Vers une interdiction du gaz hilarant

Vers une interdiction du gaz hilarant

Publié le 08/09/2020 à 10:00
© DENIS CHARLET / AFP/Archives
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Auteur(s): FranceSoir
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Si le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a annoncé lundi l’interdiction prochaine du gaz hilarant, des villes comme Marseille ont d’ores et déjà montré le chemin.
 
Depuis fin août, la vente de cartouches de protoxyde d’azote est purement et simplement interdite aux mineurs dans la cité phocéenne, de même que la consommation sur la voie publique. 
 
Faute de loi, de nombreux maires, dont celui d’Illkirch-Graffenstaden, dans le Bas-Rhin, et celui de Carcassonne, dans l’Aude, ont également pris des arrêtés dans ce sens.
 
Effets euphorisants
 
Car au fil des ans, ces cartouches de gaz hilarant, initialement utilisées dans certains ustensiles de cuisine comme les siphons, sont devenues un véritable fléau. Une fois inhalé, le protoxyde d’azote a des effets euphorisants, ce qui, ajouté à son faible coût, le rend très populaire auprès des jeunes. 
 
Mais derrière les rires et la distorsion de perception, le danger est bien réel : asphyxie, vertiges, pertes de connaissance, chutes… Un usage répété peut entraîner des lésions neurologiques et des atteintes de la moelle épinière.
 
Les témoignages de jeunes qui ont testé un usage récréatif de ce gaz se multiplient sur les réseaux, quand ce ne sont pas des parents qui pleurent la mort de leur enfant, comme ceux de Johan, dans la Meuse. Il est décédé à l’âge de 19 ans. 
 
Une "drogue" populaire
 
Les dangers du gaz hilarant sont connus depuis longtemps. Certaines municipalités ramassent chaque mois des dizaines de kilos de cartouches vides jetées par terre. Ainsi à Loos, dans le Nord, mais ce n’est qu’un exemple, ce sont 100 kg de capsules évidemment vides que les employés de la ville récupèrent tous les mois. 
 
Dès la fin de l’année 2018, une mutuelle étudiante, la Smerep, avait publié une étude démontrant que le gaz hilarant est la troisième drogue la plus utilisée par les étudiants. 
 
Un projet de loi égaré
 
Les sénateurs se sont emparés du sujet, votant en décembre 2019 une proposition de loi. Celle-ci interdit la vente de cartouches de protoxyde d’azote aux mineurs, sous peine d’une amende de 3750€, tandis que l’incitation à faire usage de ce gaz comme psychoactifs serait un délit passible de 15000€ d’amende.
 
Le « statut » des capsules de protoxyde d’azote devrait également être revu. Elles ne sont pour l’heure pas classées comme stupéfiants, ni même comme substances dangereuses. 
 
Neuf mois après le Sénat, Gérald Darmanin semble donc vouloir s’emparer (enfin) du sujet, alors qu’Olivier Véran, le ministre de la Santé avait lui-même reconnu en juillet, que le texte de loi s’était « perdu dans la navette parlementaire ». 
 

Auteur(s): FranceSoir

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Les cartouches de protoxyde d'azote détournées de leur usage initial, un vrai danger

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