Chronique N°41 – « Du couvre-feu renforcé, au reconfinement assoupli : mauvaise foi, conflits d’intérêts et manque de discernement » 1ère partie

Chronique N°41 – « Du couvre-feu renforcé, au reconfinement assoupli : mauvaise foi, conflits d’intérêts et manque de discernement » 1ère partie

Publié le 04/12/2020 à 10:18
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Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir

Cet espace d’opinion permet la libre expression des idées et d’engendrer le débat. Les articles et vidéos publiés dans cette rubrique peuvent parfois ne pas faire consensus, en savoir plus

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Le 24 novembre, Emmanuel Macron, 26 jours après le début du reconfinement imposé à toute la population française, débutait ainsi son allocution :

« Un mois après, où en sommes-nous ? Le nombre de cas positifs journaliers à la covid-19 a fortement reculé. Il a été supérieur à 60.000. Il s’est établi la semaine dernière à 20.000 cas par jour en moyenne. Après avoir atteint 33.500 patients hospitalisés le 16 novembre, soit plus que lors de la première vague, nous avons aussi commencé une lente décrue. Le nombre de personnes en réanimation du fait de la covid-19 est passé de 4.900 le 16 novembre à 4.300 aujourd’hui ».

Faut-il rappeler à ce point si crucial de son allocution, quels avaient été ses propos et prédictions alarmistes, tenus un mois plus tôt :

« A ce stade, nous savons que quoique nous fassions, près de 9.000 patients seront en réanimation à la mi-novembre, soit la quasi-totalité des capacités françaises… »

En fait, Monsieur le Président vous n’en saviez rien, et les épidémiologistes de l’Institut Pasteur, Jean-François DELFRAISSY et ses collègues du Conseil Scientifique, se sont lourdement trompés. Ayez au moins, le courage de le reconnaître ! S’il vous plait, ne les écoutez plus !

 

Et je ne parle même pas des « 400.000 morts au moins supplémentaires à déplorer », soi-disant évités par cette stratégie de ré-enfermement, préférée à celle de l’atteinte d’une immunité collective. Quelle bêtise cet entêtement et ce consternant manque de discernement. L’exécutif devra payer un jour pour tous ses errements…

Ce 24 novembre, le Chef de l’État, poursuivait « De ces données, il ressort que le pic de la seconde vague de l’épidémie [1] est passé [2].

 

[1] Ce terme de seconde vague est totalement impropre. Il s’agit bien d’une première vague, retardée par le premier confinement couplé aux interdictions de se déplacer entre régions contaminées (Grand-Est, Hauts-de-France, Île-de-France) et non contaminées (toutes les autres, et notamment les grandes métropoles : Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Nantes, Saint-Etienne, Grenoble… Et pas que. Dès qu’il l’a pu, le virus est reparti conquérir de plus belle ces territoires et ces strates de population qui n’avaient pas été touchés au printemps…

 

[2] Quel sens de l’observation, quelle capacités déductives hors du commun chez un énarque de sa trempe !

 

Emmanuel Macron continuant son allocution « Lors de ma dernière intervention (le 28 octobre), nous redoutions des chiffres bien pire encore (9.000 patients covid+ en réanimation quoi qu’on fasse, 400.000 décès supplémentaires si l’on ne reconfinait pas). Et nous les avons évités. D’une part, car nos efforts, vos efforts, ont payé. L’esprit civique dont vous avez fait preuve, a été efficace ».

 

Mais quel culot ! Le reconfinement, souvenez-vous, a été annoncé le 28 octobre pour une mise en œuvre dès le 30 octobre à 0h00. Le pic d’incidence n’a été atteint que seulement 4 jours plus tard, le 2 novembre ! Un reconfinement « light » au cours duquel les français se déplaçaient 2 à 3 fois plus qu’au premier confinement selon différents observateurs (ici ou ). Qui peut croire qu’il soit possible d’inverser une croissance exponentielle des taux d’incidence et de la positivité des tests en si peu de temps ?

