Retour de bâton pour l’hôtellerie  : l’effet JO s’estompe

Auteur(s)
S. Jouan
Publié le 10 avril 2024 - 18:00
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Paris
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Les toits de Paris
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Tandis que les prix baissent en raison des réservations stagnantes, les professionnels de l'hôtellerie s’inquiètent des mois de juin et juillet où la clientèle habituelle estivale est évincée à cause des Jeux olympiques.

Après l’effervescence avec un prix à la nuitée doublant face à celui de juillet 2023, l’effet se perd et les réservations ont du mal à se maintenir. A tel point que les professionnels sont contraints de baisser leurs prix.

Le prix moyen des chambres n’a de cesse de baisser après la flambée des prix en raison de l’événement sportif. Par rapport à janvier, les prix ont déjà baissé de 13% selon l’Office de tourisme parisien. Si l’on compare avec octobre 2023, cette baisse est même de 40%. Cependant, ces prix restent élevés, avec une moyenne de 452€ la nuit, toutes catégories confondues, soit deux fois plus que les prix pratiqués en janvier 2023.

Selon le cabinet MKG, cabinet de conseil hôtelier possédant un panel de 280 hôtels parisiens, seules 64% des chambres sont réservées durant la période des JO. Cette moyenne ne rend cependant pas justice aux disparités présentent, certains hôtels détenant 100% de pré-réservations, tandis que d’autres sont encore presque vides.

Différentes explications sont données, comme par exemple les fédérations qui réservent à l’avance des chambres pour leurs athlètes avant que les sélections officielles n’en mettent certains de côté. Alors, il faut s’adapter à la reconfiguration que cela suppose en annulant les réservations superflues suite à l’absence de qualification.

Adrien Gloaguen, le président du groupe Touriste, met par ailleurs au clair l’esprit volatil de certains touristes. En effet, « certains voyageurs ont besoin d’une réservation d’hôtel pour leur dossier de visa. Une fois qu’ils l’ont, ils annulent ». La concurrence sur les prix permet aussi cette volatilité, avec une première réservation afin de sécuriser une place en hôtellerie, avant de constater qu’il existe moins cher ailleurs. La concurrence avec Airbnb est notamment à mentionner, l'offre d'hébergement sur Paris a presque doublé sur cette période en un an, les parisiens profitant de l'aubaine financière. Pourtant, Frank Delvau, président de l’Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) Île-de-France, estime qu’« il est plus coûteux de louer un Airbnb que de venir à l’hôtel où, par ailleurs, le service sera meilleur. »

Patrick Hayat remarque auprès du Monde que « Au total, 30 % de nos réservations environ ont été annulées ces dernières semaines. Si cela continue, ce sera problématique». Les yeux plus gros que le ventre, la spéculation sur les chambres d’hôtels au moment des Jeux olympiques retombe finalement comme un soufflé.

Les Jeux olympiques semblent paradoxallement pousser les touristes habituels de Paris à chercher refuge ailleurs. L'anticipation de contraintes multiples éclipse l'attrait habituel de la capitale. À cela s'ajoutent des préoccupations sécuritaires, les craintes d'attentats qui ont même conduit le gouvernement à débattre de l'annulation de la cérémonie d'ouverture. Les soucis ne s'arrêtent pas là : le spectre de grèves perturbant le transport public, une affluence record rendant l'accès aux sites touristiques classiques problématique, et des tarifs pour assister aux compétitions ou simplement se loger qui s'envolent. Face à cette accumulation de désagréments potentiels, nombreux sont ceux qui préfèrent reporter leur visite, choisissant de découvrir Paris sous un jour plus tranquille, loin de l'agitation olympique.  Les Parisiens inquiets peuvent tout compte fait espérer une fréquentation moins importante que les scénarii présentant un raz de marée humain.

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