La vitamine D sera-t-elle classée comme perturbateur endocrinien ?

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FranceSoir
Publié le 28 janvier 2022 - 11:13
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Vitamine D
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« La vitamine D est considérée par le corps médical comme d'utilité publique ».
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Le gouvernement a-t-il pour projet de classer la vitamine D dans la liste des perturbateurs endocriniens ? C’est ce que laisse entendre un projet d’arrêté incluant le cholécalciférol, une forme de vitamine D, dans la liste des substances possiblement dangereuses pour la santé. Alors que la vitamine D est recommandée depuis des décennies, notamment pour compenser l'absence d'exposition au soleil, certains élus et médecins sonnent l'alerte quant à sa potentielle interdiction.

Une possible classification comme perturbateur endocrinien

Indispensable pour la bonne santé des os et des dents, la vitamine D joue un rôle essentiel dans l’absorption intestinale du calcium et sa fixation au niveau des os. Elle participe aussi au bon fonctionnement du système immunitaire et a un effet protecteur sur le système nerveux.

Pourtant, cette vitamine D, et plus spécifiquement le cholécalciférol, pourrait bientôt être incluse parmi les substances présentant des propriétés de perturbation endocrinienne. C’est en tout cas ce que prévoit un projet d’arrêté, qui n’a pas encore été adopté, comme le souligne la sénatrice des Alpes-Maritimes (LR) Dominique Estrosi-Sassone.

Pas de danger dans le cadre d’un usage alimentaire humain

Dans une question posée le 13 janvier au ministre des Solidarités et de la Santé, l’élue s’inquiète du classement du cholécalciférol comme perturbateur endocrinien. Rappelant que « la vitamine D est considérée par le corps médical comme d'utilité publique », Dominique Estrosi-Sassone s’inquiète des conséquences que pourrait avoir une telle classification, notamment sur l’emploi dans sa région. Dans son intervention, elle souligne ainsi que « la France abrite près de 350 entreprises spécialisées dans les compléments alimentaires dont 95 % de petites et moyennes entreprises (PME) qui représentent 16 000 emplois notamment dans les Alpes-Maritimes ».

« Si les entreprises qui produisent des compléments alimentaires ne remettent pas en cause la législation dans un souci de transparence de l’information, elles s’étonnent du projet d’arrêté fixant la liste des substances », poursuit l’élue. Dominique Estrosi-Sassone estime par ailleurs que « l’explication de la mention du cholécalciférol dans la liste prévue par l’arrêté semble découler de son utilisation dans l’industrie chimique ». En effet, utilisé dans des quantités très élevées, le cholécalciférol entre dans la fabrication de la mort-aux-rats.

Or, lorsqu’elle est utilisée « dans le cadre des usages alimentaires humains, aucun risque sanitaire n'est à signaler, l'agence nationale de sécurité sanitaire et alimentaire n'a d'ailleurs pas jugé pertinent de réévaluer la sécurité de la vitamine D », poursuit la sénatrice. Par ailleurs, « l'académie de médecine recommande même de supplémenter plus largement la population avec cette vitamine en raison de ses effets bénéfiques pour le maintien de l'homéostasie du calcium et du phosphore et à la minéralisation des tissus minéralisés. »

Prenant à partie Olivier Véran, elle demande « si le Gouvernement entend retirer le cholécalciférol du projet d'arrêté alors même que la législation européenne permet (son) usage selon des doses précises calculées en fonction de l'âge et des éventuels traitements thérapeutiques prescrits ».

Selon le directeur de recherche au CNRS et docteur en biologie cellulaire et microbiologie Jean-Marc Sabatier, que nous avons interrogé sur le sujet, ce projet de loi qui inclut la vitamine D (cholécalciférol) dans la liste des perturbateurs endocriniens est "surprenant" : 

"Selon l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) les perturbateurs endocriniens sont des substances capables d'interférer avec notre système hormonal, entraînant des effets délétères. Par conséquent, il est exact que la vitamine D (via ses dérivés calcidiol et calcitriol) agit sur le système hormonal, et cela fait partie de son mode d'action ! Mais de quels effets délétères s'agit-il ? Les études scientifiques sont claires : « Le rapport bénéfices/risques d'une supplémentation en vitamine D (recommandée depuis des décennies pour toutes les personnes indépendamment de leur âge) serait-il soudainement devenu défavorable ? La réponse, basée sur les études scientifiques, est clairement non. La vitamine D, dont les effets bénéfiques sont innombrables en santé humaine (minéralisation osseuse, fonctionnement du système immunitaire, etc.), n'a pas sa place dans une liste de composés potentiellement "néfastes" entraînant un dérèglement hormonal et des effets délétères associés." a t-il déclaré. 

Voir aussi : Immunité, vaccins, effets indésirables, traitements : l'analyse de Jean-Marc Sabatier

Notons aussi que la supplémentation en vitamine D est systématiquement recommandée par les médecins qui défendent les traitements précoces contre le Covid-19, comme le Pr Perronne. Le Collectif citoyen soutient même l'hypothèse qu'une prophylaxie centrée sur le zinc et la vitamine D pourrait être plus efficace que les vaccins actuels.

Voir aussi : Prophylaxie du Covid-19 : la vitamine D et le zinc plus efficaces que les "vaccins" ?

Une rencontre prévue en février avec les syndicats professionnels

Citée par CheckNews de Libération, la Direction générale de la santé dit avoir été alertée par la question de Mme Estrosi. Elle rappelle qu’il faut désormais attendre la publication de l’arrêté définitif pour savoir si les fabricants de compléments alimentaires contenant de la vitamine D seront concernés par ses obligations. Toutefois, aucune « date précise » n’a été donnée sur sa future publication. « Le projet a été notifié à la Commission européenne : les retours de la Commission et des États membres sur ce projet sont attendus pour la fin du mois d’avril. Des échanges sont par ailleurs programmés en février avec les syndicats professionnels pour évoquer la prise en compte des effets bénéfiques de la vitamine D dans ce contexte », poursuit la Direction générale de la santé.

Entre-temps, une pétition a été mise en ligne sur Les Lignes Bougent pour s'opposer à cette nouvelle classification.

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