 

En réalité, Monsieur le Président, le virus une fois de plus a fait ce qu’il a voulu. Vos mesures administratives d’enfermement, jamais évaluées, n’ont pas d’impact sur sa trajectoire. Vous n’êtes finalement, qu’au mieux un marabout, au pire un charlatan…

Quant à votre « timing » pour l’assouplissement du reconfinement, il est un peu tardif. Réveillez-vous, lors de votre allocution du 28 novembre nous étions déjà redescendus au niveau France à 96 de taux d’incidence sur les 7 derniers jours pour 100.000 habitants. A quoi servent encore toutes ces mesures aussi liberticides que sans bénéfice sanitaire avéré. A se faire encore plus « hara-kiri » sur le plan économique ?

 

France Info, le 16 novembre 2020 : Frédéric Carbonne « Midi, toute l’info, bonjour Armand Peyrou-Lauga. Et à la Une donc, l’optimisme du Ministre de la Santé, face au coronavirus ».

 

APL « Nous sommes en train de reprendre progressivement le contrôle, mais nous n’avons pas terminé le combat, a dit Olivier Véran ce matin [3]. Les responsables des cultes espèrent une reprise prochaine des célébrations. Ils seront reçus cette après-midi par le Premier Ministre [4]. C’est une question qu’on se pose presque tous, avons-nous atteint le pic de cette deuxième vague [5] d’épidémie de covid ? Oui, répond le Ministre de la Santé. Olivier Véran le dit dans la presse régionale et il a apporté des précisions tout à l’heure dans un déplacement au port de Bron, près de Lyon, déplacement pour assister à des transferts de malades vers des régions moins touchées par le covid. Le Ministre de la santé constate que les indicateurs s’améliorent en France ».

 

Olivier Véran « Il y a désormais moins de nouveaux malades par jour, le taux de positivité des tests s’est également progressivement réduit, et les fameux indicateurs que les français ont commencé à manipuler au début de la deuxième vague et les indicateurs d’incidence, vont plutôt vers le mieux. Cette décroissance, nous l’observons en France. Nous l’observons également dans un certain nombre de pays qui nous entourent et qui ont mis eux aussi des mesures de confinement en place. Donc, ça c’est le côté qui est positif de la chose. C’est-à-dire que nous sommes en train de reprendre progressivement le contrôle sur cette épidémie. Mais pour autant, il y a encore beaucoup de nouveaux malades par jour, chaque jour, plus de quasiment 30.000 malades en moyenne sont diagnostiqués chaque jour dans notre pays. Il y a encore plus de 2.000 malades qui sont hospitalisé chaque jour dans notre pays. Il y a encore plusieurs centaines de malades qui sont admis dans les réanimations de notre pays. Donc, nous n’avons pas terminé encore ce combat contre le virus » (Fichier audio à retrouver ici ; Propos du Ministre à 1:01 de l’enregistrement).

 

[3] Aussi culoté que le Président, ce Ministre Véran. Il ne contrôle rien du tout, le virus fait ce qu’il veut. Quelle mauvaise foi de la part de cet arrogant gesticulateur !

[4] Nous en reparlons plus loin de ces mesures absurdes de jauges dans les églises…

[5] Même remarque qu’en [1] voir plus haut

 

France Info (A 1:52 de l’enregistrement audio ici) « Les violences conjugales en hausse de 16% cette année. Cela représente plus de 142.310 victimes, selon le ministère de l’intérieur qui parle ici des chiffres de 2019. Les trois quarts des victimes sont des femmes. L’an dernier 149 épouses ou compagnes ont été tuées par leur conjoint, c’est 25 de plus en une année » [6].

 

Un peu plus tard avec la journaliste Camille Revel « Le billet science sur France Info (A 2:05 de l’enregistrement audio ici), bonjour Anne-Laure Barral. Santé Publique France le constate, la santé mentale des français s’est dégradée depuis fin septembre, avec une augmentation de 10 points de ceux qui se déclarent dépressifs » [7].

