"Loi Covid": l'Assemblée nationale adopte le texte sans passe sanitaire

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FranceSoir
Publié le 13 juillet 2022 - 11:15
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Mathilde Panot à l'Assemblée nationale, le 11 juillet 2022
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Alain JOCARD / AFP
Mathilde Panot, présidente de LFI, donne un discours à l'Assemblée nationale le 11 juillet 2022, lors des débats sur le projet de "loi Covid".
Alain JOCARD / AFP

Dans la nuit du 12 au 13 juillet, l'Assemblée nationale a adopté le projet de "loi Covid" (221 pour, 187 contre), après l'avoir amputé de moitié. L'article 2 du texte, qui prévoyait la possibilité de réinstaurer le passe sanitaire aux frontières, a été supprimé dans son intégralité. Une petite victoire pour la nouvelle opposition, une grande défaite pour le gouvernement.

Lire aussi : 13e projet de "loi Covid": le gouvernement maintient le cap en vent contraire

Pas de passe sanitaire aux frontières

Le texte se résumait en deux points : d'abord, la prolongation des systèmes SI-DEP et ContactCovid pour le traçage des contaminations ainsi que la collecte d'informations médicales, puis le discret maintien du passe au bon vouloir du Premier ministre. Les députés de l'opposition ont rapidement donné de la voix, et sont allés jusqu'à supprimer entièrement l'article 2. Celui-ci a été rejeté à 219 voix contre, 195 pour.

Sur les réseaux sociaux, la France insoumise (principal moteur de l'opposition) et le Rassemblement national — les Républicains parfois — sont acclamés :

Et pendant que l'opposition exulte, le gouvernement enrage :

Ce que l'éditorialiste Matthieu Croissandeau nomme "une Lalanisation des esprits" en assurant que "tous les anti-vax et anti-passes étaient aux anges", d'autres l'appelle "démocratie".

Les deux chambres vont-elles s'accorder ?

La prochaine étape, c'est le Sénat. Si Élisabeth Borne appelle à un "esprit de responsabilité", notons qu'un groupe de sept sénateurs a d'ores et déjà signé une tribune pour appeler à la suppression pure et simple du texte dans son ensemble.

Lire aussi : Une tribune de sénateurs appelle à la suppression du projet de "loi Covid"

Au cours de ces deux dernières années, la chambre haute a par ailleurs fait montre d'une opposition plus franche — bien que mesurée — aux mesures sanitaires, que ce soit pour des raisons de protection de la vie privée ou d'atteintes aux libertés individuelles. En février dernier, un rapport allait jusqu'à évoquer un passe vaccinal "gadget". Deux mois plus tard, les élus étaient à l'écoute des victimes d'effets secondaires de la vaccination.

Enfin, rappelons que le 8 juillet dernier, Le Figaro titrait "Recrudescence des contaminations : faut-il avoir encore peur du Covid ?" et soulevait un à un les sujets anciennement réservés aux "complotistes". Il se pourrait bien qu'aujourd'hui, "l'esprit de responsabilité" que la Première ministre appelle de ses vœux ait changé de côté.

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