Emmanuel Macron sur le travail du dimanche: "il y aura des compensations"

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AZ
Publié le 11 décembre 2014 - 10:01
Mis à jour le 12 décembre 2014 - 09:26
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Emmanuel Macron, au micro de RTL, jeudi 11 décembre.
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©Capture d'écran RTL
Emmanuel Macron était au micro de RTL, jeudi 11.
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Emmanuel Macron était l'invité de RTL ce jeudi matin. Au lendemain de la présentation de la loi sur la croissance et l'activité, le ministre de l'Economie est revenu sur les grandes lignes de ce dossier épineux et a rappelé que sa loi "n'oblige pas à travailler le dimanche".

Orientation de la loi Macron

"C'est une loi de gauche parce que c'est une loi de progrès qui redonne des droits, des accès. Je ne veux pas la réduire au travail le dimanche. C'est un point parmi des dizaines d'autres. Cette loi, ce sont beaucoup de réformes très concrètes".

"C'est une loi de gauche parce qu'elle redonne des accès, l'égalité des droits. Elle permet justement de donner plus de droits, plus de liberté. Et la liberté est une valeur de gauche. Il ne faut pas avoir peur de la liberté".

"Le droit protège le plus faible. Il faut conserver les bonnes protections mais il y a beaucoup de règles qui sont devenus des règles formelles, qui empêchent. Donc aujourd'hui, redonner de l'égalité d'accès est important".

 

L'ouverture dominicale

"30% des Français et des Françaises travaillent de manière régulière ou occasionnelle le dimanche. On nous dit que les gens ne consomment pas le dimanche. Pourtant, près du quart du chiffre d'affaires d'Amazon est fait le dimanche".

"Là où je récuse cette idée, c'est que dans le pays où nous vivons, il y a 600 zones touristiques où les Français travaillent le dimanche et où la loi ne prévoit aujourd'hui aucune règle de compensation".

"Il est prévu que partout il y aura des compensations. Ces dernières doivent être prévues par un accord de branche, d'entreprises ou de territoire. Sans accord, il ne doit pas y avoir d'ouvertures".

 

Montant de la compensation

"Nous avons parfois commis l'erreur dans le passé de penser qu'on pouvait tout prévoir par la loi. Je pense que la loi doit poser un principe et ensuite, quand on croit au dialogue social, il faut y croire jusqu'au bout. Le dialogue social doit permettre à l'ouverture de se faire. Et c'est au niveau de la branche ou au niveau du territoire et de l'entreprise que les règles peuvent être définies intelligemment".

"Les Français sont plus intelligents pour savoir ce qui est bon dans leur quotidien et quelle est la bonne compensation équilibrée pour définir la bonne compensation. Il y aura sans doute des branches qui prévoiront de payer double. Dans d'autres zones, on paiera 30 ou 40% de plus. Il ne faut pas que la loi purge tous les sujets".

"Quand on présente un texte de loi, on y croit. Il doit y avoir un débat de fond sur tous les sujets".

 

Attaque de Martine Aubry sur le travail le dimanche

"La loi donne une liberté au maire d'ouvrir jusqu'à 12 dimanches. J'ai beaucoup de respect pour Martine Aubry. Si elle veut qu'on en parle, je suis à sa disposition. Il ne faut pas de polémiques inutiles sur le sujet".

"Il faut être conscient du pays dans lequel on vit et de la réalité des chiffres. Cette loi n'oblige pas les gens à aller au supermarché".

"Les jeunes Français n'ont pas tous la chance, le dimanche, de déjeuner en famille, de pouvoir faire une sortie culturelle ou une balade au parc. Il y a beaucoup de Français qui aimeraient travailler le dimanche pour précisément pouvoir se payer le cinéma. Il ne faut pas réduire la société à un seul modèle".

"J'étais devant le groupe socialiste il y a deux jours. Il y a 90% de la salle qui est resté jusqu'au bout. Nous avons eu un vrai débat et un vrai travail sur le texte. Je sais qu'ils partagent le même constat que moi sur la situation d'urgence du pays". 

 

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