 

ALB « Oui, c’est ce que nous dit l’enquête « CoviPrev » (ici) qui interroge chaque semaine un échantillon de français sur leur état d’anxiété, par rapport à l’épidémie, au confinement, mais aussi à leur situation financière. Et aujourd’hui cette inquiétude, elle augmente dans toutes les catégories, plus particulièrement chez les 18-34 ans. Dans le même temps, l’ensemble des personnes interrogées sont plus nombreuses, 56%, à limiter leurs interactions sociales, contre 25% lors de la dernière enquête, fin octobre ».

 

CR « Le manque de contacts physiques explique donc en partie cet état dépressif ? »

 

ALB « En partie, oui. La recherche a déjà montré que le contact physique était très important pour la santé mentale et le bien-être. Une étude américaine faite en 2016 auprès de 600 mères de familles et leurs nouveau-nés avait déjà montré comment le peau-à-peau, vous savez le fait de laisser le bébé en contact direct avec la peau de sa mère, juste après l’accouchement, réduisait le stress des deux… »

 

[6] [7] Augmentations des violences conjugales de 16%, des dépressions de 10%. L’exécutif tient-il compte de ces paramètres dans ses décisions d’enferment. En mesure-t-il l’impact sanitaire ?

 

France Info Junior (A 4:11 de l’enregistrement audio ici), émission culte de la radio qui invite des enfants (école primaire) qui viennent poser leurs questions à un(e) invité(e). Ce jour-là, le thème est le « reconfinement » et l’invitée, la psychologue Nadège Larcher. Extraits :

La journaliste « Et puis, on peut toujours sortir, sortir un peu. Éric, tu trouves ça quand même un peu frustrant ? »

 

Éric « Pourquoi on ne peut sortir qu’une heure, par ce que moi, parfois je sors avec mes potes, et je ne peux pas dire un peu plus longtemps pour m’amuser et ça me gêne. Alors, qu’avant je pouvais sortir au moins 3 heures, 2 heures, et maintenant, ça me gêne ».

 

Nadège Larcher « Et oui car ça parait peu, et on peut le comprendre, mais l’idée du confinement, c’est de limiter le nombre de personnes que nous allons croiser dans une journée. Donc, si Éric, tu sors pendant deux ou trois heures, tu vas croiser plus de gens que si tu restes uniquement une heure. C’est un effort et une frustration que nous sommes obligés d’accepter et de tout faire pour pouvoir freiner l’épidémie [8]

 

[8] Voilà un bon moyen de bourrer le crâne des enfants mais aussi des adultes qui écoutent en se faisant eux-mêmes infantiliser. De les culpabiliser, alors qu’au contraire, il semble bien que la Suède, dont évidemment personne ne parle actuellement, qui n’a pas confiné, pas fermé les écoles, les restaurants…, n’a donc pas déconfiné, ni reconfiné, et fait mieux sur le plan sanitaire (voir la chronique N°39  ici) que tous les pays qui ont suivi le « mouton » français… Depuis cette chronique du 20 novembre, la surmortalité covid par million d’habitants en France a encore augmenté par rapport à la Suède et se situe aujourd’hui 38% au-dessus... Ni la journaliste, ni la psycholoque, ne sont capables de prendre un peu de recul et de se poser la question de savoir si éviter des contaminations entre bien portants ne nuirait pas à l’acquisition d’une immunité collective ? Ce que les suédois et nos marins du Porte-Avions Charles de Gaulle (ici) ont réussi à faire !

