Covid-19 : un vaccin "sur mesure" né d'une intuition sur l'hydroxychloroquine et le HIV

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Covid-19 : un vaccin "sur mesure" né d'une intuition sur l'hydroxychloroquine et le HIV

Publié le 08/08/2020 à 09:15 - Mise à jour à 09:38
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Auteur(s): Peter D'Angelo pour FranceSoir

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Alors que l’on parle de la recrudescence de nouveaux cas de patients atteint par la Covid-19, nombre d’entre eux ne réaliseront pas qu’ils ont eu la maladie.  En effet, l’étude de l'hôpital universitaire Karolinska à Stockholm démontre que de nombreuses personnes, infectées par la Covid-19 sous une forme légère ou asymptomatique, ont développé une immunité médiée par les "cellules T" (une catégorie de leucocytes qui jouent un grand rôle dans la réponse immunitaire secondaire).

Cependant ces mêmes "cellules T" ont également été trouvées chez des sujets qui n'ont jamais été en contact avec le SRAS-CoV-2. La raison, encore inconnue, pourrait être le résultat d'une infection passée par un coronavirus commun (HCoV).

Il y a à ce jour sept coronavirus identifiés.  Quatre d’entre eux sont répandus dans le monde entier, les Alphacoronavirus (229E et NL63) et les Betacoronavirus (OC43 et HKU1). Ils ont été découverts il y a plusieurs années, le premier au milieu des années 1960. Les trois autres sont identifiés depuis le début du nouveau millénaire : SRAS 1, MERS, SRAS-CoV-2.

Beaucoup de recherches se sont portées sur la relation entre les cellules T et les coronavirus.  Certains chercheurs et entreprises parlent du développement d’un éventuel vaccin sur lequel il y a beaucoup de spéculation, d’incertitude médicale et de polarisation des esprits.

A ce jour les vaccins en cours de recherche, ne visent pas une approche spécifique, personnalisée et individualisée, se concentrant sur une approche générale.

Le chercheur Italien Andrea Savarino, un des premiers à étudier les effets de la chloroquine et ses dérivés sur le virus du SRAS 1 en 2003, a pressenti pour la Covid-19 que:

“ La réponse immunitaire ne devrait pas être dispersée, mais concentrée seulement sur certaines parties du virus ”.

Son équipe, de l'Istituto Superiore di Sanità Andrea Savarino étudie ce sujet depuis un moment et l’avancée de leurs travaux est telle qu'un brevet a été déposé.

" Oui, c'est une collaboration internationale. Nous avons déposé une demande de brevet aux États-Unis, qui sera ensuite étendue au niveau international ".

L'approche optimale serait donc une immunisation personnalisée contre les parties du virus essentielles pour sa réplication, afin de ne pas disperser la réponse immunitaire. Une de ces parties du virus est la glycoprotéine de surface de Spike sur laquelle se produisent les effets du médicament chloroquine et dérivés comme l’hydroxychloroquine.

Ce médicament est capable d'inhiber la réplication de certains coronavirus, au moins in vitro. Son action se manifeste par l'inhibition de l'attaque d'un sucre (l'acide sialique) sur le récepteur ACE2, que le virus continue à pénétrer dans les cellules. Un composant de leur vaccin porte sur la partie de la glycoprotéine Spike qui reconnaît l'acide sialique à la surface des cellules à attaquer".

Il est nécessaire de mieux comprendre ce que signifie ce concept d'immunisation vaccinale "sur mesure", adaptée aux différentes réponses immunitaires des individus :

" En termes simples, chacun d'entre nous possède une combinaison de variantes de la protéine (HLA I). Nos cellules ont un système de signalisation au système immunitaire lorsqu'elles sont envahies par un agent extérieur tel qu'un virus. Ce système de signalisation fait que des morceaux de virus sont "montés" sur cette protéine qui active ainsi le système immunitaire. Les “pièces reconnues” ne sont cependant pas les mêmes pour tous les individus, et les “pièces adéquates” doivent être administrées à chaque individu afin de l'immuniser” .

En effet, des décennies de recherche dans l'étude du HIV, ont permis d'établir avec une certitude relative que toutes les réponses médiées par les “lymphocytes tueurs” CD8 n’amènent pas une défense contre le virus. Beaucoup peuvent même être contre-productives, car elles dirigent la réponse immunitaire vers des portions changeantes du virus, qui échappent alors à la réponse elle-même. Des études menées sur les macaques et les humains ont montré que l'immunité n'est efficace que lorsqu'elle est dirigée vers certaines parties du virus qui ne sont pas mutables, car elles sont fondamentales pour la réplication virale.

Interrogé sur le calendrier pour arriver aux tests de sécurité et de tolérance sur les humains, Andrea Savarino nous répond :

“ En ce moment, nous testons l'approche sur la souris. Dans le développement d'un vaccin, le problème n'est pas seulement le choix de la portion de virus à utiliser, mais aussi celui de ce qu'on appelle l'adjuvant, c'est-à-dire un support qui permet à de petits antigènes de devenir immunogènes ou de provoquer une réponse immunitaire.
Une fois que nous aurons résolu ce problème sur la souris, nous prévoyons de commencer un essai clinique sur l'homme, avec un peu de chance au début de l'année prochaine ”.

A suivre

 

Peter D'Angelo est un auteur et directeur de documentaires pour la télévision (Rai) et journaliste. Il a réalisé plusieurs enquêtes pour Il Fatto Quotidiano, Corriere della Sera, La Repubblica, Panorama, Il Tempo, L'Espresso et Il Venerdì. 

Il a signé plusieurs enquêtes pour Il Fatto Quotidiano, Corriere della Sera, La Repubblica, Panorama, Il Tempo, L'Espresso et Il Venerdì. De plus il a collaboré à divers programmes de télévision : Report (enquêtes en prime time), Presadiretta, Le Iene, Petrolio, Mi mandda Raitre et Agorà.

 

 

Auteur(s): Peter D'Angelo pour FranceSoir


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