Un "jeune plein de jus"... et de "fake news"

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Un "jeune plein de jus"... et de "fake news"

Publié le 19/01/2021 à 08:59
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Auteur(s): Le Collectif citoyen pour FranceSoir

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M. Thibault Fiolet a un double master en Santé et Alimentation (2016) et en Santé Publique (2017). Il est surtout et principalement très présent sur Twitter et un farouche opposant au Pr Raoult, quotidiennement.

Son parcours après son double master se résume à quatre stages avant d’entamer en octobre 2019 un doctorat sur « l’exposition de l’alimentation aux polluants organiques »

Ce parcours, tout légitime qu’il soit, n’est cependant pas a priori un gage de compétences quant à conduire une analyse médicale et statistique sur des traitements liés à n’importe quelle pathologie telle que COVID19 ou autre, ce dont M. Fiolet se croit pourtant investi.

Ainsi M. Fiolet fait partie de l’équipe « d’étudiants » qui a conduit à l’été 2020 une méta-analyse prétendant démontrer l’inefficacité de l’hydroxychloroquine.. Qui s’est faite « détruire » par la communauté internationale pour des biais qualifiés de volontaires.

Cette étude ne resterait qu’une « mauvaise blague de potaches » si M. Fiolet ne tentait de revenir sur le devant de la scène aujourd’hui en affirmant que le professeur Raoult aurait reconnu cette semaine que l’hydroxychloroquine ne marchait pas en évoquant que l’étude initiale de l’équipe Raoult (42 patients ) ne démontrait pas de bénéfice en termes de mortalité et de passage en réanimation.

Que M. Fiolet manque encore de maturité, de crédibilité et de compétences, son jeune âge et son inexpérience complète sur le sujet peut l’expliquer. Par contre ses manques de sens critique, de solidité scientifique élémentaire et donc d’honnêteté sont sans doute aucun mis en évidence.

Reprenons les termes de l’étude de mars de l’équipe que M. Fiolet évoque

« Résultat : Le critère d’évaluation principal était la diminution de la charge virale au 6ième jour après l’inclusion. Les second critères étaient la diminution de la charge virale pendant la période d’étude, le suivi clinique (température corporelle, taux respiratoire, durée du séjour à l’hôpital et la mortalité), et l’apparition d’effets secondaires »

« Conclusion : Malgré sa petite taille d’échantillon, notre « enquête » montre que le traitement à l’hydroxychloroquine est significativement associé à la réduction/disparition de la charge virale chez les patients atteints de COVID-19 et que son effet est renforcé par l’azithromycine »

A l’évidence le critère principal de l’étude était la charge virale au bout d’une période donnée. En deuxième lieu, l’équipe Raoult n’emploie que le mot « survey » et non « study » et reconnait que l’échantillon est très petit.

La modestie est du côté de l’équipe Raoult et UHU Marseille, visiblement pas de celui de M. Fiolet.

Contrairement à ce que dit M. Fiolet, qui à l’évidence manque encore beaucoup de rigueur scientifique, cette publication donne très bien la mortalité des 2 groupes sur la période pour les patients retenus de l’étude , à savoir zéro décès dans les 2 groupes. Ces données, qui justifient ô combien le grand nombre de citations du Pr Raoult, a été conduite sur une période très courte devant l’urgence sanitaire à l’époque ; serait-ce pendant que M. Fiolet « twittait » ?  

En sus, l’étude ne prétend pas avoir d’autres conclusions quant aux autres variables de « suivi clinique ».

Pour continuer, Fiolet manque pour le moins de clairvoyance dans l’utilisation des méthodes statistiques car l’échantillon est de petite taille : Lors de l’étude, l’hypothèse est que le taux de mortalité de cette maladie est excessivement faible, mais il n’y a pas de certitudes, pas plus que la cause du décès peut-être imputable à 100% à la maladie (Mort du Covid ou avec le Covid). Ce qui veut dire que sur les 42 premiers patients, avec un taux de mortalité à 0,5% on devrait avoir 42*0,5% = 0,21 décès.  Si pour les 41 premiers malades il n’y a aucun décès on ne peut pas conclure que le taux de mortalité est 0%.  Car si le 42ième patient décède, cela viendra affecter le taux de mortalité de 1/42 = 2,4%. Donc on ne peut pas conclure sur la mortalité avec un tel échantillon et une maladie faiblement mortelle. Une autre manière de regarder les choses est sur le même échantillon sur les 10 premiers patients si le 10ieme patient décédés, on ne peut pas en tirer comme conclusion que le taux de mortalité est de 1/10. Il faut un échantillon plus grand.

Par contre pour une maladie infectieuse, dont on ne connait que faiblement les conséquences, à l’IHU, mesurer la charge virale  était un exercice normal de la médecine et de la recherche en ayant les outils pour mesurer la charge virale. C’est ce que cette publication à voulu démontrer.  Mesurer le taux de mortalité sur 42 patients aurait entrainé une erreur de mesure alors que mesurer la charge virale donnait un résultat statistiquement significatif avec un échantillon de petite taille. 

 

Ce que l’équipe IHU Marseille n’a pu et eu le temps de démontrer en mars 2020, aujourd’hui de nombreuses études (+169) dans beaucoup de pays montrent effectivement au-delà de la charge virale, un effet atteignant 50% sur la mortalité finale.

M. Fiolet « interprète » avec comme seul but apparent une énième attaque personnelle gratuite, dans la récente publication de l’équipe Raoult 2021, la phrase qu’il n’y ait pas eu « de différence significative en décès et besoin en oxygénation » comme un « aveu de l’inefficacité de l’hydroxychloroquine (HCQ) et de l’azithromycine (AZM) »

Ce syllogisme d’amateur ne serait rien si M. Fiolet «n’ignorait » totalement et de manière irresponsable et coupable les patients Covid-19.

Il devrait peut-être bénéficier de quelques cours sur Covid-19 et regarder la réalité scientifique, ce sont tous les experts internationaux qui le disent ci-dessous :

Si l’étude de IHU Marseille a été une des plus citées dans le monde en 2020, c’est justement que la charge virale est un critère-clé de la contamination et encore plus de la mortalité de Covid-19.

Plus la charge virale est détectée tôt, plus vous l’éliminez tôt et plus vous diminuez drastiquement la mortalité.

 

Encore en début 2020 , fallait-il savoir tester et vouloir soigner.

Qu’en mars 2020 en pleine crise pandémique, l’équipe Raoult se soit « contentée » (en parallèle de tester et soigner) de vérifier que HCQ+AZM jouait bien son rôle d’antiviral précoce contre Sars-2 est tout à leur honneur.

Rappelons qu’à cette époque certains ténors de l’infectiologie tenaient absolument à démontrer que le remdesivir était efficace en phase précoce, puis en phase sévère (selon les jours).

Enfin, rappelons qu’une étude de Glaxo US-UK, un grand labo, et une équipe américaine (Université du Minnesota) , qui ne « twittent pas mais travaillent », confirmaient par « une vraie étude scientifique » le potentiel de la bithérapie HCQ + ATM l’effet important et précoce sur la charge virale.

A défaut d’être compétent et sérieux, Monsieur Fiolet, soyez honnête.

Vous engagez votre responsabilité envers les malades, que vous n'avez jamais vu ou soigné, en clamant sans preuves que HCQ est inefficace, qui plus est en vous rendant coupable de ce que vous reprochiez exactement à l’équipe IHU Marseille qui, avec le temps, ont vu leur « small march survey » être confirmée par la communauté scientifique internationale.

Auteur(s): Le Collectif citoyen pour FranceSoir

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