 

La journaliste « Aaron, tu as encore une question ? Aaron « Est-ce que si on reste trop longtemps à la maison, est-ce que on reste en bonne santé ou pas ? »

 

Nadège Larcher « Heureusement, les enfants continuent encore d’aller à l’école. Donc, ils sortent encore tous les jours. Donc, les conséquences sur la santé, sur ta santé Aaron, vont normalement être limitées. Mais, par contre, tu as raison, c’est important de garder une activité physique, donc peut être que tu peux faire du sport à la maison, ou au moins danser, et puis, peut-être qu’il est possible d’aller à l’école à pieds, ou d’en revenir à pieds. Ça reste une activité physique importante. On a quand même le droit de sortir une heure. Donc, c’est important de garder une activité physique, même si ce n’est pas mon club ».

 

La journaliste « On a bien noté tous vos conseils, merci beaucoup Nadège Larcher d’avoir répondu à Ana, Aaron et Éric ».

 

Sur le Fil Info de France Info, s’égrènent alors les sempiternelles fermetures administratives (A 9:21 de l’enregistrement audio ici). Nous sommes toujours le 16 novembre et on nous énumère une litanie de fermetures et autres restrictions plus affligeantes les unes que les autres « En ce qui concerne les sports professionnels, pas question d’autoriser le retour du public dans les stades avant début 2021, avec des jauges certainement limitées [9]. L’étau sanitaire se desserre un peu pour les fleuristes. Dès vendredi, ils pourront vendre des sapins de Noël à l’extérieur de leur boutique [10]. Les autres commerces non essentiels sauront la semaine prochaine s’ils peuvent rouvrir le 1er décembre. C’est toujours l’objectif du gouvernement. Et selon son porte-parole, Gabriel ATTAL, cette date pourrait être un peu avancée si les nouvelles sont bonnes sur plan sanitaire. Une réunion gouvernement-commerçants à ce sujet est prévue vendredi. De leur côté, les bars, les cafés, restaurants ne rouvriront sans-doute pas avant la mi-janvier. C’est selon nos informations, le scénario privilégié actuellement par le ministère de l’économie et des finances ».

 

[9] Selon l’épidémiologiste Catherine Hill, les jauges à 1000, 3.000, 10.000, dans les stades, sont des « mesurettes » dans la mesure où lorsque l’on prend un bain de foule, on ne rentrera en contact qu’avec 5,10, 20 ou maximum 30 autres personnes que celles de son entourage (famille, collègues, amis). Qu’il y ait 1.000 ou 10.000 personnes (voir la fin de la chronique N°27 ici). Par ailleurs, est-il bénéfique ou contre-productif de limiter les contaminations entre bien portant ?

 

Le Chef de l’État a affirmé le 28 octobre que « Jamais la France n’adoptera la stratégie de la recherche de l’immunité collective ». Très mal conseillé par le Conseil Scientifique et son « gourou » Jean-François Delfraissy, le Président s’obstine dans cette mauvaise direction

[10] Quelle consolation ?

Quelques jours auparavant, le 12 novembre, la grille des programmes sur France Info proposait une  interview du Dr Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond Poincaré, Garches, AP-HP, que vous retrouverez dans son intégralité : ici

 

Frédéric Carbonne « Bonsoir Benjamin Davido, comment avez-vous accueilli les annonces du Premier Ministre, et ce confinement qui va donc durer encore au moins 15 jours selon les mêmes règles a insisté ce soir Jean Castex ? »

 

BD « Eh bien, écoutez, en tous cas, sur le plan médical, il y a une cohérence et comme ça a été très bien expliqué, on n’a pas encore atteint le pic hospitalier, les équipes sont extrêmement fatiguées de cette deuxième vague, j’ai envie de dire inattendue ou inespérée dans le mauvais sens du terme. Et qui en plus de ça nous oblige à gérer les malades non-covid, et c’est bien la différence avec la première vague. Et donc, ça me parait logique, n’ayant pas atteint le pic hospitalier, il faut que ça continue, que la pression continue à diminuer, et pour l’instant ce n’est pas encore le cas, et sur les services de réanimation, avant qu’on puisse essayer de revenir à un semblant de vie d’avant ».

