Accès aux soins  : UFC-Que choisir attaque le gouvernement pour inaction

Auteur(s)
Lauriane Bernard, France-Soir
Publié le 28 novembre 2023 - 18:50
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Déserts médicaux UFC- Que Choisir
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UFC-Que choisir estime que “83 % des Français résident dans un désert médical” pour des spécialités comme la pédiatrie, la gynécologie ou l'ophtalmologie.
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SANTE - Face à la multiplication des déserts médicaux en France, l’association de consommateurs UFC- Que choisir a saisi le Conseil d’Etat ce mercredi 22 novembre. Elle demande à la juridiction de sanctionner l’inaction du gouvernement, mais aussi d’enjoindre l’Etat à prendre des mesures concrètes. L’association propose de reconsidérer la liberté d’installation des médecins et de supprimer le secteur 2 qui permet aux professionnels de santé de fixer librement leurs tarifs. 

UFC-Que choisir lance une campagne nationale de sensibilisation et de mobilisation #MaSantéNattendPlus. Elle appelle également à la signature de sa pétition Accès aux soins : j’accuse l’Etat.

Une fracture géographique et financière 

Selon sa nouvelle étude, en se concentrant sur l’accès aux seuls médecins respectant le tarif conventionné de la Sécurité sociale et en se basant sur l’offre médicale accessible à moins de 45 minutes de route, UFC-Que choisir estime que “83 % des Français résident dans un désert médical” pour au moins une des spécialités médicales (pédiatrie, gynécologie, ophtalmologie). 

“Si les déserts médicaux sont moins répandus pour les généralistes (2,6 % de la population), la situation reste tout de même tendue pour 23,7 % des usagers qui ont d’importantes difficultés pour accéder à ce pilier du parcours de soins à moins de 30 minutes de chez eux", peut-on aussi lire sur le site de l’association. 

Elle dénonce également les délais d’obtention de rendez-vous, qui peuvent, par exemple, s’élever de 65 jours à un an pour une simple visite de contrôle chez un ophtalmologue. Elle constate en revanche que les délais d’attente sont réduits si les usagers s’adressent à des professionnels qui pratiquent des dépassements d’honoraires. 

L’association reproche à l’Etat de n’avoir rien fait pour lutter contre la multiplication des déserts médicaux en France, ni d’avoir facilité les consultations auprès de spécialistes qui appliquent le tarif conventionné. Elle saisit aujourd’hui le Conseil d’État pour faire sanctionner ces manquements, mais également pour que la juridiction exige du gouvernement qu’il s’attaque au problème plus sérieusement. 

Suppression de la liberté d'installation des médecins et du secteur 2 

Pour améliorer la situation, UFC-Que choisir propose l’instauration d’un conventionnement territorial des médecins, qui ne leur permette plus de s’installer en zones sur-dotées. Aucun gouvernement n’a encore jamais osé toucher à la sacro-sainte liberté d’installation du médecin. Tout récemment, en juin, l'Assemblée nationale examinait une proposition de loi visant à améliorer l'accès aux soins. La majorité des députés avaient rejeté un amendement le proposant.

L’association dénonce par ailleurs l’inefficacité de l’OPTAM (Option pratique tarifaire maîtrisée), un dispositif dont le but affiché est de réduire les dépassements d’honoraires. A la place, UFC-Que choisir suggère d’abolir purement et simplement l’accès au secteur 2 (honoraires libres). “Les nouveaux médecins ne devraient avoir le choix qu’entre un secteur 1 aux honoraires sans dépassements, mais revalorisés lorsque c’est nécessaire “, soutient l’association de consommateurs. 

Enfin, elle propose la suppression des aides publiques aux médecins ne respectant pas le tarif de la Sécurité sociale. 

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