COVID 19 : Et si, enfin, on commençait par le commencement ...

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Alain Tranchant pour FranceSoir
Publié le 02 novembre 2020 - 09:54
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Tribune : "Le microbe n'est rien, c'est le terrain qui est tout". Si l'on en juge par la réalité de la pandémie, le célèbre axiome de Claude Bernard s'avère parfaitement transposable au coronavirus.

 

Et le terrain, "qui est tout", prend plusieurs formes.

 

L'être humain, en premier lieu. 

La preuve est faite, désormais, que le virus est particulièrement virulent, et dangereux, voire mortel, pour les personnes très âgées présentant différents facteurs de risques. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter les courbes de mortalité rapportées à la pyramide des âges. Ou d'écouter le Professeur Parola (IHU Méditerranée) : "Ce que je vois aujourd'hui, c'est que mes patients, ce sont des patients très âgés, une moyenne d'âge de 80 ans".

 

La politique sanitaire doit donc donner la priorité à la protection des personnes âgées et fragiles, et non se disperser sur des populations pour lesquelles le virus est relativement bénin. C'est une évidence dans le monde du sport professionnel de haut niveau, où les athlètes sont mis à l'écart de leur équipe une semaine, et retrouvent ensuite leur place.

 

L'hôpital, en second lieu.

Il est chaque jour plus clair que les décisions du pouvoir politique, qui ressemblent fort à un copier-coller des positions de son célèbre Conseil scientifique, 8 jours plus tard ! sont prises en fonction de la seule capacité de réaction du système hospitalier public, sans que jamais ne soit évoqué un appel aux cliniques privées. 

 

Il est vrai qu'"en saison 1" de l'épidémie, le pouvoir a déjà préféré tenter de restaurer son image bien dégradée par ses mensonges sur les masques et les tests, en organisant à grand renfort d'opérations médiatiques le transfert de malades vers d'autres régions, ou à l'étranger, par avion, TGV, navire militaire, plutôt que de faire appel aux capacités d'intervention de l'hospitalisation privée. "Nous sommes en France", n'est-ce-pas ?

 

En restant purement et simplement sur le terrain choisi par le pouvoir politique (il y aurait tant à dire sur le gouvernement d'un peuple par l'instrumentalisation de la peur, et non par l'appel à la responsabilité et au courage ...), il saute aux yeux que la meilleure façon de préserver l'hôpital, c'est de permettre aux médecins généralistes de faire leur métier, c'est-à-dire de soigner, et pour cela, n'en déplaise à ses détracteurs aux intérêts intéressés, d'avoir recours au protocole hydroxychloroquine - azithromycine, qui a tellement fait la preuve de son efficacité que l'on a, comme par hasard ! abandonné subrepticement les études comparatives.

 

Pour cela, encore convient-il de laisser les médecins libres de prescrire. Or, "pour la première fois dans l'histoire de la médecine" (Christian Perronne), un gouvernement a enlevé aux médecins la liberté de prescription. Les thuriféraires du pouvoir -par conviction ou par intérêt ? - ont du mal à entendre qu'il y a là une dérive autoritaire inquiétante. Mais comment parler autrement quand on apprend que le Professeur Raoult vient d'être contraint de déférer devant le Conseil d'Etat l'interdiction qui lui est faite d'appliquer à ses patients le protocole utilisé dans ses services depuis le mois de mars, ainsi que de porter plainte au pénal ? 

 

Exercice solitaire du pouvoir présidentiel dans le bunker de son Conseil de défense, tandis que le Conseil des Ministres est relégué au second plan, chef du gouvernement réduit au rôle, non de collaborateur, "difficilement soluble" avec sa "personnalité", disait-il en arrivant à Matignon, mais de simple maître d'oeuvre du déconfinement-déconfiture et reconfinement, interdiction de prescription au corps médical, entraves répétées aux libertés publiques et individuelles, l'addition commence à être lourde.

 

Le terrain, ce sont enfin des situations personnelles qui devraient servir d'exemple.

 

Sur un plateau de télévision, Renaud Muselier -médecin et Président de la région Sud- révélait ces jours derniers que sa mère, âgée de 93 ans et atteinte de deux cancers, venait d'être testée positive à la Covid-19. 

 

Alors que son médecin personnel lui prescrivait l'isolement à domicile, de l'eau et du Doliprane, le Docteur Muselier a fait admettre sa mère à l'IHU Méditerranée du Professeur Raoult. Elle en est sortie. Et guérie. Et à 93 ans. Comment des Ministres -pour une fois confrontés à une vraie responsabilité, et de nature pénale ! - peuvent-ils méconnaître des exemples comme celui-ci ? Il y a quelque chose qui dépasse l'entendement.

 

En matière médicale, comme dans tous les domaines de la vie, il vaut toujours mieux commencer par ... le commencement !

 

"Au commencement était le Verbe ? Non ! Au commencement était l'Action", dit le Faust de Goethe.

 

Pour le verbe, nous sommes servis. Pour l'action, c'est une autre affaire.

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