Lettre d'un Français libre au Président Macron

Lettre d'un Français libre au Président Macron

Publié le 16/07/2021 à 10:53
© CHRISTIAN HARTMANN / POOL/AFP/Archives
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Auteur(s): Alain Tranchant, pour FranceSoir

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Monsieur le Président,

Le 12 juillet au soir, comme un grand nombre de nos compatriotes, je vous ai écouté avec attention. Puis-je vous le dire ? Au terme de votre allocution, j'ai ressenti une forme de sidération. Quoi ? Un président de la République doit s'adresser sur ce ton au peuple français ? En un mot, j'ai eu mal à ma France.
 
Alors, en ce 14 juillet qui ne sera certainement pas à marquer d'une pierre blanche dans le grand livre de notre Histoire, tant notre devise nationale est aujourd'hui en lambeaux, j'ai décidé de vous répondre. Comme tant d'autres, je pourrais être "doucettement infâme" et profiter tranquillement de la vie, autant qu'elle est possible en ces temps de pandémie. Mais quand la liberté est piétinée, quand l'égalité est bafouée, quand la fraternité est balayée, le devoir est tracé, et pour aussi longtemps qu'il le faudra. Il faut que des voix s'élèvent pour dénoncer la dérive de votre pouvoir et votre désinvolture envers nos institutions.
 
Commençons par ce dernier point. Au mois de décembre 2020, vous déclarez au peuple français qu'il sera appelé à approuver par référendum une révision de la Constitution destinée à garantir, à l'article 1 de notre loi fondamentale, "la préservation de la biodiversité, de l'environnement et la lutte contre le dérèglement climatique". Au cours de vos 27 minutes d'allocution, vous n'avez pas eu un mot, un seul mot, sur ce sujet. Comme s'il était normal qu'un chef d'Etat annonce le recours à cette procédure solennelle d'appel au peuple qu'est le référendum, puis y renonce sans mot dire.
 
Au plus fort de la crise de mai 1968, le 24 mai, le général de Gaulle avait décidé de donner la parole au peuple français et de lui demander un mandat pour la rénovation, par la voie du référendum. Le 30 mai, il en jugea autrement, en prononçant la dissolution de l'Assemblée nationale, suivie d'élections législatives les 23 et 30 juin. Mais, comme il l'avait envisagé, le référendum eut lieu ensuite, le 27 avril 1969, et à la réponse négative du peuple français, le général de Gaulle répondit immédiatement par l'annonce de sa démission. C'était cela "l'ancien monde". Le Président avait une parole et la tenait.
 
Après le référendum aux oubliettes, venons-en à vos propos sur la pandémie de Covid-19 et à vos annonces sur la vaccination obligatoire des soignants et le pass sanitaire requis pour l'accès à certains lieux. Et, là, il y a tant à dire, et à redire.
 
Le début de votre intervention ne laisse d'ailleurs présager en rien l'annonce de mesures attentatoires à la liberté. "Nous avons réussi à maîtriser l'épidémie et à revivre à nouveau", disiez-vous. Un moment d'autosatisfaction qui appelle tout de même quelques remarques. Parce que la réussite est, somme toute, très relative. Quand on rapporte la mortalité au million d'habitants -car il faut comparer ce qui est comparable- le nombre de décès liés au Covid-19 est supérieur en France de 17 % à celui de la Suède, qui n'a pas enfermé sa population, ni arrêté son économie, de 55 % à celui de notre voisin allemand. Si l'on se compare aux pays d'Afrique ou d'Asie, les chiffres sont saisissants : 6 fois plus de morts en France qu'au Maroc (soigné à la chloroquine), 20 fois plus qu'au Sénégal, 41 fois plus qu'en Corée du Sud, pour ne citer que ces Etats ! A l'heure du bilan, même provisoire, il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser.
 
