"Y a-t-il une erreur qu'ILS n'ont pas commise ?" Retour sur le livre du Pr Perronne

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"Y a-t-il une erreur qu'ILS n'ont pas commise ?" Retour sur le livre du Pr Perronne

Publié le 22/12/2020 à 16:53
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Auteur(s): Coccyxgrue pour FranceSoir
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Y a-t-il une erreur qu'ILS n'ont pas commise ?, retour sur le pavé dans la mare du Professeur Christian Perronne. Albin Michel, sorti le 17 juin 2020, 210 p., 16,9 €.

Une idée de cadeau de Noël bon marché pour votre tante Ursule qui ne sait plus qui croire entre « rassuristes » et « terroristes ».

Sur le modèle de la négritude, courant littéraire basé sur l'appropriation du stigmate de l'insulte nègre, émerge un nouveau courant d'opinion livresque sinon littéraire, que nous pourrions nommer rassuritude, rassemblant des auteurs du monde médical ou paramédical que la bienpensosphère et les commissaires politiques du Macronistan brocardent sous l'insulte de « rassuristes ». Ces parias de la rassuritude s'approprient le crachat et le retournent en fierté de ne pas faire partie du camp adverse, celui des terroristes. Évoquons aujourd'hui un de ces nouveaux auteurs de la rassuritude, bouc-émissaire du camp de la terroritude.

Le Pr Christian Perronne (né en 1955) a publié en juin ce pamphlet raoultiste & couillu, œuvre d'un médecin qui a eu les mains dans le cambouis du Covid-19 pendant que d'autres couraient les plateaux-télé et les conventions Gilead. Me Thomas Benages, son avocat, déclarait d'ailleurs le 20 décembre, que l’AP-HP s'appuyait sur « les propos tenus par le Professeur Perronne dans le cadre de son ouvrage » pour le démettre de sa chefferie, ce qui constitue une drôle d'idée de la liberté d'expression. En effet, en la matière, le délai de prescription pour la diffamation dans une publication est de trois mois. Ce crime reproché à Perronne de nous réinformer quand tous les prétendus « décodeurs » ou « fact checkers » nous enfument de leurs falsivérifications lui aura donc valu un tabassage en règle de tout ce que la racaille des plumitifs à la botte du pouvoir et la racaille des médicastres à la botte des labos compte d'insulteurs. Voyez ce « jeune médecin » qui s'est comporté comme un voyou agressant un vieillard et qui chouine parce que le vieillard s'est avéré un champion de karaté encore en forme. On pense aussi à cet énarque à la tête de l'AP-HP qui ne s'est jamais excusé d'avoir diffamé le Pr Raoult, lequel lui a mis un crochet du droit, un du gauche et un uppercut, mais qui cherche encore à se faire « fesser les joues » comme dirait Cyrano, en s'attaquant à Perronne.

 

La presse d'État et ses commissaires politiques se jettent comme des hyènes sur le dos de Christian Perronne, applaudissant ce Hirsch, sans rappeler le nombre de casseroles qu'il trimbale après lui.

 

Perronne avait cosigné avec Douste-Blazy la pétition du 3 avril : « Traitement Covid-19 : ne perdons plus de temps ! » signée par 582 000 personnes, dont le gouvernement s'était torché.

 

Ce livre est « rédigé en collaboration avec Ambre Bartok », et cette transparence, alors que de nombreux prétendus auteurs qui pérorent à la télévision font écrire leurs livres par des nègres, est encore un signe que nous avons affaire à un homme intègre, et que la rassuritude vaut bien la négritude ! Au pied du sapin, ce brûlot garde toute sa valeur, pour la modique somme de 16,9 €, en complément de Chloro King, la BD de Dadou.

