Vers la fin des trottinettes en libre-service à Paris ?

Auteur:
 
Alexis ORSINI, Taimaz SZIRNIKS - Paris
Publié le 18 février 2023 - 11:43
Mis à jour le 17 février 2023 - 21:34
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
Image
Crédits
AFP/Archives - -
Des trotinettes électriques dans une rue de Paris, le 4 septembre 2021 à Paris
AFP/Archives - -

MOBILITÉ -"Pour ou contre les trottinettes en libre-service à Paris ?" Le 2 avril prochain, la Mairie de Paris organise un vote à propos du maintien des engins dans la capitale. Inquiets, les opérateurs Lime, Dott et Tier reprochent l'organisation d'un scrutin aux urnes, selon eux peu accessible aux jeunes.

Les trottinettes sont accusées de joncher l'asphalte malgré les emplacements dédiés, de frôler à toute vitesse les piétons sur les trottoirs, de concurrencer les transports publics ou de ne pas être si écologiques que cela en raison d'un mauvais bilan carbone supposé.

Hidalgo favorable à l'arrêt des trottinettes

En 2018, une douzaine de sociétés s'étaient installées dans la capitale avec leurs trottinettes en libre-service, mais les dérives ont amené la ville à serrer la vis à plusieurs reprises, alors que le nombre de vélos et de trottinettes (privés) s'est multiplié en parallèle.

Le marché parisien est désormais limité à trois exploitants : le Californien Lime, le franco-néerlandais Dott et l'Allemand Tier. Les 15 000 trottinettes doivent être garées sur des places spécifiques et leur vitesse est limitée à 20 km/h partout dans la ville, et 10 km/h dans 700 zones denses.

Fin 2022, la Mairie a menacé les trois opérateurs de ne pas renouveler leur contrat, qui arrive à échéance fin mars. Ils ont depuis annoncé de nouvelles mesures pour rassurer, entre immatriculation des trottinettes, contrôle de l'âge de l'utilisateur et renforcement des patrouilles contre les engins mal garés.

La maire PS Anne Hidalgo a indiqué pencher pour "qu'on arrête" les trottinettes en libre-service. "Mais je respecterai le vote des Parisiens", a-t-elle souligné dans un entretien au Parisien le 15 janvier.

Vote aux urnes, non en ligne

Le dimanche 2 avril, les habitants de la capitale devront ainsi se déplacer dans les bureaux de vote de leur arrondissement pour se prononcer pour ou contre le maintien de ces engins dans les rues, a annoncé la Mairie de Paris dans un communiqué vendredi.

Ouvert à tous les électeurs parisiens inscrits sur les listes électorales municipales, cette "votation citoyenne" portera sur la question: "Pour ou contre les trottinettes en libre-service à Paris ?" Lime, Dott et Tier ont fustigé l'organisation par la mairie ce vote dans des urnes et non en ligne.

Cette votation exclurait notamment "les jeunes qui, on le sait, participent peu aux scrutins et sont les premiers à bouder les urnes", ont-ils souligné dans un communiqué. Les jeunes sont aussi les premiers utilisateurs de ces trottinettes, avec une moyenne d'âge de 33 ans.

Les opérateurs assurent par ailleurs, pétition et sondage à l'appui, qu'une majorité des Parisiens de moins de 65 ans sont opposés à une interdiction.

Interdites ou limitées

À Barcelone ou à Montréal, ces deux-roues légers en libre-service ont été totalement interdits. À Lisbonne, leur nombre va bientôt être divisé par deux et leur vitesse réduite à 20 km/h.

La régulation négociée par la mairie de la capitale portugaise avec les cinq opérateurs concernés vise à limiter la gêne et les accidents associés à leur usage, comme l'ont déjà fait des villes comme Stockholm ou Oslo.

"Cela ne sert à rien d'interdire, car il y a toute une génération qui désire ce mode de transport", a commenté jeudi le maire de Lisbonne, Carlos Moedas, dans un entretien à l'AFP. Dans le même temps, "aucune ville n'a une expérience heureuse avec les trottinettes. Nous sommes tous en train de chercher une solution", a-t-il ajouté.

Marseille a également demandé aux opérateurs de faire des efforts sur la régulation de l'âge des usagers ou le stationnement des trottinettes, dont certaines finissent encore à la mer.

Le gouvernement français penche plutôt pour un "plan de régulation" des trottinettes électriques au niveau national, avec davantage de contrôles et de "mesures de précaution".

Le patron de Lime Wayne Ting compte bientôt revenir depuis la Californie pour défendre ses deux-roues. Pour lui, Paris est "la ville la plus importante du monde pour la micromobilité" et choisirait de revenir en arrière si elle interdisait les trottinettes.

"Nous faisons partie de la solution" et "nous continuons à nous améliorer chaque jour", avait-il plaidé lors d'un premier déplacement fin novembre 2022. Les résultats définitifs du scrutin seront proclamés le 2 avril au soir et publiés sur le site Paris.fr.

L'article vous a plu ? Il a mobilisé notre rédaction qui ne vit que de vos dons.
L'information a un coût, d'autant plus que la concurrence des rédactions subventionnées impose un surcroît de rigueur et de professionnalisme.

Avec votre soutien, France-Soir continuera à proposer ses articles gratuitement  car nous pensons que tout le monde doit avoir accès à une information libre et indépendante pour se forger sa propre opinion.

Vous êtes la condition sine qua non à notre existence, soutenez-nous pour que France-Soir demeure le média français qui fait s’exprimer les plus légitimes.

Si vous le pouvez, soutenez-nous mensuellement, à partir de seulement 1€. Votre impact en faveur d’une presse libre n’en sera que plus fort. Merci.

Je fais un don à France-Soir

Dessin de la semaine

Portrait craché

Image
Castex
Jean Castex, espèce de “couteau suisse” déconfiné, dont l'accent a pu prêter à la bonhomie
PORTRAIT CRACHE - Longtemps dans l’ombre, à l’Elysée et à Matignon, Jean Castex est apparu comme tout droit venu de son Gers natal, à la façon d’un diable sorti de sa ...
13 avril 2024 - 15:36
Politique
Soutenez l'indépendance de FS

Faites un don

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription à la Newsletter hebdomadaire de France-Soir est confirmée.

La newsletter France-Soir

En vous inscrivant, vous autorisez France-Soir à vous contacter par e-mail.