"Il est très difficile de remettre en cause un dogme médical dès lors qu’il est apparu" Eric Loridan

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FranceSoir
Publié le 14 décembre 2022 - 19:15
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Dr Éric Loridan, chirurgien digestif
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F.Froger / Z9, pour FranceSoir
Le Dr Éric Loridan, chirurgien digestif et spécialiste de la chirurgie de l’obésité.
F.Froger / Z9, pour FranceSoir

Dès l’émergence de l’épidémie de Covid-19, le Dr Éric Loridan, chirurgien digestif et spécialiste de la chirurgie de l’obésité (chirurgie bariatrique), s'est montré très circonspect à propos des mesures sanitaires mises en place par les autorités. Ses prises de positions à l'encontre du narratif officiel lui ont attiré non seulement les foudres de ses confrères, mais également des reproches de son administration. Des relations conflictuelles qui ne se sont pas arrangées pas lorsque, suite à l’instauration des tests PCR pour les enfants, Éric Loridan a enregistré une vidéo pour dénoncer l'autoritarisme sanitaire qui s’installe. Postée sur YouTube puis reprises par d’autres plateformes, cette vidéo lui a valu une convocation de l’administration de son établissement après avoir fait l'objet d'un signalement par un de ses collègues de l’hôpital qui l’a dénoncé en écrivant un courrier au Conseil national de l'Ordre des médecins.

Au mois de juillet 2021, le chirurgien est convoqué au Conseil départemental de l'Ordre des médecins du Pas-de-Calais pour un entretien confraternel. Un entretien qui ne s’arrête pas là puisque le Conseil départemental transmet la plainte au Conseil régional de l'Ordre des médecins des Hauts de France qui le convoque le 2 décembre en chambre disciplinaire. Il doit répondre des faits incriminés présumés au regard du Code de déontologie médicale.

Invité sur le plateau de FranceSoir dans le cadre de cet "Entretien essentiel", cette émission est l’occasion d’expliquer les raisons de cette convocation, mais également d’opérer un retour en arrière sur les mesures sanitaires pour en expliquer les aberrations : confinements stricts, fermeture des services hospitaliers, interdiction de prescrire les traitements précoces, passe sanitaire, obligation vaccinale des médecins et des soignants.

De l’(in)utilité du masque

« Le masque est aussi inutile pour bloquer une maladie virale qu’un château de sable pour arrêter les grandes marées », soutient le Dr Éric Loridan, qui a très tôt questionné son utilité à protéger du virus alors que ce dispositif est devenu en quelques mois l’un des symboles de l’épidémie de Covid-19. Une déclaration fracassante qui a d’autant plus de résonances que par son activité, ce praticien hospitalier a porté le masque quotidiennement au bloc opératoire.

Pourtant, selon lui, le port du masque n’apporte aucune protection contre le virus. Ce dispositif pourrait même se révéler dangereux, notamment pour les patients qui souffrent d’insuffisance cardiaque ou d’insuffisance respiratoire.

Qu’en est-il au bloc opératoire ? Lors du premier confinement, alors que toutes les opérations chirurgicales sont déprogrammées et reportées, Éric Loridan profite de son temps libre pour entreprendre des recherches sur l'intérêt du port du masque au bloc opératoire. À sa grande surprise, il découvre que parmi les nombreuses études sur le sujet, aucune d’entre elles ne peut démontrer que le masque a une quelconque utilité pour limiter les infections de site opératoire (ISO). En effet, contrairement à une idée reçue, aucune étude n'a pu apporter la preuve de l’utilité du port du masque pour réduire la propagation vers l’environnement très proche des virus ou bactéries depuis la bouche et le nez, et ce, afin de ne pas contaminer le champ opératoire stérile. En revanche, le masque sert au chirurgien à se protéger des accidents d’exposition au sang qui peuvent se révéler dangereux si le sang vient se poser sur la bouche, dans les yeux ou les fosses nasales. Par conséquent, le masque, mais également les lunettes de vue ou à verre neutre sont des dispositifs essentiels pour la protection de l’opérateur.

Le refus de soigner

Après avoir évoqué les aberrations du protocole sanitaire dont le masque n'est qu'une mesure parmi d'autres, Eric Loridan revient sur l'autre scandale de cette crise, à savoir le refus de soin. Écouter, toucher, palper, ausculter... Pour le Dr Loridan, les progrès des biotechnologies, de l’imagerie, de l’informatique et des sciences cognitives ne sauraient remplacer la pratique de la médecine clinique qui peut se définir comme « le recueil des signes et connaissances au contact ou au chevet des patients ». Se dirige-t-on vers la fin de la consultation physique, du colloque singulier et direct entre médecin et patient ? Telle est la question posée par le Dr Loridan, qui rappelle le devoir de secours et d’assistance qui fonde le serment d’Hippocrate alors que les événements de ces dernières années ont montré que les personnes atteintes du Covid étaient priées de rester chez elles, avec, pour seule « arme », le doliprane. Seuls, quelques médecins ont estimé que certaines molécules (hydroxychloroquine, ivermectine, azythromycine) pouvaient soigner la maladie à un stade précoce. Malgré leurs témoignages en faveur de ces médicaments et malgré l'absence de plainte des patients à qui elles ont été prescrites, aucun traitement en ambulatoire précoce n'a fait l'objet d'une reconnaissance officielle des autorités. Dans le cas contraire, le vaccin n'aurait pas pu être autorisé en urgence.  

L’obligation vaccinale en question

N'étant pas infectiologue, Éric Loridan n'a pas souhaité s'exprimer sur les vaccins anti-Covid-19. En revanche, c'est sur la question de la licéité d'une obligation vaccinale qu'il est revenu. Il s'agit en soi d'un défi juridique alors que selon lui, la question du caractère temporaire et conditionné de l'AMM sur le marché est un obstacle à l'obligation de ce vaccin non éprouvé puisque la phase 3 de l'essai clinique est toujours en cours. Or, comme il le rappelle, selon l’article L412739 du Code de la santé publique : « Les médecins ne peuvent proposer à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique de charlatanisme est interdite ». 

C'est ce manque de recul sur ces thérapies géniques et l'absence de données fiables sur le rapport bénéfices / risques qui l'a convaincu de ne pas accepter ces injections pour lui et ses proches.

Aujourd'hui, Éric Loridan, mis en disponibilité, est empêché d'exercer la chirurgie. Combatif, celui qui accepte de prendre les coups dans l'espoir de transmettre un monde meilleur aux générations futures, reçoit de très nombreux soutiens. Parmi les personnes venues l'encourager lors de sa convocation au Conseil de l'Ordre, Manu LBLG, un auteur-compositeur-interprète qui lui offre son album de chansons intitulé "Le large". L'une des chansons parle de la situation que traversent Éric Loridan et de nombreux soignants suspendus. Intitulée "Trois points de suspension...", elle est un hommage aux soignants, aux pompiers suspendus, mais également aux danseurs qui n'ont pu se produire sur scène, tous forcés à "rester à la maisonamputés de (leurs) vocations". Touché par cette attention, c'est en musique que celui qui pratique l'art de la chirurgie a souhaité clore cet "Entretien essentiel".

"Le large", un album de chansons de Manu LBLG
"Le large", un album de chansons de Manu LBLG

"Le large", un album de Manu LBLG

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