COVID-19 : Petits procès entre amis

Auteur(s)
Le Collectif Citoyen pour FranceSoir
Publié le 10 juillet 2020 - 12:31
Image
Conseil d'état
Crédits
Pixabay
Petits procès entre amis
Pixabay

A l’heure où les citoyens demandent des comptes à l’État devant la Justice, le fait que celle-ci soit rendue par des humains est exploité par le gouvernement mis à mal. Le travers n’est pas nouveau.

En France, un jour, on peut être juge au Conseil d’État et le lendemain conseiller d’un ministre et plaider sa cause devant ses anciens subordonnés.

 

La crise sanitaire nous donne une belle illustration dans un référé-suspension lancé par un collectif de citoyens, médecins et d’associations contre les actes réglementaires pris par le Gouvernement pour empêcher les médecins de prescrire l’hydroxychloroquine, l’azithromycine et plus généralement les anti-viraux aux patients atteints de la COVID-19.

 

Le recours a été déposé le 19 juin 2020, le Premier ministre a transmis ses observations le 3 juillet 2020 aux termes d'une lettre signée par le Directeur des affaires juridiques[1], M. Charles Touboul, dont la carrière au Conseil d’État est exemplaire. Il en a occupé les postes les plus éminents (rapporteur général adjoint, rapporteur public et porte-parole du Conseil d’État) entre 2012 et 2019[2]. Ce CV ronflant lui a valu la promotion de directeur juridique au ministère des Affaires sociales en août 2019[3].

 

Il nous semble un rien gênant que le Premier ministre soit représenté devant le Conseil d’État par M. Touboul, qui n’était autre, il y a encore quelques mois, que le porte-parole, le supérieur et le collègue des juges qui vont être amenés à se prononcer sur le bien-fondé de cette demande de suspension de l’interdiction de prescription de ces vieux médicaments devenus polémiques.

Si on osait, on parlerait d’une autre forme de conflits d’intérêts.

 

[1] https://www.leguevaques.com/attachment/1976076/

[2] https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/charles-touboul-nouveau-porte-parole-du-conseil-d-etat

[3] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038940473&categorieLien=id

 

À LIRE AUSSI

Image
Gilead - dissimule
L'entreprise Gilead aurait-elle dissimulé la vraie toxicité du Veklury© (remdesivir) ?
Les médias se sont focalisés sur le débat binaire scénarisé autour de l’usage de l'hydroxychloroquine. Entretemps, le Veklury© (remdesivir) a été plébiscité pour deven...
08 juillet 2020 - 14:42
Société
Image
Et pour quelques milliards de plus
"Remdesivir pour quelques dollars de plus" de Gilead avec l'Agence Européenne du Medicament ?
L’Agence Européenne du Médicament (EMA) sur fond de négligence a approuvé le remdesivir comme traitement pour la Covid-19. Une décision potentiellement à plusieurs mi...
07 juillet 2020 - 21:48
Société

L'article vous a plu ? Il a mobilisé notre rédaction qui ne vit que de vos dons.
L'information a un coût, d'autant plus que la concurrence des rédactions subventionnées impose un surcroît de rigueur et de professionnalisme.

Avec votre soutien, France-Soir continuera à proposer ses articles gratuitement  car nous pensons que tout le monde doit avoir accès à une information libre et indépendante pour se forger sa propre opinion.

Vous êtes la condition sine qua non à notre existence, soutenez-nous pour que France-Soir demeure le média français qui fait s’exprimer les plus légitimes.

Si vous le pouvez, soutenez-nous mensuellement, à partir de seulement 1€. Votre impact en faveur d’une presse libre n’en sera que plus fort. Merci.

Je fais un don à France-Soir

Dessin de la semaine

Portrait craché

Image
Castex
Jean Castex, espèce de “couteau suisse” déconfiné, dont l'accent a pu prêter à la bonhomie
PORTRAIT CRACHE - Longtemps dans l’ombre, à l’Elysée et à Matignon, Jean Castex est apparu comme tout droit venu de son Gers natal, à la façon d’un diable sorti de sa ...
13 avril 2024 - 15:36
Politique
Soutenez l'indépendance de FS

Faites un don

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription à la Newsletter hebdomadaire de France-Soir est confirmée.

La newsletter France-Soir

En vous inscrivant, vous autorisez France-Soir à vous contacter par e-mail.