parfois des anticorps se lient à des antigènes proches (ils sont dits cross-réactifs), parce que ces antigènes possèdent des épitopes communs où sont de structure similaire » d’après un article de Futura Sciences

De l’article de Nature (*) on peut conclure que l’immunité croisée est également liée à la mémoire cellulaire des lymphocytes T. Ceci est une bonne nouvelle car, l’hypothèse de l’immunité contre la Covid-19 reposait principalement sur la production d’anticorps. L’étude s’est intéressée à la reconnaissance de la protéine NP du virus Covid-19 (SARS-Cov2) par les lymphocytes T. Cette réponse cellulaire a été retrouvée chez 36 patients convalescents de la Covid-19, mais également chez 23 patients ayant été infectés par le SARS-Cov1 de 2003, ce qui impliquerait une mémoire cellulaire des lymphocytes T à long terme. Pour le lecteur non averti, cela veut dire qu’il y aurait une immunité croisée 17 ans après.

De façon très surprenante, cette réponse cellulaire spécifique à la Covid-19 a été également détectée chez 37 individus n’ayant eu aucun antécédent de contamination ou de contact ni avec le SARS-Cov1 ni avec le SARS-Cov2.

 

Est-ce que cette assertion pourrait avoir des impacts sur les conclusions de certaines études ?

L’immunité croisée, si elle est avérée, pourrait expliquer beaucoup de choses dans la pandémie de Coronavirus que nous vivons, y compris dans le résultat de certaines études car, lors de l’inclusion et de la randomisation des patients, ces derniers ne seraient pas tous égaux devant la maladie et donc ne présenteraient pas la même réaction face au virus. Une explication possible de l’échec relatif des diverses thérapies testées puisque l’on aurait randomisé des patients alors qu’ils n’en présentaient pas la nécessité et qu’ils n’avaient probablement pas la même capacité immunitaire cellulaire. Ce phénomène aura surement été accentué en fonction du stade de la maladie que présentait le patient au moment de son inclusion dans l’essai, sans oublier ses pathologies préexistantes (comorbidités).

Des mutations du virus pourraient également expliquer les différences de virulence et de contagiosité observées, à ce jour, de par le monde. Ceci suggèrerait qu’il y a plusieurs souches du virus qui circulent actuellement. Le propre d’un virus étant de muter, cela peut aller vers pire (plus virulent et contagieux) ou, tout au contraire, moindre.

En tout état de cause, maintenir un bon état de santé général et une bonne hygiène de vie permettent à notre organisme une meilleure capacité de réponse immunitaire naturelle, quel que soit l’agent pathogène rencontré.

 

(*) Article de Nature en anglais
 

Auteur(s): FranceSoir


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