Du gaz à l'hydrogène, l'acteur du stockage Storengy prépare l'avenir

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Par Claudine RENAUD - AFP
Publié le 24 novembre 2023 - 15:10
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Le logo d'Engie.
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©Eric Piermont/AFP
©Eric Piermont/AFP

Storengy, la filiale d'Engie qui gère 75% des capacités françaises de stockage souterrain de gaz, engage sans attendre la transformation de ses installations pour accueillir de l'hydrogène, une molécule vue comme indispensable à la transition énergétique.

"On ne peut pas être sur une logique où l'on attend que le marché de l'hydrogène soit mûr pour décider qu'on veut du stockage parce que sinon, on aura un décalage dans la mise en place du marché", a indiqué lors d'une conférence de presse jeudi la nouvelle directrice générale de Storengy, Charlotte Roule.

"L'objectif pour Storengy est de convertir l'ensemble de nos cavités salines à l'hydrogène", a-t-elle expliqué.

L'opérateur compte quatre sites en cavités salines où le gaz est stocké dans des cavernes souterraines artificielles à l'étanchéité garantie par le sel de gemme de la roche : Hauterives et Tersanne (Drôme), Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) et Etrez (Ain), soit une capacité de 12 terawattheures sur les 100 TWh opérés par Storengy. La société Terega opère le reste des capacités hexagonales de stockage de gaz, à hauteur de 34 TWh.

En cette veille d'hiver, ces stockages sont remplis à quasiment 100% de gaz pour alimenter les chaudières et leurs capacités, déjà largement prévendues jusqu'en avril 2026, à la quarantaine de fournisseurs de gaz.

Mais à l'avenir, Storengy voit dans le stockage d'hydrogène un moyen d'accompagner les porteurs de projets.

Le stockage serait disponible pour servir les clients industriels, même quand les électrolyseurs, très gourmands en électricité, doivent s'arrêter pour cause de tensions sur le réseau électrique.

Des études des gestionnaires des réseaux de transport d'électricité, RTE et, de gaz, GRTgaz citées par Storengy chiffrent les besoins en stockage d'hydrogène autour de 10 à 25 TWh en 2050, et Storengy estime d'ores et déjà que la conversion de toutes ses capacités salines ne suffiront pas.

L'opérateur investit donc en premier lieu dans l'agrandissement de son site d'Etrez pour augmenter de 10% sa capacité actuelle de stockage en cavités salines.

Cet agrandissement, autorisé fin juillet par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), ajoutera 1,6 TWh supplémentaire à ses capacités de stockage en cavités salines.

100% de gaz verts en 2050?

Toujours à Etrez, sur la commune de Bresse-Vallons, Storengy vient d'inaugurer son projet HyPSTER où une phase test avec une centaine de cycles de variation de pression de l'hydrogène doit démarrer pour confirmer la capacité à stocker de l'hydrogène en toute sécurité, car ce gaz est hautement inflammable et très réactif.

La cavité saline testée est adossée à un électrolyseur d'une puissance d'1 MW alimenté à l'électricité solaire et hydraulique et ce premier projet de stockage souterrain d'hydrogène dans l'Union européenne mobilise 15,5 millions d'euros d'investissements.

Storengy va démarrer petit, avec une production test équivalent à la consommation de 16 bus à hydrogène, mais il prévoit "à plus long terme" qu'il y aura à Etrez quatre cavités à 1.300 mètres de profondeur dédiées à l'hydrogène, avec une capacité de stockage de 6.700 tonnes chacune.

L'opérateur a obtenu un permis exclusif de recherches dans le secteur de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour développer du stockage d'hydrogène en cavité saline, et déposé deux autres demandes de permis en Alsace, du côté de Sélestat et Mulhouse.

Pour l'heure, Storengy ne stocke que du gaz dont une très faible proportion de biogaz (issu des biodéchets ou de résidus agricoles). C'est "de l'ordre de 5%", selon Mme Roule, bien que cette source d'énergie renouvelable réponde aux besoins de sécurité d'approvisionnement, d'indépendance énergétique et de décarbonation de l'énergie.

Par comparaison, "le Danemark accueille aujourd'hui 30% de biométhane dans ses stockages", rappelle Storengy.

"À 2050, il n'y aura que des gaz renouvelables dans nos stockages", qu'il s'agisse d'hydrogène ou de biométhane, a fait valoir Mme Roule.

Contrairement à l'hydrogène, le stockage du biométhane exige peu d'investissements : "On est plus sur une adaptation", selon Mme Roule. Le biométhane a vocation à être accueilli en nappes aquifères, des couches souterraines de roche qui abritaient de l'eau à l'origine et qui sont utilisées pour le stockage saisonnier du gaz sous terre. De l'extérieur, elles prennent le plus souvent la forme d'un dôme.

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