L'avis Tranchant d'Alain : la désinformation en marche !

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L'avis Tranchant d'Alain : la désinformation en marche !

Publié le 11/01/2021 à 16:36 - Mise à jour à 17:36
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Auteur(s): Alain Tranchant

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En ce dimanche 10 janvier, il n'est question sur nos ondes radiophoniques publiques que de la situation totalement incontrôlée de la pandémie du coronavirus au Brésil, et de l'incapacité de son Président, M. Bolsonaro, à y porter remède. Le même argument est de manière récurrente appliqué aux États-Unis d'Amérique pour leur gestion calamiteuse de la pandémie.

Dans la semaine, alors que le président de la République était en pèlerinage à Jarnac, à la recherche d'un impossible "en même temps" (de Gaulle-Mitterrand), c'est le Premier ministre, Jean Castex, qui était amené à parler d'une "situation relativement maîtrisée de l'épidémie en France". À l'appui de son affirmation, il mettait en parallèle le Royaume-Uni où "le nombre de cas explose", la Suisse où "le taux de mortalité est deux fois supérieur au nôtre", l'Allemagne contrainte d'appliquer "le confinement".

Seulement, voilà ! Comparaison n'est pas raison, et il ne faut comparer que ce qui est comparable.

Pour ce qui est de la Suisse, l'affirmation du Premier ministre est sujette à caution. Le nombre de morts s'élève, depuis le début de la pandémie, à 7 583 pour une population de 8,6 millions d'habitants, ce qui donne un ratio de 882 décès par million d'habitants dans la confédération helvétique, à rapprocher des 1 009 morts par million d'habitants en France. Quand bien même l'évolution récente serait plus défavorable chez nos voisins, les chiffres globaux sont là, et pas à notre avantage.

La même observation s'applique aux informations diffusées par les agences de presse. Ce 10 janvier, on peut lire sur une dépêche que "la pandémie a fait plus de 1 926 000 morts dans le monde, d'après un bilan établi dimanche à partir de sources officielles. Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas (plus de 372 500 décès). Suivent le Brésil (plus de 202 630 morts), l'Inde (près de 151 000), le Mexique (plus de 133 200) et le Royaume-Uni (plus de 80 800)".

Bien entendu, le nombre de morts dans l'Hexagone n'est pas mis en avant : 67 599 au 9 janvier. Et, bien évidemment, à aucun moment le rapprochement n'est opéré avec la population des pays cités. Evoquer les 151 000 morts en Inde, sans ajouter que sa population compte près de 1,4 milliard d'habitants, n'a strictement aucun sens.

En revanche, lourd de signification est le nombre de morts en France rapporté à la population des États mis au banc des accusés. Avec la population des États-Unis, nous aurions 333 959 décès. Avec la population du Brésil si décrié sur nos ondes, nous aurions davantage de morts que les Brésiliens : 219 949 (contre 202 630) ! Et nous ne serions pas si éloignés que cela du Mexique : 128 135 décès (au lieu de 133 200). La comparaison ne reste nettement favorable à la France que par rapport au Royaume-Uni : à population égale, nous aurions à déplorer 62 957 décès, alors que la mortalité atteint 80 800 personnes pour notre voisin d'outre-Manche.

Et quand Jean Castex évoque l'Allemagne qui - il est vrai - a vu sa mortalité liée au Covid-19 plus que doubler entre le 5 décembre et le 8 janvier, il sait parfaitement, je n'en doute pas un seul instant, qu'avec le même nombre d'habitants nous aurions perdu 83 530 compatriotes depuis le début de la pandémie, quand notre voisin d'outre-Rhin n'a enregistré que 40 022 décès.

Pour des dirigeants politiques qui n'ont brillé ni dans l'anticipation, ni dans la gestion des masques ou des tests, et qui font maintenant étalage de leurs incroyables difficultés à gérer une campagne de vaccination - sur laquelle ils ont mis tous leurs pions, allant jusqu'à enlever aux médecins le traitement de la maladie, ce qui aurait pourtant permis d'éviter l'asphyxie du système hospitalier - il est évidemment tentant de dire que les autres font pire. Mais les chiffres sont éloquents et, même sans livrer par exemple ceux de la Corée du Sud, du Sénégal ou de la Suède qui ne sont pas non plus à notre honneur, ils sont têtus

La désinformation est en marche, et à belle allure !

Au cours de cette ode au vaccin, concélébrée par le Premier ministre et le ministre de la Santé, il est du reste apparu que les violons du pouvoir n'étaient pas parfaitement accordés. Il est surprenant que les observateurs ne l'aient pas relevé !

C'est d'abord M. Castex qui parle de "décembre, quand nous avions peu de recul". Puis, quelques instants seulement plus tard, c'est M. Véran qui affirme : "Le vaccin est sûr", et évoque le "recul dont nous disposons désormais". Ce qui tendrait à dire qu'en quelques jours, ou tout au plus quelques semaines, des doutes auraient été levés en ce qui concerne ce vaccin venu d'Amérique ...

Au terme de son intervention, le Premier ministre a confié ce que chacun avait deviné depuis bien longtemps : "La vaccination est devenue la priorité numéro 1 du gouvernement". Il a également laissé percer sa crainte d'un déferlement du variant britannique du Covid-19. Mais, à la fin des fins, et parce qu'on ne pourra pas indéfiniment et à n'importe quel prix, décider d'autres confinements, bloquer une partie de l'économie du pays, empêcher les Français de vivre et de circuler normalement, il va bien falloir que M. Castex s'informe sur l'existence de traitements de la maladie Covid-19.

La chose est d'ailleurs particulièrement aisée pour lui. Il suffit qu'il demande à M. Macron de quelle manière il a été soigné et guéri du coronavirus... 

 

Auteur(s): Alain Tranchant


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