Insécurité: 3 morts par armes blanche à Angers, un "ensauvagement" de la société dénoncé

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FranceSoir avec AFP
Publié le 17 juillet 2022 - 14:20
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Les trois jeunes hommes tués sont âgés de 16 ans, 18 ans et 20 ans.
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Un suspect a été placé en garde à vue samedi après la mort à coups de couteau de trois jeunes hommes, dont un mineur de 16 ans, dans la nuit de vendredi à samedi, au cours d'une rixe dans le centre-ville d'Angers. La classe politique à droite dénonce "l'ensauvagement "de la société.

Âgé de 32 ans, le suspect a été interpellé dans la nuit, selon le parquet.

Les trois jeunes hommes tués sont âgés de 16 ans, 18 ans et 20 ans, a précisé à l'AFP le procureur d'Angers Éric Bouillard.

La rixe, qui a eu lieu en trois temps, aurait éclaté vers 1h du matin dans le centre-ville d'Angers pour se terminer peu avant 3h sur l'esplanade Cœur de Maine, près du château d'Angers.

"La police est intervenue une première fois vers 1h du matin" suite à un appel pour des jeunes filles importunées par le suspect. "Mais quand la police est arrivée, l'homme était parti et c'était calme", a indiqué à l'AFP samedi en fin d'après-midi M. Bouillard.

Un peu plus tard, "il revient à nouveau et il est éconduit assez fermement par des membres du groupe (...) Il revient une troisième fois" vers le groupe, cette fois avec un couteau, a poursuivi le magistrat, selon lequel "on ne sait pas" si les trois jeunes gens tués sont ceux qui l'avaient évincé précédemment. "L'altercation n'est pas liée à un tapage", comme évoqué dans un premier temps, a affirmé le procureur.

Appelés à 2h50 dans le secteur "Cœur de Maine", les policiers ont découvert "une foule importante et parfois agressive, avec des jets de projectiles sur les services intervenants", avait fait savoir dans la matinée M. Bouillard dans un communiqué.

"Victime chacune d’un coup de couteau au thorax", les trois victimes étaient "en arrêt cardiorespiratoire" à l'arrivée des secours qui n'ont pu les réanimer, selon le magistrat.

"La personne désignée comme étant l’auteur des coups de couteau" a d'abord été interpellée "par des personnes présentes" sur les lieux, subissant "alors des violences avant d’être prise en charge par la police municipale puis les secours", selon le procureur.

Hospitalisé, le suspect a été placé en garde à vue mais n’était pas en état de s'exprimer samedi matin. Le procureur a précisé samedi soir que le suspect "n'était pas gravement blessé", sans être en mesure de préciser s'il avait pu être entendu dans la journée.

"Effroi et tristesse"

L’enquête a été confiée aux policiers de la sûreté départementale d’Angers.

Selon Ouest-France, deux des trois jeunes décédés avaient joué, depuis leurs 6-7 ans et jusqu'à il y a un an, au rugby au sein du SCO Rugby d'Angers. Même après leur départ, "on les voyait souvent le samedi, ils venaient voir les matchs", a déclaré au quotidien le président du club, Jean-Benoît Portier.

Comme beaucoup de membres du SCO Rugby, les deux rugbymen, selon le quotidien, étaient originaires de Wallis-et-Futuna, collectivité française d'outre-mer située dans le Pacifique-sud.

Quant au suspect, selon France Info, il est originaire du Soudan et réside en France en situation régulière après avoir obtenu le statut de réfugié politique.

Interrogé par l'AFP, le procureur n'a pas confirmé ces informations relatives aux nationalités des protagonistes.

Une cellule psychologique avait été mise en place. Le CHU d'Angers a annoncé en fin de journée sur Twitter que 23 personnes y ont été accueillies dans la journée.

"Effroi et tristesse après la rixe survenue à #Angers. Mes pensées sont tournées vers les familles des victimes", avait réagi sur Twitter l'ancien maire (Horizons) d'Angers, Christophe Béchu, devenu début juillet ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires dans le nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne.

Après l'attaque au couteau d'Angers, la droite tire la sonnette d'alarme

Après la mort à coups de couteau des trois jeunes hommes, une partie de la classe politique a fait part de son émotion. La droite appelle le gouvernement à réagir à ce qu'elle juge une forme d'"ensauvagement". 

"Des familles brisées. Des pères et des mères de famille qui ne reverront plus leur enfant. Ce qui s’est passé hier à Angers est un drame et j’ai une pensée émue pour les proches des victimes. Jusqu’à quand allons-nous laisser notre jeunesse se faire tuer ?", a ainsi tweeté la patronne des députés Rassemblement national (RN) Marine Le Pen.

Pour le président du RN Jordan Bardella, "plus une seule ville en France n’est épargnée". "Partout le vivre-en-paix est menacé sous le double effet d’une immigration hors de contrôle et d’une politique pénale incitant au chaos. L’ensauvagement peut être combattu", a-t-il réagi au drame, appelant à ne jamais s'habituer à l’inacceptable.

Du côté du parti fondé par Eric Zemmour, Reconquête !, Marion Maréchal a mis en parallèle cette attaque avec d'autres événements récents : "Angers, Metz, Amiens, Loriol-sur-Drôme : 4 attaques au couteau et 5 morts en 48h."

"Les attaques au couteau se multiplient cet été. Un regard, une musique qui ne convient pas, une cigarette - pour tout, pour rien, des Français sont tués. Combien de familles endeuillées faudra-t-il encore pour que le gouvernement réagisse !?", s'est pour sa part interrogé l'eurodéputé de Reconquête ! Nicolas Bay.

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