Le discours d'Emmanuel Macron au Parlement européen, chahuté et vivement critiqué

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FranceSoir
Publié le 19 janvier 2022 - 20:36
Mis à jour le 20 janvier 2022 - 15:05
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Emmanuel Macron au Parlement européen
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GONZALO FUENTES / POOL / AFP
Emmanuel Macron au Parlement européen, le 19 janvier 2022.
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Depuis le 1er janvier 2022, la France a pris la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, et ce pour une durée de six mois. Aujourd'hui, Emmanuel Macron s'est rendu à Strasbourg pour y prononcer son discours d'inauguration, devant les eurodéputés. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a fait forte impression.

Le président français hué dès son arrivée

« Climat, climat, Macron coupable ! », criaient des militants écologistes tandis qu'Emmanuel Macron marchait aux côtés de Roberta Metsola, la nouvelle présidente du Parlement.

Yannick Jadot, candidat EELV, s'est montré offensif, décernant à Emmanuel Macron le titre de « président de l’inaction climatique ». « Il ne suffit pas de se proclamer pro-européen pour servir l’Europe », ajoutait-il à son encontre. Quelques minutes plus tard, le président français assurait dans son discours, qu'il fallait « passer des intentions aux actes ». À seulement trois mois de l'élection présidentielle, c'est ambitieux.

Un discours remarqué...

Emmanuel Macron a eu trente minutes pour présenter sa vision de l'Europe à son auditoire. Ce qu'il a dit en quelques mots :

« Démocratie » : doter le Parlement européen d’un droit d’initiative législative ;
Climat : légiférer contre la déforestation importée / appliquer une taxe carbone aux frontières ;
Emploi : réduire les inégalités entre femmes et hommes / garantir un salaire minimum / investir dans le numérique ;
Sécurité : réformer l'espace Schengen / élaborer une « force d’intervention rapide » pour protéger les frontières extérieures / créer un « nouvel ordre de sécurité » en Europe avec l’Otan, pour contrer la Russie ;
Relations internationales : sommet UE-Afrique en février / se montrer « ferme » avec le Royaume-Uni.

« Nos générations ont à refonder notre Europe. Nous avons à nous donner les moyens de faire de l’Europe une puissance d’avenir, d’équilibre. », finissait-il par déclarer.

...et critiqué

Les critiques sont allées bon train après le discours. Jordan Bardella, député européen et président du Rassemblement national, s'est fendu d'un message clair qu'il a partagé sur les réseaux : « Monsieur Macron, votre Europe est devenue l’arrière-cour de Washington, la proie de Pékin, le paillasson d’Erdogan et l’hôtel de l’Afrique. De votre mandat, il ne restera que le cynisme et le mépris : pour la France comme pour l'Europe, il est vital qu'il reste unique. »

De leur côté, les eurodéputés Manuel Bompard et Manon Aubry, tous deux de La France insoumise, se sont illustrés par des prises de paroles aussi courtes que percutantes :

François-Xavier Bellamy, député européen pour le Parti populaire, lui aussi, s'est adressé directement au président français sans passer par quatre chemins, mettant en exergue plusieurs contradictions : « Votre "en même temps" n'est qu'un artifice rhétorique pour dissimuler des incohérences calculées. » Et d'ajouter : « La contradiction entre les ambitions ou les prétentions de l'Europe, et sa réalité, est devenue un fait politique majeur. Cette contradiction vous l'incarnez aujourd'hui. Et nous, nous devons la résoudre. » Pour enfin s'adresser à l'auditoire : « Nous avons le devoir, ensemble, de préparer la relève à laquelle vous avez droit. »

Tout le monde n'est pas resté jusqu'à la fin

Quelque temps après, alors qu'il était censé répondre aux questions des eurodéputés lors d'une conférence de presse, Emmanuel Macron a préféré poursuivre les déclarations, refusant les questions. La réaction des journalistes présents sur place ne s'est pas fait attendre : ils ont quitté la salle.

Le président français comptait capitaliser sur ce semestre de présidence, en vue de sa probable candidature à sa réélection : cette prestation décriée illustre ses positions et postures, et les vives critiques qu'elles suscitent. Gardera-t-il cet horizon pour l'élection, ou descendra-t-il dans l'arène française pour sa campagne présidentielle ?

Voir aussi : Présidentielle: Macron défend l'État de droit européen, l'opposition l'étrille (AFP)

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