Mineurs et porno sur Internet: un appel pour une vraie protection

Mineurs et porno sur Internet: un appel pour une vraie protection

Publié le :

Vendredi 15 Juin 2018 - 19:25

Mise à jour :

Vendredi 15 Juin 2018 - 19:29
Accéder à de la pornographie est devenu très facile pour un mineur grâce à Internet. Or, une exposition prématurée et régulière présente de véritables risques contre lesquels mettent en garde ce vendredi plusieurs professionnels de santé. Ils en appellent à la mise en place d'un système permettant une application effective de la loi.
© THOMAS COEX / AFP/Archives
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La rédaction de France-Soir

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Les mineurs sont trop exposés aux images pornographique, notamment parce que la loi n'est pas assez efficacement appliquée. Les différentes enquêtes montrent en effet que de nombreux adolescents regardent régulièrement du porno.

Face à cette situation, plusieurs professionnels de santé ont interpellé "solennellement" les pouvoirs publics ce vendredi. Outre une application stricte de la loi, ils demandent une meilleure prévention à destination des enfants mais aussi des parents.

Selon une enquête Ipsos remise début juin au Parlement, chez les 14-17 ans, 18% des garçons regardent au moins une fois par semaine du porno, contre 12% des filles. "La confrontation à de telles images, alors même que la sexualité psychique se développe, peut provoquer des crises d’anxiété, des troubles du sommeil, nourrir un sentiment douloureux de culpabilité et conduire à une représentation faussée ou déviante des rapports sexuels et amoureux", note l'étude.

Voir: Jeunes - trop de tabac, d'alcool, de porno et jeux vidéo

Car si l'exposition des mineurs à la pornographie est bien sûr interdite par la loi, sur Internet, cela se résume bien souvent à cliquer sur la case "j'ai 18 ans". Et dans certains cas cela n'est même pas nécessaire. D'ailleurs, un 15-17 ans sur deux disait dans une précédente enquête Ifop de 2017 être déjà tombé sur de telles images par accident.

Une situation qui implique un véritable problème d'addiction au même titre que l'alcool ou la drogue mais aussi des comportements déviants. Selon Le psychiatre Serge Hefez, cité par Le Monde: "le schéma est le même que dans les autres addictions. L’excitation monte, retombe, remonte, etc. Cela ne relève plus du désir mais du besoin". "Nous voyons beaucoup d’adolescentes (...) à qui leurs petits amis font faire des choses avec lesquelles elles ne sont pas d’accord. Des façons de faire l’amour, avec des objets, à plusieurs, en pratiquant la sodomie. Ce sont des pratiques banalisées par la pornographie", ajoute la gynécologue Ghada Hatem.

Une situation qui ne concernerait heureusement pas la majorité des mineurs mais demeure préoccupante alors que les enfants accèdent de plus en plus jeunes au monde numérique. Cet appel demande donc des mesures permettant de mieux verrouiller l'accès à la pornographie, notamment en exigeant un code de carte bancaire ou une autre preuve de majorité.

Le renforcement d'une éducation sexuelle, incluant une mise en garde contre les dangers liés à la consommation de pornographie, est également demandé par ces professionnels de santé.

Le cadre familial ne doit pas non plus être oublié. Seul 7% des parents pensent que leurs enfants (entre 14 et 24 ans) regarde du porno au moins une fois par semaine alors que 21% d'entre eux reconnaissent le faire.

Environ un mineur de plus de 15 ans sur six regarde du porno chaque semaine.


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