Le livre commence par une sorte de journal thématique sur les erreurs du gouvernement, puis un retour sur les évolutions néfastes dans la gestion des hôpitaux et des épidémies. Perronne n'y glose pas en professeur de médecine, mais il fait café du commerce, il dit ce qu'il a sur la patate, et ça fait du bien qu'un professeur de médecine autre que Raoult ouvre sa gueule, parce qu'à force d'entendre les plumitifs stipendiés des médias d'État, beaucoup de gens qui suivent cette affaire de loin se sont laissés abuser et prennent Raoult pour un hâbleur marseillais, alors que le raoultisme a fait tache d'huile dans le monde médical.

 

La Lance à incendie est-elle homologuée ? 

Raoultiste dans la moelle, Christian Perronne utilise de plaisantes images pour moquer l'incompétence et la suffisance des décideurs, du président de la république aux membres du « conseil scientifique » qui « ont ignoré, avec majesté et dédain, les résultats de l'étude du Pr Raoult, puis les statistiques de mortalité venues du monde entier ». « Face à cette guerre sans précédent, où il y avait le feu à la maison France, les membres du Conseil réclamaient de prendre leur temps, beaucoup de temps, pour tout valider sur le plan scientifique, avant de prendre la moindre décision. Il fallait par une longue, très longue procédure vérifier que la lance à incendie était homologuée avant de se risquer à combattre les flammes ». Cette déclaration ne manque pas de piquant six mois plus tard, quand on voit les mêmes qui se coalisent pour diffuser des « vaccins » avec des procédures d'homologation frauduleuses autant qu'expéditives.

Le Pr Delfraissy en prend pour son grade, ainsi que tous les bras-cassés du « conseil scientifique » qu'il préside : Perronne remarque lors de ses interventions TV qu'il a « la voix mal assurée » et « le regard baissé » quand il dit que les réactifs pour les tests n'arrivent pas en nombre suffisant de Chine ou des États-Unis. Or l'Académie de médecine « enjoint au gouvernement d'élargir la liste des laboratoires agréés », à 6 catégories de labos, dont les vétérinaires, qui répondent présent : « Ils affirment pouvoir réaliser jusqu'à 300 000 tests par semaine ». Les 42 000 dentistes pourraient faire les prélèvements. Résultat : rien !

Autre apparatchik du conseil, Bruno Lina « est chargé de la stratégie qui consiste à repositionner les médicaments » (ce qui est précisément la spécialité de Raoult), or il ignore totalement l'étude de Raoult, par contre au lieu de faire ce qu'on attend de lui, il se répand dans les médias. Il y a encore le Pr Franck Chauvin : « C'est lui qui signe un avis du HCSP qui réserve l'hydroxychloroquine aux mourants, tout en déclarant au Canard enchaîné « qu'une prescription aussi tardive d'hydroxychloroquine n'a aucune utilité médicale ». Ce Pr a même avoué au Canard que pour cet avis il aurait subi « des pressions », mais impossible de savoir de qui !
C'est grâce à ce livre que j'ai appris l'existence d'un mystérieux 2e conseil : « notre président nomme un second conseil, le CARE (Comité analyse recherche et expertise). Personne n'a encore compris son rôle. Peu de gens suivent ses travaux. Personne ne sait ce qui a poussé le Président à créer une structure supplémentaire qui s'ajoute à toutes les autres ». Wikipédia nous apprend d'ailleurs que Yazdan Yazdanpanah fait partie des deux comités ! Mais a-t-il le temps de diriger son service ? Je ne comprends vraiment pas que pour prendre des décisions aussi nulles un président ait besoin d'un tel phalanstère de conseillers, et je trouve Perronne bien indulgent devant tant d'impéritie. « Macron, des missions » semble être le mot d'ordre des médecins de salon, mais nous l'orthographions différemment…

Perronne dénonce avec ironie les conflits d'intérêts : « La manière dont est géré le groupe Reacting confronté à son concurrent Raoulting, illustre le fait que garder son indépendance tout en faisant de la recherche est un défi auquel est quotidiennement confronté le monde médical ». Sur l'essai fiascovéreux, pardon, « discovery », Perronne ironise sur le bras n° 1 : « Les soins standard (sur les patients atteints du Covid-19) : du Doliprane, une soupe et au lit, pour faire simple ». Ce n'est que le 22 mars que l'hydroxychloroquine est ajoutée à cet essai.

