"Polluants éternels" : 34 communes du Rhône s'allient pour porter plainte collectivement

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France-Soir, avec AFP
Publié le 31 octobre 2023 - 18:55
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Les habitants de la commune de Goyave, en Guadeloupe, vont de nouveau pouvoir boire l'eau du robinet
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© Fred TANNEAU / AFP/Archives
© Fred TANNEAU / AFP/Archives

Alors que les derniers rapports de l'ARS Rhône-Alpes indiquaient des taux de PFAS (alias "polluants éternels") élevés dans l'eau, trente-quatre communes de la région ont déposé lundi une plainte collective pour "mise en danger de la vie d'autrui".

La semaine dernière, la presse parlait d'une "pollution passée sous silence", causée par différents sites industriels. Dotés de propriétés anti-adhésives et imperméables, les PFAS (les composés per et polyfluoroalkylés) sont des polluants qui peuvent se trouver dans des rejets industriels, des sites d'enfouissement ou des produits d'usage courant — emballage, textile, ustensiles de cuisine, mousse anti-incendie, etc.

Les taux relevés par l'Agence régionale de Santé (ARS) dépassaient les normes européennes de quelques nanogrammes par litre d'eau. Si certains estiment qu'il n'y a pas de quoi s'affoler, d'autres y voient ni plus ni moins qu'une "mise en danger de la vie d'autrui".

C'est pour ce motif que trente-quatre communes du Rhône ont porté plainte, avec leur avocat Me Jean-Marc Hourse. Comme le rapporte l'AFP, cette plainte réunit également six fédérations de pêcheurs et 35 particuliers. Elle vise précisément des faits de "mise en danger de la vie d'autrui", "écocide", atteinte au règlement de l'Union européenne sur les substances chimiques et "pollution des eaux".

Les 75 plaignants disent avoir été alertés par la presse sur les "risques générés par les activités d'Arkema et Daikin", deux groupes industriels classés Seveso seuil haut, implantés dans la vallée de la chimie, au sud de Lyon.

Particulièrement alarmées par le sujet, les autorités sanitaires ont recommandé aux habitants de quatre communes de ne manger ni œufs ni volailles et de ne pas consommer de poissons pêchés dans le Rhône. Selon elles, une exposition aux PFAS sur une longue période pourrait avoir des effets sur la fertilité et sur le développement du fœtus, augmenter les risques d'obésité ou favoriser certains cancers (prostate, reins et testicules).

Un discours relativement apeurant qui incite clairement les particuliers à la consommation d'eau en bouteille.

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