Jacques Chirac : le "non" de la France à la guerre d'Irak en 2003

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Par AFP - Paris
Publié le 24 juin 2015 - 16:02
Mis à jour le 26 septembre 2019 - 14:44
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Jacques Chirac au côté de George W. Bush, le 26 mai 2002 à l'Elysée à Paris
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© Tim SLOAN / AFP/Archives
Jacques Chirac au côté de George W. Bush, le 26 mai 2002 à l'Elysée à Paris
© Tim SLOAN / AFP/Archives

Lié durant des décennies par de solides amitiés avec des dirigeants du monde arabe, Jacques Chirac restera comme le président français qui, en 2003, a refusé de participer à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis.

En février 2003, Hans Blix, responsable des inspecteurs de l'ONU, remet son nouveau rapport sur les armes de destructions massives en Irak et préconise de nouvelles inspections. Au Conseil de sécurité de l'ONU, Colin Powell, secrétaire d'Etat américain, affirme que Saddam Hussein ne joue pas le jeu des inspections.

Convaincu qu'une guerre déstabilisera la région, souhaitant que les inspections se poursuivent, M. Chirac confie à Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Raffarin, le soin de mener la bataille diplomatique à l'ONU.

C'est à travers un vibrant plaidoyer de son ministre que la France fait entendre, le 14 février, son opposition à la guerre. Son virulent réquisitoire lui vaut d'être applaudi, pratique assez rare dans cette institution.

"Dans ce temple des Nations unies, dit ce proche parmi les proches du président, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c'est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'Occupation, la barbarie...".

Le 18 mars, M. Chirac déclare: "L'Irak ne représente pas aujourd'hui une menace immédiate telle qu'elle justifie une guerre immédiate. La France en appelle à la responsabilité de chacun pour que la légalité internationale soit respectée (...). S'affranchir de la légitimité des Nations Unies, privilégier la force sur le droit, ce serait prendre une lourde responsabilité". Le chef de l'Etat bat tous ses records de popularité, avec trois quarts des Français se déclarant satisfaits de son action.

La seconde guerre d'Irak débute le lendemain, déclenchée par les Etats-Unis alliés à la Grande-Bretagne. Les relations avec les Etats-Unis s'en ressentiront durant plusieurs années mais M. Chirac a gagné par ce refus une aura indéniable dans de nombreux pays.

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