Perronne fait alors l'investigation que n'ont pas faite les journalistes véreux sur les conflits d'intérêts des membres de ces deux conseils chargés de prouver que l'hydroxychloroquine était nocive : « Pr Jean-Philippe Spano, cancérologue à Paris-Pitié-Salpêtrière a reçu 325 406 euros de l'industrie pharmaceutique, dont 7896 euros de Gilead ». « Il y a aussi Karine Lacombe, qui bosse pour Gilead. Elle n'est ni dans le premier Conseil scientifique de l'Élysée, ni dans le second. Mais elle a clairement la caution du gouvernement. Le 28 mars, elle partage une conférence de presse avec le Premier ministre et le ministre de la Santé, à Matignon, sur le thème du coronavirus. Or il se trouve qu'elle a des relations de grande complicité intellectuelle avec (entre autres) de grandes firmes comme Gilead et AbbVie, qui par ailleurs – mais ça n'a rien à voir – lui ont accordé de généreux contrats. Et ce jour-là, pendant la conférence de presse, alors que nos deux ministres boivent ses paroles, elle chante Discovery, et fustige la chloroquine. Karine Lacombe a touché 212 209 euros de l'industrie pharmaceutique, dont 28 412 euros de Gilead et 45 211 euros d'AbbVie. » Plus loin, il rappelle les crachats de la pensionnée de Gilead : « C'en est trop pour Karine Lacombe. La cheffe de service en maladies infectieuses de l'hôpital Saint-­Antoine vient en renfort pour soutenir ses amis du Conseil scientifique. JT de 13 heures de France 2 du 23 mars : « Ce qui se passe à Marseille à mon avis est absolument scandaleux », puis ajoute-­t-­elle plus loin parlant de la chloroquine : « On ne peut pas comme ça maintenant la donner à n'importe qui dans n'importe quelles conditions. Je pense que c'est extrêmement dangereux ». Enfin clôt­-elle : « Et je suis très peinée que des scientifiques de renom comme mes collègues de Marseille se soient engagés dans une action de ce type-­là ». C'est intéressant a posteriori que ce dénigrement de confrères n'ait donné lieu à aucun recadrement de cette pensionnée de Gilead par l'Ordre, quand on compare aux cris d'orfraie de toute la médicaste contre Perronne qui n'a fait que dénoncer des scandales avérés.

Les données sur les conflits d'intérêts sont tirées du site officiel de la base Transparence santé

 

J'ai fait la recherche pour Karine Lacombe, et cela aboutit à une usine à gaz, dans laquelle est publié le détail de chaque prestation, le moindre repas offert, et pour cette brave pourfendeuse des ignobles « rassuristes », il y a des dizaines de pages ; je ne sais pas comment mon pauvre Toto pourrait faire les totaux.

 

Par contre en faisant la recherche sur Perronne, la différence est sidérante : il n'y a qu'une seule page dans les 3 catégories (avantages, conventions, rémunérations), et dans la colonne « rémunération », on ne trouve qu'une seule ligne à 875 €, et dans toutes les pages, il n'y a rien après 2018, alors que pour Lacombe vous en avez des truellées en 2019. Quant au Pr Didier Raoult est carrément absent de la base ! J'ai regardé pour mon propre généraliste. Il a plusieurs pages de repas et de conventions, bien plus que Perronne ! Et Perronne éperonne : « j'ai regardé le Top 10 du classement des revenus annuels versés par l'industrie pharmaceutique aux infectiologues. […] Un seul exemple. L'un d'entre eux a quand même reçu la bagatelle de 541 729 euros de Big pharma, dont 52 812 euros de Gilead. À ce stade, peut-on vraiment parler de « rémunération complémentaire » ? »

