Mohammed ben Salmane visite l'Europe, une première depuis l’affaire Khashoggi

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FranceSoir
Publié le 27 juillet 2022 - 18:10
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MBS et se sont entretenus le 26 juillet
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Yorgos Karahalis / AFP
Mohammed ben Salmane, le prince héritier de l'Arabie saoudite, est reconnu coupable par la CIA et la justice turque comme le commanditaire direct de l'assassinat de Jamal Khashoggi en 2018.
Yorgos Karahalis / AFP

C’est en Grèce que son périple débute. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) n’avait pas mis les pieds en Europe depuis 2018, après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, duquel il a été reconnu coupable par la CIA et la justice turque. S'il effectue une première escapade diplomatique le 26 juillet à Athènes, il se rendra ensuite en France pour y rencontrer Emmanuel Macron. Ce voyage marque-t-il la fin d’un isolement international ?

Un câble énergétique pour relier l’Arabie Saoudite à la Grèce

Après la visite de Joe Biden dans la ville saoudienne de Jeddah, c’est au tour de Mohammed ben Salmane de voyager ; cette fois, il rencontrera les dirigeants grec et français "pour discuter des relations bilatérales et des moyens de les améliorer dans divers domaines", comme le rapporte un communiqué de la cour royale.

Ce mardi 26 juillet, le chef saoudien s’est entretenu avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à Athènes. Au cours de la discussion, les deux dirigeants ont souhaité débattre d’une série de projets bilatéraux, dont l'installation d’un câble électrique reliant l'Arabie saoudite à la Grèce. D’après les propos de MBS, celui-ci permettrait de fournir "une énergie beaucoup moins chère" à l'Europe.

De son côté, le ministère grec des Affaires étrangères a exprimé sa volonté de conclure des accords sur le transport maritime, l'énergie et les technologies de défense ; ceux-ci doivent être signés ce mercredi 27 juillet. À ce sujet, le dirigeant grec a signalé : "Nous allons signer des accords importants et nous aurons l'occasion de discuter plus avant des développements régionaux".

En somme, des préoccupations prégnantes en temps de guerre, et de crise énergétique.

Voir aussi : Gaz russe: l'Europe prépare les esprits à une "économie de guerre"

Un retour marqué par la crise énergétique ?

Le "check" entre Joe Biden et MBS avait déjà été commenté sur les réseaux sociaux. Si la relation qui unit Washington à Ryad s’est parfois distendue, notamment lorsque les services de renseignement américains ont pointé du doigt la responsabilité du prince saoudien dans la mort de Khashoggi en 2018, celle-ci semble s’améliorer.

Voir aussi : Un dépeceur de journaliste pour sauver l’Occident de ses menaces existentielles

Après l’ostracisation du prince héritier saoudien par les pays occidentaux, la visite de MBS en Europe est hautement symbolique... et décriée. Elle témoigne d’une volonté européenne de passer outre les "dissensions du passé".

Voir aussi : Erdogan en Arabie saoudite, une première depuis l'affaire Khashoggi

Alors, si l’Arabie Saoudite a été un "État paria", elle prend aujourd’hui sur elle pour élaborer une stratégie énergétique dans un contexte de guerre en Ukraine et, de facto, de répercussions sur les prix de l’énergie.

Depuis le début du conflit russo-ukrainien, les pays occidentaux ont multiplié les pressions envers Ryad pour ouvrir les vannes afin de soulager les marchés de l’énergie et du pétrole. Mais le premier pays exportateur de brut a longtemps résisté, notamment "en invoquant son engagement vis-à-vis de l'OPEP+", comme en témoigne un article de TF1. Si cette alliance pétrolière est codirigée avec la Russie, les pays alliés ont reproché à l’Arabie Saoudite d’avoir doublé ses importations de mazout russe entre avril et juin 2022.

Si le royaume a tenu jusque-là, malgré les coercitions occidentales, le président français avait reçu de son côté le nouveau président des Émirats Arabes Unis, Mohammed ben Zayed, le lundi 18 juillet. Les deux chefs d’État se sont entretenus "pour une coopération dans le domaine de l'approvisionnement en énergie" via un accord entre Total Énergies, le géant français de l’énergie, et ADNOC, la compagnie pétrolière publique émiratie.

Voir aussi : Pétrole: Macron signe des accords énergétiques avec les Émirats arabes unis 

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