Et voilà qu'en dépit de cette "maîtrise" de l'épidémie, vous évoquez tout à trac une "reprise forte de l'épidémie", un variant delta qui "s'engouffre dans tous les espaces non couverts par la vaccination", des "hospitalisations en hausse dès le mois d'août" (le temps n'est pas si éloigné où vous parliez de 400 000 morts ! Nous n'en sommes qu'à environ 114 000), "un atout maître, le vaccin". Et de manière péremptoire : "Tous les vaccins protègent solidement contre le variant delta". À ce point de votre intervention, vous concluez sur la nécessité d'"avoir confiance dans la raison et le progrès".
 
Alors, Monsieur le Président, on peut évidemment prendre votre discours pour argent comptant et courir au vaccinodrome. Mais, si on a quelque peu suivi le film depuis le départ, et si l'on a quelque mémoire, on mesure que le mensonge d'Etat a été érigé en méthode de gouvernement par votre pouvoir. Sans parler des masques et des tests, qui appartiennent presque à l'histoire ancienne, il y a quelques jours seulement votre ministre de la Santé affirmait avec force que les vaccins utilisés avaient tous passé l'ensemble des phases habituelles d'élaboration. Avant que le laboratoire Pfizer ne vienne infirmer ses dires et confirmer au journal Le Monde que ces vaccins étaient toujours en phase expérimentale. Comment vous croire après tant de libertés prises avec la vérité ?
 
La confiance est un élément-clé dans la direction d'un peuple. Et Angela Merkel vient de le rappeler dans une comparaison qui doit vous faire mal : "Je ne pense pas qu'on puisse gagner la confiance en changeant ce que nous avons dit, c'est-à-dire pas de vaccination obligatoire". Et c'est bien vous qui étiez catégorique le 27 décembre 2020, vos propos vous suivent : "Je l'ai dit, je le répète : le vaccin ne sera pas obligatoire". N'y a-t-il donc personne dans votre entourage, même si la décision vous revient, pour vous dire que c'est ainsi que l'on suscite la défiance, et bientôt la colère, sinon la révolte ?
 
Allons au fond des choses. Comment pouvez-vous affirmer -avec un aplomb sans pareil, et au contraire de ce que tous les micros et tous les écrans apprennent quotidiennement à leurs auditeurs et téléspectateurs- que "tous les vaccins protègent solidement contre le variant delta". Voyez-vous, Monsieur le Président, en la matière je fais davantage confiance au professeur Raoult qu'à vous-même. Regardez, s'il vous plait, sa dernière vidéo, et vous entendrez ceci : "Je ne sais pas jusqu'à quel point le vaccin protège, parce qu'il y a beaucoup de gens vaccinés qui font des infections, comme on le voit en Angleterre, comme on le voit en Israël". Dans une précédente vidéo, le professeur marseillais avait du reste fait la même observation à propos des patients doublement vaccinés qui arrivaient dans ses services, parce que le vaccin n'avait qu'un effet relatif sur le variant, comme il n'avait cessé de le prévoir et de le proclamer depuis le début de la pandémie. Ainsi, sur 570 personnes entièrement vaccinées arrivées à l'IHU, 7 se sont retrouvées en réanimation et 8 sont décédées.
 
De la même manière que pour le référendum "vert", et par le même manquement à la parole donnée au peuple français, vous avez donc décidé de rendre la vaccination obligatoire pour les soignants dans un premier temps, avant sans doute de la généraliser à l'ensemble de la population dans un second temps. A l'évidence, le monde des soignants est mieux informé de la réalité de ces produits de thérapie génique d'un genre nouveau que le reste de la population. Et s'il est compréhensible qu'après avoir dû faire face à la pandémie sans aucune protection, certains soignants y laissant même leur vie, le plus grand nombre ait choisi de se faire administrer cette injection, il n'en est pas moins respectable que d'autres soignants refusent une "vaccination" qui n'est pas sans danger.
 