Perronne, comme Raoult et la plupart des médecins qui ne sont pas des médecins de salon, font la guerre en première ligne : « Au sein de l'hôpital de Garches, mon équipe, avec le précieuse aide des soignants d'autres services, s'échine à augmenter les capacités d'accueil. Et au pas de course. Pas En Marche ! Quel élan de générosité de la part des jeunes médecins, infirmiers, aides-soignants, des généralistes qui viennent proposer leur aide et des retraités qui reviennent avec un grand sourire. Ça fait chaud au cœur. Je les remercie tous, ici, parce que je n'ai pas eu le temps de le faire alors ou si peu ». Ah bon, voici donc ce calomniateur des médecins dénoncé par le bon syndicaliste de plateaux télés, [le Dr Jérôme Marty]
Perronne confirme qu'on aurait bien pu ne pas confiner. Mon seul désaccord avec ce livre concerne ces propos : « Enfin, et j'en finirai par là, une fois qu'on avait raté notre dépistage et qu'on n'avait plus d'autre choix que celui du confinement généralisé, on aurait dû, et par « on » j'entends nos dirigeants bien sûr, demander aux Parisiens de ne pas quitter leurs résidences principales pour les secondaires. L'afflux de milliers d'habitants de la capitale vers les campagnes françaises a complètement déstabilisé la ruralité ». Bien au contraire à mon humble avis, cet exode rural a sans doute contribué à rendre gérable la pandémie en Île-de-France (et non à Paris seulement), qui a déjà dû exporter en province de nombreux patients par TGV médicalisés ; qu'est-ce que cela aurait donné si certains Franciliens n'étaient pas partis d'eux-mêmes ! Quitter dans un véhicule individuel une ville dense pour une maison isolée dans une région rurale non dense, c'est 100 % bénéfique. En train, un peu plus risqué bien sûr, mais là, il faut s'en prendre à l'écologie punitive. Je cite pour preuve historique un extrait d'un autre livre clé à lire en cette annus horribilis, La Peur en Occident (1978) de Jean Delumeau : « Et il est bien vrai qu'il fallait, si possible, fuir, ou à défaut, isoler et s'isoler. Cela d'autant plus que la peste bubonique donnait lieu souvent à une complication pneumonique secondaire. Le bon sens populaire avait donc raison à cet égard contre les « savants » qui refusaient de croire à la contagion. Et ce sont finalement les mesures de plus en plus efficaces d'isolement qui firent reculer le fléau ».

Dossier hydroxychloroquine

Voici le dossier de l'hydroxychloroquine en verbatim car c'est ultra-sensible : « Le 26 mars la France décide finalement d'autoriser la prescription de l'hydroxychloroquine. Un décret est signé. Et le Pr Raoult est très content : « Dans le cadre de l'étude sanitaire l'hydroxychloroquine peut être prescrite en traitement du Covid­19. Merci à @Olivierveran pour son écoute » écrit-­il sur Twitter. Mais le 27, le lendemain, modification du décret : « Il est autorisé d'administrer cette molécule contre le Covid­ 19 à l'hôpital uniquement et seulement aux cas graves. » Traduction : quand les malades ont une insuffisance respiratoire. Quand c'est trop tard en fait ! dit Raoult. Moi aussi, à tout­-va, sur tous les médias. Dès la mi-­mars, j'alerte à la télévision. Je n'ai jamais dit que c'était prouvé que c'était le remède miracle. J'ai dit que même si l'hydroxychloroquine n'était pas si efficace que ça on le saurait vite mais n'attendons pas pour en commander des millions de doses aux industriels et constituer des stocks stratégiques au cas où. D'autant que le coût de l'opération est très faible ». Mieux : l'État autorise le Rivotril : « D'un côté on leur interdisait, contrairement à leurs confrères d'autres pays, de prescrire l'hydroxychloroquine, soi-­disant dangereuse, et en même temps on leur autorisait exceptionnellement la prescription du Rivotril très restreinte depuis quelques années. Du jamais-­vu. Ce médicament est prescrit dans le cadre des soins palliatifs des malades en fin de vie. Comme la plupart des médecins je suis en complet accord avec les soins palliatifs quand il n'y a pas d'autre solution. Mais c'est la juxtaposition des deux décrets qui a été perçue comme violente. Le ressenti des médecins a été : on nous refuse le seul traitement qui marche peut­-être, mais on nous autorise exceptionnellement l'euthanasie en Ehpad ou à domicile des malades atteints du Covid ­19. Cela a forcément déclenché de la colère »

