Mort à 103 ans du doyen de l'Académie française René de Obaldia

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Par Hugues HONORÉ - Paris (AFP)
Publié le 27 janvier 2022 - 17:28
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L'écrivain et académicien René de Obaldia, le 27 août 2006 à Chanceaux-près-Loches
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© ALAIN JOCARD / AFP/Archives
L'écrivain et académicien René de Obaldia, le 27 août 2006 à Chanceaux-près-Loches
© ALAIN JOCARD / AFP/Archives

L'écrivain, poète et dramaturge René de Obaldia est mort jeudi à l'âge de 103 ans, a annoncé l'Académie française dont il était le doyen, membre depuis 1999.

Né en 1918 à Hong Kong, il était poète et dramaturge, et avait publié peu avant d'atteindre ses 100 ans "Perles de vie" (éditions Grasset), où il relevait le proverbe: "Pour devenir centenaire, il faut commencer jeune".

"Le Secrétaire perpétuel et les membres de l'Académie française ont la tristesse de faire part de la disparition de leur confrère, M. René de Obaldia, décédé le 27 janvier à Paris", a écrit l'institution sur son site internet.

Les circonstances du décès ne sont pas connues.

"Notre merveilleux centenaire toujours alerte vient de nous quitter. C'est une immense perte pour l'Académie et une peine infinie pour moi", a déclaré à l'AFP la secrétaire perpétuelle Hélène Carrère d'Encausse.

L'écrivain Philippe Labro a salué sur Twitter "la finesse, la culture, la sagesse, le sens aigu de la relativité, la poésie, les maximes et aphorismes, le goût de la conversation, le charme indéfinissable de celui qui a aimé, a vécu, a compris".

Fils d'une Française et d'un Panaméen, diplomate dans la cité chinoise sous contrôle britannique, il n'a pas connu son père, que sa mère a rapidement quitté après sa naissance pour rentrer en France.

Il a grandi à Amiens, dans la région de sa mère, puis à Paris, où il a très tôt démontré ses aptitudes littéraires.

Prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient ensuite un écrivain touche-à-tout, d'un humour mordant, cultivant le détachement.

Lors de son discours de réception à l'Académie en 2000, il s'avouait "souvent en porte-à-faux avec la réalité; une réalité pour laquelle, je vous l'avoue, je nourris une forte suspicion".

- "Ce côté dérisoire" -

"J'ai toujours eu en moi ce côté dérisoire, qui m'a permis de mettre certaines choses à distance", déclarait René de Obaldia à L'Express en 2009.

En 1959 par exemple, il publie "Le Centenaire", long monologue romanesque d'un vieillard (même pas centenaire) qui ressasse une multitude de souvenirs.

Il fut l'un des grands dramaturges des années 1960 et 1970. Son œuvre lui a valu une renommée mondiale, avec des pièces comme "Du vent dans les branches de sassafras", "Monsieur Klebs et Rozalie" ou "La Rue Obaldia".

Politiquement, il s'engagea en 1978 contre le bloc communiste lors de la création du Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés, aux côtés d'autres écrivains, d'artistes et d'intellectuels, derrière le philosophe Raymond Aron. Mais il restait discret sur ses opinions.

Dans son introduction à "Perles de vie", il se félicitait d'une "existence riche en métamorphoses: poèmes, romans, théâtre, mémoires".

Il avait alors fait une apparition télévisée à l'émission La Grande Librairie, toujours l'esprit vif. Avec le grand âge, plaisantait-il, "on peut faire des conneries, et on nous excuse tout parce qu'on dit: il est complètement gâteux".

La mort de René de Obaldia laisse vacants six des 40 sièges à l'Académie française. L'un d'eux doit être pourvu lors d'une élection prévue le 17 février.

L'Académie, qui a élu en son sein en novembre Mario Vargas Llosa, 85 ans, alors que cet écrivain péruviano-espagnol avait dépassé de dix ans l'âge limite, éprouve des difficultés notoires à attribuer ces sièges, faute de candidatures de valeur.

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