Sciences Po : l'Etat "ne coupera pas" sa subvention, dit la ministre Retailleau

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AFP
Publié le 30 avril 2024 - 12:38
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De Rosa / AFP
Un manifestant agite un drapeau palestinien lors d'un sit-in devant des policiers antiémeutes français près de l'entrée d'un bâtiment de l'Institut d'Études Politiques (Sciences Po Paris) occupé par des étudiants, à Paris le 26 avril 2024
De Rosa / AFP

L'Etat "ne coupera pas sa subvention" à Sciences Po Paris, a déclaré mardi la ministre de l'Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, au lendemain de l'annonce de la "suspension" des financements de la région Ile-de-France. 

"On a un contrat d'objectifs et de moyens de performance en cours de discussion, on a un levier pour discuter avec Sciences Po", mais "l'Etat ne coupera pas la subvention à Sciences Po", a dit la ministre sur France 2, évaluant le financement de l'Etat pour Sciences Po Paris à 75 millions d'euros. 

Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, avait annoncé lundi soir la "suspension" des financements de la région (soit un million d'euros) à cet établissement, après les blocages et mobilisations, émaillées parfois de tensions, au sein de Sciences Po ces derniers jours, en soutien aux Palestiniens. 

L'administrateur provisoire de Sciences Po, Jean Bassères, dit "regretter" cette annonce de Valérie Pécresse, dans un entretien au Monde publié mardi. 

"La région Ile-de-France est un partenaire essentiel de Sciences Po, et je souhaite maintenir un dialogue sur la position exprimée par Mme Pécresse", ajoute-t-il. 

Interrogée sur la suspension de procédures disciplinaires annoncées vendredi par la direction à l'encontre d'étudiants mobilisés dans ces actions, la ministre de l'Enseignement supérieur a répété qu'elle ne concernait qu'une seule sanction, "liée à l'envahissement de l'escalier menant (aux bureaux de) la direction". 

Il n'y a eu alors "aucun propos antisémite" et "aucune violence" n'a été commise, a-t-elle ajouté. "Il ne sera jamais question qu'une sanction liée à des propos antisémites soit levée", a précisé Sylvie Retailleau. 

Et "il n'y aura aucune suspension de collaboration avec des universités en Israël", a-t-elle encore dit, évoquant une des demandes des militants. 

Jean Bassères indique également au Monde qu'il "n'envisage pas de renoncer" aux partenariats académiques de Sciences Po avec les universités israéliennes, et se dit "prêt à expliquer (s)a position". 

"Je constate que quand j’échange avec nos universitaires, ils disent à quel point ces partenariats sont importants et qu’il serait dommageable de les arrêter", poursuit-il. 

Revenant par ailleurs sur l'accord annoncé vendredi par la direction de Sciences Po avec les étudiants mobilisés pour la cause palestinienne, Jean Bassères dit avoir choisi la "voie étroite" du "compromis". 

Interrogé sur l'ingérence du gouvernement dans la vie de Sciences Po, l'administrateur provisoire assure n'avoir "senti aucune ingérence des pouvoirs publics à (s)on égard ou à l’égard de l’institution". 

"J'ai des relations régulières et confiantes avec la ministre de l’enseignement supérieur", dit-il. 

 

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