Tiens, tiens, c'est diffamatoire, ça ? Quel est l'intérêt du gentil Dr Marty de participer au lynchage du Pr Perronne ? Précision intéressante du praticien : « Il semble que quelques cas graves de troubles du rythme cardiaque aient été rapportés depuis le début de l'épidémie. J'ai pu avec mes collaborateurs constater dans mon service quelques cas d'anomalies de l'électrocardiogramme ou d'atteinte cardiaque plus marquée dues au coronavirus, alors que les malades n'avaient pris ni hydroxychloroquine ni azithromycine. Imaginez que s'ils avaient pris l'un de ces médicaments, on aurait immédiatement accusé le traitement d'être responsable de ces troubles cardiaques ».

 

Perronne confirme l'efficacité du traitement Raoult : « Si l'on regarde le nombre quotidien de personnes qui sortent de l'hôpital on peut comparer par régions ceux qui sortent de l'hôpital les pieds devant et ceux qui sortent sur leurs pieds et rentrent à leur domicile Ça énerve les Pieds Nickelés de l'intelligentsia scientifique parisienne ! Il n'y a pas photo les hospitalisés meurent beaucoup moins à Marseille qu'à Paris » […] « Ce résultat est magnifique quand on observe sur les chiffres de Santé Publique France que pour les personnes de plus de 70 ans hospitalisées pour Covid­ 19 la mortalité peut atteindre 30 % voire 50 % ». Ironie Perronnienne : « Chers Gaulois, le chef Vérantorix interdit pourtant la distribution de la potion magique du druide Raoultix. Connaît-il les principes fondamentaux qu'il faudra graver en lettres d'or sur le mur du ministère ! « Mieux vaut une bonne autopsie qu'un traitement sans preuves » ou bien « Mieux vaut mourir sans prendre de risque que de guérir avec des méthodes non encore certifiées ». Perronne mentionne alors un dessin, variante de l'histoire de la lance à incendie, qui a circulé où on voit deux individus en haut d'une falaise en train de regarder un homme qui se noie et qui appelle au secours. L'un des deux tient une bouée à la main sans bouger Son ami lui demande « Pourquoi ne lui jettes-­tu pas la bouée ? » Il répond : « Je ne suis pas sûr qu'elle soit homologuée ».

 

Et pour l'hydroxychloroquine à Garches, voilà comment ça s'est passé, en verbatim, sans commentaire : « l'étude officielle Discovery n'est pas acceptable. Il est parfaitement immoral de tirer au sort les patients qui recevront ou non un traitement possiblement efficace quand ils n'ont que quelques jours à vivre. Lorsque les premiers malades atteints de Covid­ 19 sont arrivés à Garches, nous avons assez rapidement décidé avec mon équipe d'utiliser l'association hydroxychloroquine­-azithromycine pour les malades atteints de formes moyennement sévères. C'est alors que la pharmacie de l'hôpital a reçu un courriel de l'AGEPS (Agence générale des équipements et produits de santé, ex­-Pharmacie centrale des hôpitaux) pour dire qu'il n'était plus possible d'obtenir de l'hydroxychloroquine car les armoires avaient été vidées par des internes en pharmacie sur ordre de leurs chefs. J'étais très en colère de constater cette pénurie et je l'ai exprimé lors d'une émission télévisée. L'AP­HP a immédiatement réagi par un communiqué disant que c'était de l'intox et que les stocks étaient bien sécurisés. J'ai alors reçu un coup de fil d'un journaliste de Libération qui m'accusait de colporter de fausses informations. Je me suis fait un plaisir de lui transférer le courriel de l'AGEPS qu'il a eu l'honnêteté de publier. Mon collègue chef de service de la réanimation a de son côté passé un coup de fil sur un ton ferme à un directeur adjoint de l'AP­HP. Grâce à ces deux coups de gueule un carton d'hydroxychloroquine a été livré à l'hôpital de Garches. Le médicament a depuis toujours été délivré avec parcimonie avec juste de quoi traiter les malades hospitalisés. Sauf qu'on a abandonné les nombreux malades ambulatoires qui venaient nous voir en consultation. À qui nous ne pouvions donner une seule boîte de notre stock et qui ne pouvaient non plus avoir leur traitement en pharmacie puisque les officines en étaient également démunies… ».

