L'Inde gagnée par la ferveur du bras de fer

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Par Faisal KAMAL - AFP
Publié le 11 août 2023 - 13:10
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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F. Froger / Z9, pour FranceSoir
F. Froger / Z9, pour FranceSoir

DÉPÊCHE — Les athlètes indiens gonflent leurs biceps avant de s'affronter dans une compétition de bras de fer retransmise à la télévision, cette discipline cherchant à se faire une place dans une Inde folle de cricket, sous l'impulsion de deux acteurs de Bollywood.

Les adversaires s'affrontent sous les projecteurs, encouragés par le public dans le stade Indira Gandhi de New Delhi, pour la Pro Panja League (PPL), fondée en 2020.

La Fédération indienne de bras de fer a été créée en 1977, mais ce sport, appelé "panja" en Inde, a été relancé par les propriétaires de la PPL, Parvin Dabas et Preeti Jhangiani, un duo d'acteurs de Bollywood.

"Nos athlètes sont littéralement des fils et des filles de notre terre. L'un est fonctionnaire, un autre entraîneur de gym, ou mécanicien", déclare Parvin Dabas à l'AFP.

"Ils viennent de tous les horizons, des petites villes de l'Inde. C'est ce que nous aimons et ce qui attire le public", poursuit-il.

À 23 ans, Shaikh Tawheed a été tailleur de pierre, mécanicien et nettoyeur de gymnase avant de trouver la gloire en participant à la PPL dans la catégorie des 90 kg.

Un sourire charmant et un corps bien sculpté ajoutent au succès de Shaikh Tawheed qui défait ses adversaires d'un rapide coup de force, avant d'envoyer des baisers à ses nombreux fans.

"C'est le rêve de vivre dans des hôtels chics, de bien manger et d'avoir de l'argent", confie-t-il à l'AFP, en précisant avoir gagné quelque 75.000 roupies (900 dollars) depuis le début de la compétition, soit dix fois plus que ses gains précédents

"À la force du poignet"

Six équipes, composées d'hommes, de femmes et de handicapés, sont en compétition. L'équipe victorieuse recevra deux millions de roupies (24.000 dollars).

Lancée en 2020 avec des matchs d'exhibition et des tournois, c'est la première PPL diffusée en direct depuis le 28 juillet sur Sony Sports Network en Inde et sur Willow TV aux États-Unis. La finale aura lieu dimanche.

"Le bras de fer" ("Over the Top"), un film avec Sylvester Stallone, sorti en 1987, a fait la popularité de la discipline dans le monde entier, mais en Inde, ce sport enraciné dans la mythologie hindoue, jouit d'une grande considération.

Shaikh Tawheed vivait dans une seule pièce en location dans sa ville natale d'Aurangabad, dans l'État du Maharashtra. Devenu star locale, il a pu s'acheter une maison.

"La notoriété que j'ai acquise grâce au bras de fer m'a aidé dans ma carrière d'entraîneur de gymnastique, ce qui m'a permis de gagner de l'argent", explique-t-il.

"Pro Panja a changé le bras de fer", fait-il valoir, "nous voyageons en avion pour les tournois au lieu de nous déplacer dans des wagons de train sans réservation".

Les propriétaires de la PPL sont confiants face à la popularité croissante du bras de fer. Dans le pays, le succès de ligues sportives a permis à de simples villageois de devenir des stars.

Autre figure de la PPL, Farheen Dehalvi, une mère de 38 ans, passée de compétitions confidentielles dans l'État du Madhya Pradesh aux tournois en dossard de couleurs vives de son équipe, devant les caméras de télévision.

Des années de tâches ménagères ont musclé les bras de Farheen Dehalvi qui a trouvé dans le bras de fer un moyen d'exercer sa force.

"Les filles qui restent à la maison, les femmes au foyer, sont plus puissantes, car elles travaillent à la force du poignet", affirme Mme Dehalvi, enseignante à temps partiel et mère d'un fils de 17 ans.

Rêves olympiques

Farheen Dehalvi, qui concourt dans la catégorie féminine de plus de 65 kg, a remporté le match d'ouverture en battant une jeune femme de 19 ans, au nombre de points gagnés sur plusieurs affrontements.

"Je suis allée voir un match de bras de fer dans mon quartier et les gens, me trouvant puissante, m'ont poussée à pratiquer ce sport", raconte-t-elle à l'AFP.

"Dans notre région, les belles-filles ne sont pas autorisées à sortir de chez elles, mais mon mari m'a encouragée (...). Et me voilà."

Son succès en a inspiré d'autres, dit-elle, et deux salles ont ouvert dans son village où des filles ont commencé à s'entraîner.

La PPL se vante d'avoir des entraîneurs étrangers pour les six équipes, principalement venus du Kazakhstan.

"Il y a beaucoup de monde en Inde, il y a beaucoup de monde au Kazakhstan", déclare à l'AFP le septuple champion du monde et entraîneur de la PPL, Yerkin Alimzhanov, "nous pouvons, de part et d'autre, tenter d'amener ce sport aux Jeux olympiques".

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