 

FC « Il y a tout de même une petite amélioration, hein, sur le plan sanitaire. Mais, tous les indicateurs ne sont pas concernés. C’est bien ça ? »

 

BD « Ecoutez, oui, c’est surtout vrai, probablement en Île-de-France, on l’observe notamment dans les hôpitaux de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris, où je travaille, mais pas encore en réanimation puisqu’il y a graduation de cette transmission. On voit que ça commence à s’infléchir sur les dépistages en ville, qui est la première partie du maillon si vous voulez, cette partie qu’on ne voyait pas lors de la première vague puisqu’on testait exclusivement à l’hôpital. Et, il y a quand même une petite tendance à une diminution des entrées à l’hôpital, mais, encore une fois, les malades graves, les malades qui s’aggravent à l’hôpital et qui ont besoin d’une place en réanimation, on n’observe pour l’instant pas une décrue, une décroissance suffisante pour dire que l’épidémie est derrière nous. Ce sont en tous cas des signaux bien sûr très encourageants ».

 

FC « Alors, les français, évidemment, se posent beaucoup de questions. Nous sommes à six semaines déjà de Noël, le Premier Ministre a parlé de ces fêtes de fin d’année qui ne seront évidemment pas comme les autres. Qu’est-ce que vous pouvez dire aux français qui nous écoutent. Vous connaissez l’évolution de la situation. Quelle sera-t-elle cette situation, pour le mois de décembre et surtout pour les fêtes de fin d’année ? »

 

BD « Alors d’abord, moi, je fais partie de ces gens qui pensent qu’il est nécessaire qu’entre le 24 et le 31 décembre, on puisse avoir une période de répit. Ça ne veut pas dire qu’il faudra se contaminer. Ça veut dire qu’il faudra faire confiance aux français. Cette discipline, maintenant qu’on applique depuis plusieurs semaines et au bon sens. Et qu’il faudra évidemment prendre toutes les précautions, pour éviter, par ce qu’on sait que ce sont des moments de rencontres transgénérationnelles entre les plus jeunes et les aînés, qu’il faudra probablement aérer les espaces, par ce qu’il y aura de toutes façons des réveillons pour Noël. Il faudra essayer de limiter le nombre de personnes. Je pense que la valeur affichée de 10 et proposée par le gouvernement est probablement le bon chiffre et que ce n’est pas par ce que de toutes façons on aura passé ces fêtes de Noël qu’il faudra relâcher puisque comme ça a été dit il y a plusieurs mois, il va falloir apprendre à vivre avec le virus, et c’est un véritable challenge finalement ces fêtes de Noël, puisqu’après les fêtes de Noël, vous vous en doutez, il y aura d’autres fêtes. Il y aura l’épiphanie, il y aura les vacances de Paques. Et que finalement, c’est un bon galop d’essai pour apprendre à vivre avec ».

 

FC « Euh, ce n’est pas facile à gérer. Est-ce que vous sentez vous aussi la tension dans la population, évidemment à l’approche de cette période. Mais, il y a eu ce premier confinement qui a été très long déjà, et là on a l’impression que c’est finalement un confinement sans fin qui nous attend ».

 

BD « Oui, alors encore une fois, je ne sais pas si c’est un confinement sans fin. Je pense que c’est probablement un vrai défi sociétal, c’est-à-dire apprendre à vivre différemment. Jusqu’à en tout cas qu’on puisse avoir une solution, que ce soit un traitement ou un vaccin [10] qui permette de mieux contrôler cette épidémie. Il y a eu d’autres challenges dans la société. Un des derniers en date que nous infectiologues connaissons bien, c’est la triste épidémie du VIH [11] qui a changé les rapports entre les êtres humains et on a réussi à le faire. On a réussi en se protégeant. Pour la covid, c’est la même chose. On va se protéger, on va y arriver. Et donc, s’est une formidable aventure, y compris pour la jeunesse. On parle déjà de génération covid, mais je suis persuadé que ça sera un souvenir émouvant et non éprouvant ». 

