USA : le grand désordre

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USA : le grand désordre

Publié le 15/01/2021 à 23:21
AFP
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Auteur(s): Elisabeth Dancet, journaliste pour FranceSoir

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Suite à l’émeute du 6 janvier au Capitole, la situation aux États-Unis est devenue encore plus complexe et chaotique qu’elle ne l’était ces deux derniers mois. Les conséquences à venir dépassent amplement ce pays et vont secouer le reste du monde. Nous vivons en direct une véritable guerre de l’information, avec son lot de fake news, d’émeutes orchestrées, de manifestants payés pour susciter la violence, de médias corrompus et employés à servir coûte que coûte leur agenda. Dès le 7 janvier, les Big Tech se sont précipités pour effacer toutes traces de Trump (Twitter, Youtube), prétendre que les fraudes n’ont jamais existé (Facebook), faire tomber Parler, le média concurrent (Amazon) pendant que les médias dominants (CNN, MSNBC, Fox...) continuent de se déchainer sur Trump avec une violence stupéfiante, l’accusant de tous les maux et oubliant au passage ses accomplissements, ainsi que plus de 75 millions d’Américains qui ont voté pour lui. Certains dirigeants européens comme Emmanuel Macron, et Angela Merkel dont l’inimitié avec Trump est attestée mais qui a vécu sous un régime communiste, le président mexicain Andres Obrador, ont officiellement critiqué la censure brutale et univoque des médias sociaux vis à vis du Président américain.

Comment démêler le vrai du faux après ces fraudes massives dénoncées publiquement par des milliers de personnes, des employés de bureaux de vote aux anciens militaires, des bénévoles des deux partis comme des citoyens ordinaires, en passant par les avocats, les spécialistes en cyberguerre et les experts en analyse de données, alors que les recours judiciaires (plus de 500) ont été bloqués par les tribunaux y compris par la Cour suprême ?

Cette certification mise en scène durant la séance du 6 janvier, volontairement nettoyée de toute objection à cause des « émeutes » du Capitole orchestrées en amont, poussées par une vague d’antifas arrivée en bus et escortée par la police jusqu’au palais du peuple… a créé une énorme frustration chez les patriotes américains, et plus largement une attente chez tous les défenseurs de la démocratie de par le monde qui ont compris les enjeux de cette élection.  

A juste titre, les Américains sont inquiets, ils veulent des élections justes et des informations fiables qu’ils ne trouvent plus sur les médias mainstream, dont la censure systématique d’opinions contraires ou alternatives ressemble de plus en plus aux pratiques marxistes des états totalitaires.

Les mouvements militaires s’intensifient sur le sol américain : mouvements de troupes en Californie, situation d’urgence approuvée par le Président Trump à la demande du maire de Washington D.C., avec une augmentation du nombre de soldats de la garde nationale dans la capitale et une intensification des vols militaires sur le territoire. Trump a prononcé un discours très attendu près d’Alamo, le long de la frontière texane avec le Mexique, site historique, théâtre d’une guerre violente entre les deux pays il y a bientôt 2 siècles. Aujourd’hui l’objectif est de mettre fin à toutes sortes de trafics, que ce soit de la drogue, des sans papiers ou du trafic humain y compris de la traite d’enfants. Il a abondamment félicité celles et ceux impliqués dans cette opération d’envergure, les gardes-frontières comme les représentants de l’état, ainsi que les bâtisseurs du mur, et condamné à nouveau la violence des derniers jours et les affronts à la liberté d’expression.

Plusieurs scenarii se dessinent devant nous pour les prochains jours :

  • Premier scénario, Biden est intronisé lors d’une parodie de cérémonie due aux restrictions imposées par le covid et par les «émeutes» : un point de non-retour pour la démocratie. Lire à ce propos l’article d’Anthony Lacoudre : la Révolution de Joe Biden
  • Deuxième scénario, avec le déploiement de la force armée, Trump est nommé le 20 janvier pour un deuxième mandat ;
  • Dans le troisième scénario, les militaires prennent le pouvoir pendant un interrègne de 2 à 3 mois pour « assécher le marais », ordonnancer les procès par des tribunaux militaires de tous ceux qui ont largement abusé de leur position de pouvoir (ils sont nombreux) et organiser un nouveau gouvernement.

De son côté, le Congrès, préoccupé de protéger ses arrières et angoissé par les conséquences possibles de sa vénalité, s’empresse de voter pour destituer le Président pour les 7 derniers jours de son mandat, invoquant l’article 25 de la Constitution. 223 représentants du Congrès contre 205 - y compris 10 républicains – ont adopté une résolution en ce sens le 13 janvier. Suite à l’occupation du Capitole et à la saisie de plusieurs ordinateurs portables d’élus, Nancy Pelosi semble devenue hystérique, cherchant à joindre sans succès le vice-président Pence et le Pentagone pour récupérer les codes nucléaires du pays, sous le fallacieux prétexte que Trump aurait appelé à la violence durant son discours du 6 janvier 2021. Les propos de la présidente de la Chambre reflètent un affolement confinant à la folie, du jamais vu dans la politique américaine, alors que le discours de Donald Trump dans la capitale, alignant les faits et les chiffres des fraudes massives de toutes sortes perpétrées durant ces élections, fut qualifié d’ennuyeux.

Cette obsession anti-Trump n’a cessé d’agiter les élus démocrates - et une partie des républicains - depuis sa campagne pour les primaires en 2015, du jour de sa prise de fonction et pendant quatre ans, au détriment d’assumer ce pourquoi ils sont élus : défendre et voter des lois pour représenter et protéger le peuple.

Le républicain Louie Gohmert fut un des rares à dénoncer devant la Chambre des représentants ce double standard face à la violence assumée des émeutes qui se sont produites à Minneapolis, New-York, Atlanta, Los Angeles, Seattle durant l’été 2020. Cette rhétorique atteint des sommets de division. La volonté de destituer le Président va bien au-delà de la haine tenace que lui vouent les élites démocrates, relayée systématiquement par les médias dominants. Elle signifie au peuple américain qu’ils n’ont plus la parole. Ces « représentants du peuple » poursuivent leur intention désormais affichée de conserver le pouvoir à tout prix, usant de toutes les malversations, et d’imposer au peuple ce qu’ils ont décidé, faisant fi de la liberté d’expression, premier amendement de la Constitution américaine. Joe Biden a comparé les sénateurs Ted Cruz and Josh Hawley à des nazis pour avoir objecté conformément à la loi américaine, comme l’ont fait les démocrates en 2001, 2005 et 2017. Et il prétend faire appel à l’unité ?

Les Américains ne sont pas fous, eux, puisque selon l’un des derniers sondages de Rasmussen, un des rares instituts indépendants, seuls 15% d’entre eux font confiance au Congrès, alors que Trump reste stable à 50%.

Soyons certains que les prochaines semaines vont être le théâtre d’opérations extraordinaires sur le sol de la République américaine, avec des conséquences encore inconnues pour le monde libre. Notre liberté et les valeurs fondatrices de la démocratie sont en jeu.

Sans forcément en avoir conscience, nous sommes en train de vivre un tournant de notre histoire.

Auteur(s): Elisabeth Dancet, journaliste pour FranceSoir


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