Secret de la confession: la protection des enfants érigée en priorité absolue

Secret de la confession: la protection des enfants érigée en priorité absolue

Publié le 12/10/2021 à 00:14 - Mise à jour à 20:16
© THOMAS COEX / POOL/AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par Arthur CONNAN - Paris (AFP)

Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Press). Plus de détails sur les différentes typologies d'articles publiés sur FranceSoir, en savoir plus

-A +A

La République et l'Eglise catholique affichent leur réconciliation. Gérald Darmanin a exhorté mardi les prêtres ayant connaissance de faits de pédocriminalité à "porter" ces faits "à la justice" après un entretien avec le président de la Conférence des évêques de France (CEF) qui a assuré la "détermination de tous les évêques" à "faire de la protection des enfants une priorité absolue".

"La République française respecte tous les cultes (...) respecte toutes les confessions, à partir du moment où elles respectent la République et les lois de la République", a assuré le ministre de l'Intérieur, chargé des relations avec les cultes, devant l'Assemblée nationale, après avoir reçu Mgr de Moulins-Beaufort, à la demande d'Emmanuel Macron.

Au centre de l'entrevue, la formule du président de la CEF assurant que le secret de la confession est "plus fort que les lois de la République", au lendemain de la publication, le 5 octobre, du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (Ciase), estimant à 216.000 le nombre de victimes de pédocriminalité dans l'église de 1950 à 2020.

Revenant sur les propos du prélat, le ministre a affirmé lui avoir "redit comme (il) le dit à chacun des cultes qu’il n’y a ()en effet aucune loi qui est supérieure aux lois de l'Assemblée nationale et du Sénat et qu'il n'y a aucune loi au-dessus de celle de la République".

Gérald Darmanin a rappelé que le secret de la confession était "depuis quasiment 200 ans" dans le droit connu comme un secret professionnel.

"Il souffre cependant d'exceptions en ce qui concerne notamment les crimes commis pour des enfants de moins de 15 ans et qu'il est évident qu'il ne peut y avoir aucune sanction contre tout religieux ou toute personne qui a connaissance de faits d'abus sexuels contre des enfants et que ceux-ci doivent le porter pour la protection des enfants à la justice de notre pays", a-t-il ajouté.

Eric de Moulins-Beaufort a, de son côté concédé une "formulation maladroite". Et a demandé "pardon aux personnes victimes et à tous ceux qui ont pu être peinés ou choqués par le fait que le débat suscité (...) ait pris le pas sur l'accueil du contenu du rapport et la prise en considération des personnes victimes", dans une déclaration.

- "Détermination" -

Plusieurs associations de victimes ont exprimé leur lassitude voire leur indignation face aux propos de l'épiscopat, estimant qu'il s'agissait d'une polémique qui détournait du sujet principal.

L'archevêque de Reims "a tenu à redire la détermination de tous les évêques et, avec eux, de tous les catholiques, à faire de la protection des enfants une priorité absolue, en étroite collaboration avec les autorités françaises", précise un communiqué de la CEF.

"L’ampleur des violences et agressions sexuelles sur mineurs révélées par le rapport de la Ciase impose à l’Eglise de relire ses pratiques à la lumière de cette réalité. Un travail est donc nécessaire pour concilier la nature de la confession et la nécessité de protéger les enfants", ajoute le prélat.

Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, a rappelé vendredi le cadre juridique dans une note envoyée aux procureurs. Il les y invite à "procéder systématiquement à l’ouverture d’une enquête préliminaire, y compris pour les faits susceptibles d’être prescrits", comme le prévoit la loi contre les violences sexuelles sur les mineurs d'avril 2021.

Dans son rapport, la Ciase, présidée par Jean-Marc Sauvé, préconise que les autorités de l'Eglise relaient un message clair sur l'obligation faite au confesseur de signaler aux autorités judiciaires et administratives les cas de violences sexuelles sur un mineur ou une personne vulnérable.

Une levée du secret de la confession que M. Sauvé a une nouvelle fois justifiée lundi dans un entretien à Famille chrétienne: "L’obligation de protéger la vie des personnes est, de notre point de vue, supérieure à l’obligation du secret de la confession qui vise en particulier à protéger la réputation du pénitent", a-t-il réaffirmé.

M. Sauvé a toutefois souhaité que "l’arbre du secret de la confession ne cache pas la forêt de l’ensemble des recommandations" (45 au total) de sa commission.

Dans un texte transmis à l'AFP, trois personnalités, dont le cofondateur de l'association de victimes La parole libérée (aujourd'hui dissoute) François Devaux, ont réclamé lundi "la démission collective de l'ensemble des évêques en exercice", "comme un signe d'espoir et de renouveau".

Auteur(s): Par Arthur CONNAN - Paris (AFP)

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




L'évêque catholique Eric de Moulins-Beaufort (C), président de la Conférence des évêques de France (CEF), s'adresse à la presse lors de la publication du rapport d'une commission i

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-