Le harcèlement entre frères et soeurs et ses lourdes conséquences sur la santé mentale

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FranceSoir
Publié le 06 octobre 2021
Mis à jour le 06 octobre 2021
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Historiquement, l'agressivité entre frères et sœurs a été méconnue, ou souvent minimisée ou rejetée
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Ces deux dernières années scolaires ont connu de longues fermetures des écoles, et en conséquence, les enfants ont passé beaucoup plus de temps à la maison ; les frères et sœurs ont joué ensemble plus que d’habitude. Les parents, souvent en télétravail pendant ces périodes de confinement, ont été témoins de leurs jeux. Ils sont donc nombreux à s’être rendu compte que la plupart du temps, les petits de la famille sortent toujours perdants des jeux, car les aînés ont tendance à maîtriser les situations, et à imposer les règles pour être toujours avantagés. Les plus petits se sentent souvent impuissants, et acceptent tout ce que les plus âgés décident de faire. Selon une récente étude, les jeux d'enfants ne sont pas si bénins que l’on croit, et lorsqu’ils se passent mal, cela peut avoir des conséquences lourdes sur la santé mentale, surtout lorsqu’ils dérapent en harcèlement dans les fratries.

L'intimidation entre frères et sœurs est nocive pour la santé mentale

"Historiquement, l'agressivité entre frères et sœurs a été méconnue, ou souvent minimisée ou rejetée. Dans certains cas, les gens pensent que c'est bénin ou même bon, car cela permettrait d’en apprendre davantage sur les conflits dans d'autres relations", explique Corinna Jenkins Tucker, auteure principal de l'article et professeure agrégée d'études familiales à l'Université du New Hampshire. Parmi les enfants interrogés dans le cadre de l’étude, 32 % ont déclaré avoir subi au moins un type de victimisation entre frères et sœurs au cours de l'année écoulée. Les chercheurs ont découvert que « tous les types d'agressivité entre frères et sœurs, à la fois légères et graves, étaient associés à des scores de symptômes de détresse significativement plus élevés pour les enfants et les adolescents ».

Les enfants sont-ils en danger, ou s'agit-il de comportements normaux entre frères et sœurs ?

Bien que les conflits entre frères et sœurs soient courants et normaux, faisant même partie de leur apprentissage et permettant de développer des manières constructives de se battre et de négocier, certains cas devraient préoccuper les parents, et les faire réagir. Si un enfant est toujours l'agresseur et un autre enfant toujours la victime, les parents doivent chercher la manière de limiter ces scénarios et rechercher les signes d'agressivité qui visent à laisser l'autre enfant humilié ou totalement vaincu. Dans ce cas, il est important d’intervenir, et de faire appel à des professionnels, psychologues ou pédopsychiatres.