Et c'est bien là que réside tout le problème. A aucun moment, dans votre allocution, vous n'avez évoqué les effets indésirables ou, pire, les décès entraînés par la vaccination. Et on ne se fait pas vacciner pour perdre la vie. A Nantes, par exemple, cet étudiant en médecine de 26 ans décédé sur l'autel de la vaccination. Et bien d'autres cas, ailleurs, dans un silence total. Est-ce que cela ne doit pas faire réfléchir ? Est-ce que, vous-même, vous n'avez pas le devoir de vous préoccuper de la santé du peuple que vous avez fait le choix de servir ?
 
Faut-il passer en pertes et profits les déclarations du professeur Mc Cullough : "La limite pour arrêter un programme de vaccination, c'est 20 à 25 décès et aujourd'hui, en mai, nous avons plus de 4 000 décès". Ou celles du professeur Raoult, encore lui, qui parle de ces vaccins comme d'"une nouveauté technologique avec des conséquences un peu imprévues, comme les troubles de la coagulation chez les femmes jeunes, parfois mortels, parfois avec des pertes de la vision avec l'Astra Zeneca". C'est toujours lui qui insiste : "Il a fallu plusieurs mois pour découvrir que les femmes faisaient des thromboses, et pendant ce temps on vaccinait, vaccinait. C'était imprévu, on n'avait jamais vu ça avec un vaccin. Il se passe des choses anormales avec ces vaccins, comme des myocardites avec le Pfizer". Et il conclut : "Ce sont des vaccins qui nous font partir à l'aventure".
 
Monsieur le Président, avez-vous le droit de continuer à emmener la population à l'aventure ? Avez-vous le droit d'imposer, dans la France de 2021, ce que la Chine communiste n'a osé faire : la vaccination pour tous, et cela au mépris de la parole que vous aviez donnée au peuple français ? Je ne comprends pas votre aveuglement. Et je le comprends d'autant moins qu'un laboratoire français, Sanofi, respectant, lui, le formalisme habituel de la conception et de la mise sur le marché d'un vaccin, annonce pour la fin de l'année l'arrivée d'un vaccin traditionnel à base de virus inactivé. C'est toujours Didier Raoult qui saluait cette "bonne nouvelle" ces jours derniers, et qui se réjouissait que "la France emprunte ce chemin", que l'on se retrouve ainsi "dans le vrai monde". Au passage, ne trouvez-vous pas facile pour les laboratoires étrangers de sauter des étapes pour prendre le marché mondial de la vaccination ? Est-ce cela, à vos yeux, la concurrence à armes égales ?
 
Monsieur le Président de la République, il y aurait tant à dire, encore et encore. Mais il me faut conclure. Le 2 février dernier, sur TF1, vous avez parlé de la possibilité de soigner les malades afin de leur éviter la forme grave de la Covid-19. Sur ce point aussi, votre silence a été impressionnant lundi 12 juillet. Vous pouvez faire comme si ... Comme si les traitements n'existaient pas, alors qu'ils ont démontré leur efficacité dans les pays pauvres où la mortalité est de très loin inférieure à la nôtre.
 
En demeurant silencieux sur le recours aux vieilles molécules, vous donnez implicitement raison au professeur Raoult, lorsqu'il déclarait au "Défi de la vérité" de FranceSoir : "Si l'Etat reconnaît ce qui finira par s'imposer -parce qu'il y a eu 200 études sur l'hydroxychloroquine (...), ça veut dire qu'il y a des milliers de gens qui sont morts pour rien, et que ça aura des conséquences judiciaires au plus haut niveau qui sont inarrêtables. Donc jamais personne ne reconnaîtra qu'il a fait une faute, pendant plusieurs mois, ce qui a entraîné la mort de milliers de personnes".
 
Il faut "rester unis, sereins et déterminés", avez-vous dit au terme de votre propos. Mais ce n'est pas en stigmatisant une partie de la population qui ne ferait pas preuve de "responsabilité individuelle, de sens de l'intérêt collectif" que l'on rassemble le peuple français. Je crains fort qu'en semant le vent, vous ne récoltiez la tempête. 
 
Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l'assurance de la considération que je porte à votre fonction.
 
Alain Tranchant

Auteur(s): Alain Tranchant, pour FranceSoir

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