Et c'est Hirsch qui démet Perronne ? On marche sur la tête, non ?

Dans la suite du livre, Christian Perronne revient sur le passé. Il évoque la loi de Roselyne Bachelot (qui a été récompensée de ses crachats sur Raoult par un poste de ministre de la culture sinistrée), la loi HPST de 2009 qui constituait selon lui « un beau mensonge d'État ». « Il faut abroger en urgence la loi HPST la loi scélérate et abolir la fameuse T2A (tarification à l'activité) qui a transformé l'hôpital public en hôpital­-entreprise, tenu de sacrifier les soins non rentables pour générer des bénéfices. La T2A est une honte d'État. Depuis cette loi, les médecins n'ont plus leur mot à dire dans la gestion de l'hôpital et ils sont tenus d'obéir sous peine de sanctions à des directeurs hospitaliers ». Inutile de chercher qui agite les commissaires politiques de la macronie pour tabasser Perronne…

Le Pr Perronne garde un souvenir amer de ses années de collaboration étroite avec le ministère de la Santé pour la gestion des maladies infectieuses. En tant que chef de service à Garches, Perronne explique que la catastrophique gestion des lits en phase épidémique est loin d'être spécifique à la crise actuelle : « Certaines années l'épidémie de grippe, c'est tranquillou. Mais d'autres années sans que l'on puisse le prévoir, c'est la cata. Le vaccin grippal, c'est comme le beaujolais nouveau, il est différent chaque année afin de suivre l'évolution des virus mutés qui circulent. Ainsi les années où des mutants outsiders du virus circulent, ils n'étaient pas prévus dans la composition du vaccin grippal qui vient de sortir ! Il en résulte une baisse d'efficacité du vaccin responsable d'une vague épidémique beaucoup plus élevée. Ces années­-là on ne sait plus où caser les malades qui contaminent beaucoup de personnes dans les hôpitaux ».

Photo de la manifestation de soutien au Pr Perronne - © Coccyxgrue / France Soir

 

Est-ce vraiment le Pr Perronne qu'il faut démettre de sa chefferie ?

Pour conclure on peut ironiser sur le tabassage que le quotidien d'État Le Monde fait subir actuellement au Pr Perronne, sur ordre de la Macromandantur, avec un titre à vomir digne de Je suis partout : « Qui est vraiment Christian Perronne, médecin référent des complotistes ? »

Il suffit de fouiller dans les archives du quotidien de la Loubianka pour trouver des appréciations plus positives diamétralement opposées à celles qu'on lui reproche actuellement :

 

« Certains experts comme les professeurs François Bricaire et Christian Perronne ont bien suggéré au ministère de la santé d'impliquer les médecins généralistes dans la vaccination, mais "on a considéré que cette question n'était pas de notre ressort d'expert scientifique", affirme François Bricaire. »

« impliquer les médecins généralistes » : vous avez bien lu monsieur le Dr Marty ? Comme disait notre bon Molière, « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ».

Coccyxgrue a intégré l'équipe de France-Soir suite à ses mésaventures avec Wikipédia 

 

Auteur(s): Coccyxgrue pour FranceSoir

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