Primaire de la droite : comment Fillon et Juppé essaient de se différencier sur la question fiscale

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DD.
Publié le 22 novembre 2016 - 17:49
Mis à jour le 24 novembre 2016 - 16:42
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Des pièces sur un avis d'imposition.
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©Joel Saget/AFP
La fiscalité reste une question sensible pour l'électorat de droite.
©Joel Saget/AFP
Les deux finalistes de la primaire de la droite rivalisent de propositions sur le thème de la fiscalité, chère à la droite. Malgré une tendance évidente à la modération côté prélèvements, quelques différences existent. Quel impact sur la vie quotidienne des Français? Décorticage.

Le sujet est l’une des préoccupations principales dans l’électorat de droite, si ce n’est le sujet principal: la fiscalité. Et le second tour de la primaire de la droite qui se déroulera le 27 novembre pourrait se jouer en partie sur ce thème où les deux candidats affichent chacun des positions différentes... du moins en partie.

Et François Fillon, de prime abord, est sur une posture qui peut étonner à droite: il assume clairement une hausse d’impôt (ou du moins un refus de baisse) sur le court terme. Il envisage en effet une hausse de la TVA de 2 points (de 20% à 22%, et de 10% à 12% pour le taux dit "intermédiaire"). Pour lui, la baisse de l’impôt sur le revenu, payé par les ménages, n’est pas "une priorité absolue". Le candidat arrivé en tête dimanche 20 est par contre beaucoup plus conciliant sur les revenus du capital et du patrimoine. Il propose en effet une "flat tax" –une imposition à taux fixe et non par tranche– quel que soit le niveau de revenus. Et côté patrimonial, il propose ni plus ni moins que de supprimer l’ISF.

François Fillon propose donc un environnement fiscal assez conciliant, non pas à ceux qui touchent des salaires confortables, mais aux hauts patrimoines et à ceux qui génèrent des revenus du capital. Une approche qui pourrait être vue comme favorisant les classes les plus aisées au détriment des classes moyennes supérieures.

Une faille dans laquelle ne manquera pas de s’engouffrer Alain Juppé dont le leitmotiv côté fiscal est d’alléger l'imposition des ménages sur les revenus du travail. Il avance le chiffre de"deux milliards d’euros" d’allègement. Le maire de Bordeaux est cependant moins force de proposition sur une politique fiscale qui serait accomodante sur les revenus du capital. Il annonce par contre, lui aussi, une suppression de l’ISF pour 2018. Il pourrait par contre "ajuster" (comprenez "augmenter") la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, actuellement à 45%, pour la partie au-delà de 152.108 euros.

Certaines différences entre les candidats, sur lesquels ils reviennent d’ailleurs fréquemment dans les débats, représentent pourtant des différences assez minimes. Si François Fillon ne cible pas spécialiement les ménages aux revenus moyens, il souhaite cependant faire un geste pour les familles en annonçant que le plafond du quotient familial –la somme que l’on peut déduire son imposition avec la venue d’un enfant– sera augmenté à 3.000 euros (contre 1.500 actuellement actuellement). C’est à peine plus que les 2.500 promis par Alain Juppé. Qui, de son côté, concentre une partie de ses critiques sur la hausse de 2 points de la TVA voulu par François Fillon… alors qu’il veut lui-même instaurer une hausse de 1 point…

 

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