 

[10] Nous y voilà donc ! Dans la tête de ce jeune infectiologue, seuls des médicaments pourront vaincre le Sras-cov-2. Nous allons un peu plus loin découvrir pourquoi ? Il a été bien formaté, devinez par qui ?

 

[11] Encore cet amalgame entre covid-19 et Sida. Ce dernier avait fait 40.000 morts en France depuis 1982 (ici). Mais il aura fallu attendre 14 ans, pour qu’en 1996 les trithérapies arrivent. A ses débuts, tous les patients infectés mourraient. Ce n’est évidemment pas le cas du tout pour la covid-19 et les modes de transmission sont très différents !

FC « Un peu d’optimisme de votre part »

BD « Absolument ».

FC « Qu’est-ce qui vous fait dire ça Benjamin Davido ? »

FC « Ecoutez, d’abord on a été à une vitesse incroyable, même si malheureusement on a cette deuxième vague qu’on redoutait qui est là. Dans la médecine on a amélioré le soin en l’espace de quelques mois [12] pour une maladie qui était encore l’année dernière inconnue. Et on a finalement dans notre malheur, la chance que ça soit une pandémie, c’est-à-dire que tous les pays soient impliqués. Ce qui fait qu’on va beaucoup plus vite et donc, on est aussi dans un monde qui bouge extrêmement rapidement. Un monde qui dépend des autres pays, et qui fait que on devrait y arriver par ce qu’on est tous unis. Finalement on est tous dans le même bateau. Et que clairement au-delà de la France, c’est l’Europe les États-Unis, tous les continents qui sont menacés par cette épidémie et on voit bien quand on regarde avec une petite loupe, que lorsqu’on veut y arriver on peut. Des pays comme l’Australie, la Nouvelle Zélande, Taïwan, qui ont des populations certes, plus petites, mais de plusieurs vingtaines de millions d’habitants et qui s’en sortent très bien actuellement [13]. Donc, il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas ».

 

[12] Comment peut-il affirmer cela ? Sur quelle base ? Comment comparer ? Les malades sont-ils les mêmes ? Quelle absence d’esprit critique !

[13] Australie, Nouvelle Zélande, Taïwan, « plusieurs vingtaines de millions d’habitants ». Pas tout à fait : Australie : 25,6 M, Nouvelle Zélande : 5 M, Taïwan : 23,6 M

On a vraiment l’impression qu’il a appris son argumentaire par cœur, parfaitement en phase avec les stratégies, la doctrine, et la communication gouvernementale de gestion de cette crise.

 

On a l’impression d’avoir à faire à quelqu’un à qui on a fait un lavage de cerveau, incapable de toute remise en cause ni même de la moindre réflexion critique !

 

Une autre interview du Dr Benjamin Davido, assez similaire avait été publiée le 11 novembre 2020 sur Medscape (en français) « COVID : maîtriser la 2e vague et prévoir à long terme, interview de Benjamin Davido » : (ici)

 

Vous l’aurez compris. Encore un infectiologue très courtisé par les firmes pharmaceutique, qui l’ont nourri au biberon alors qu’il n’était encore qu’un jeune interne. Bien formaté par Big Pharma…

 

Voici ses conséquents conflits d’intérêts déclarés sur Transparence santé :

Les journalistes de France Info, devraient s’inquiéter de savoir « qui parle ? » en interrogeant préalablement à leur interview la base Transparence santé. J’adresserai encore cette fois-ci ma chronique à la Médiatrice des antennes de Radio France…

 

Il y aura une seconde partie à cette chronique. Le sujet « mauvaise foi, conflits d’intérêts, et manque de discernement », étant hélas inépuisable dans cette lamentable gestion de la crise sanitaire…

Auteur(s): François Pesty pour FranceSoir

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