Delphine Volange : chanteuse engagée

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FranceSoir
Publié le 12 avril 2021 - 17:09
Mis à jour le 16 avril 2021 - 11:54
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Delphine Volange au Défi de la vérité
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FranceSoir
Delphine Volange
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Delphine Volange a relevé le défi ! Son premier album "le ciel était sans nouvelles" avait été soutenu par FIP et coup de coeur de l'émission "On connaît la chanson" d'Europe 1. La chanteuse française aussi douce dans la voix que forte dans ses mots répond aux questions de Richard Boutry. Son itinéraire, son univers, ses inspirations "d'autres mondes, d'autres temps"... Et ses propos engagés, incarnés dans un poème lu avec intensité. Une séquence de grâce au parfum mystérieux, sur le plateau du Défi de la vérité !

"Si un pouvoir masqué, parodiant la peur, 
honore la noblesse idéale de ses héros
sans être le moins du monde digne d'elle,
alors la manoeuvre est pire que sacrilège".



Retrouvez Delphine Volange sur son site et son agenda sur "la Raison des Roses".

Ses textes y sont disponibles.

Nous reproduisons le texte intégral de son poème :

La Trouée d'Or - 17 Décembre

Je suis Delphine Volange et le 26 Novembre dernier, j’ai vu le petit empereur et consorts rendre l’hommage funèbre au presque ultime héros de la deuxième guerre mondiale dans la cour des Invalides. 

Tous masqués devant le cercueil selon une ordonnance en vogue qui fait ressembler une cérémonie d’honneur à un sabbat occulte et lugubre.

Je fus prise cette fois d’un violent haut le cœur.

J’ai vécu comme tant d’autres dans l’admiration fervente de ces grands hommes, ces Rédempteurs de l’Ombre que furent …que sont pour toujours les Résistants français, nés je le crois dans le but forcément divin d’écarter les mailles de la grille sur la voûte obscure de l’ici-bas et d’y sertir le diamant de leur âme : la lumière.

J’ai grandi dans un amour posthume pour mon grand-oncle Jean, polytechnicien, sachant l’annamite, le tonkinois et l’allemand entre autres langues, maître en art martial, initié, homme aimant et exquis dénoncé par un agent français, torturé, emprisonné au fort de Montluc.

Le 6 août 1943 à 18 heures il avait refusé qu’on lui bandât les yeux, qu’on lui liât les mains : il fut fusillé par la Gestapo pour fait de résistance à 36 ans.

À ces degrés sublimes, la beauté d’âme fait une trouée d’or au ciel de la matrice terrestre d’où ruisselle une rosée plus pure, un baume secourable dans le sang de bien d’autres hommes en d’autres destinées.

Tous les héros sont solaires et ceux-là font encore la fierté du mien pays où l’on a préféré oblitérer bien des noirceurs commises de plein gré par beaucoup mais absoutes par le génie du courage et la loyauté surnaturelle de si peu d’entre nous.

Si un pays qui hier a vaincu les Nazis, persécute aujourd’hui ses enfants, si on leur crève les yeux à deux pas de l’ex-Grand Café chinois où tant furent assassinés il y a 5 ans, si on impose aux plus petits de s’asphyxier sous une chiffe insane, à des femmes de porter un masque jusque dans les douleurs de l’enfantement ( !) , si on entérine sous le sceau de la loi l’expulsion mortelle d’un fœtus de neuf mois du ventre qui l’a porté, si on tétanise une foule qui proteste pacifiquement -je l’ai vu- contre des lois despotiques et détraquées- et si à la faveur de ces obscénités des pays étrangers nous regardent soudain comme une nation déchue c’est l’un des signes affreux que l’Histoire est finie.

Si un pouvoir masqué parodiant la peur honore la noblesse idéale de ces héros sans être le moins du monde digne d’elle, alors la manœuvre est pire que sacrilège. 

Je savais déjà qu’un contrat obscur nous tenait entre les griffes des seigneurs du temps. Je savais notre destin commun cadenassé tournant en boucle sur son propre mystère. 

Mais le Temps et l’Histoire apparaissent tout soudain pour ce qu’ils sont : un guet-apens, une diablerie et peut-être un pacte oublié qu’il est urgent Ô combien de révoquer.

Face à la scène des Invalides mon cœur a grondé une colère que je ne renie pas, mais derrière elle plus loin dans la cavité insondable au cœur de mon cœur, aucune histoire, aucune fantasmagorie bouffonne et cruelle, aucun effroi ne saurait tenir dans l’instant clair qui s’étire inouï …le présent majestueux sans début ni fin…spacieux à l’infini… de soleil en soleil…mon royaume, hors le temps.

Face au peloton des nains disgracieux, à l’imminente chute d’à peu près tout au bord du précipice je veux pour la dernière pièce au théâtre de l’Empire me tenir droite dessous la trouée d’or, à la verticale de ses rayons chaque jour plus radieux et regarder avec vous se dissoudre ces ténèbres éphémères comme Jean -qui savait- au bord d’entrer... dans la splendeur.

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