"Le Freedom Convoy est un mouvement festif et exemplaire" Alexis Cossette, de Radio Québec

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FranceSoir
Publié le 07 février 2022 - 11:30
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Alexis Cossette lors d'un debriefing avec FranceSoir, le 5 février 2022.
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Alors que le gouvernement canadien commence à montrer quelques signes de retrait, les camionneurs et manifestants du "Freedom Convoy" occupent encore la capitale Ottawa. Dans les médias, qu'ils soient locaux ou étrangers, difficile de démêler le vrai du faux tant le mouvement fait des émules. Pour nous éclairer sur la façon dont il se déroule, d'un point de vue plus local, nous avons reçu Alexis Cossette, directeur de l'information à Radio Québec, qui nous rapporte « un mouvement festif et exemplaire », discrédité par «une guerre de l'info».

« Des chants, de la danse, du volontariat... »

À l'en croire, l'occupation d'Ottawa se fait dans un climat de solidarité exemplaire, sans violence aucune. Pourtant, Justin Trudeau et les libéraux n'ont eu de cesse de fustiger les manifestants, les qualifiant tantôt de « racistes, d'antisémites ou d'extrême droite ». Selon Alexis Cossette, ce discours officiel est en « décalage complet avec la réalité. » Il nous rapporte que sur place, les Canadiens sont seulement « armés de dizaines de milliers de cellulaires », et que les vidéos prouvent qu'il n'y a aucune tension. Au contraire, on y voit « des policiers qui font des "high-five" avec les manifestants, des gens qui dansent, qui chantent, avec un mélange de culture propre au Canada. » « Si l'on nous dit qu'il y a des violences, j'aimerais qu'on m'en apporte la preuve. », ajoute-t-il.

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« Des experts en logistique et en communication »

De toute façon, c'est peu probable, tant le mouvement semble être organisé : « Le seul moment dont j'ai eu connaissance, où quelqu'un est allé danser sur une statue, ça a vite été décrié, et les camionneurs sont immédiatement allés nettoyer et poster quelqu'un devant la statue pour surveiller. », nous rapporte Alexis Cossette. C'est cette rigueur propre aux camionneurs, « experts de la logistique et de la communication », qui semble faire le succès de la protestation. Au vu du nombre incroyable de Canadiens qui ont campé sur les routes pour soutenir les camionneurs, « ils ont dû se sentir comme Jules César qui rentrait à Rome après la guerre des Gaules ! », ironise le vidéaste québecois.

Sur place, les forces de l'ordre sont « détendues ». « La seule disjonction que l'on observe, c'est celle qui existe entre les policiers de terrain et leur direction, qui doit rendre des comptes à la mairie, qui elle-même est en communication avec Justin Trudeau. », nous explique Alexis Cossette.

Mais selon lui, aucune chance que les manifestants puissent être délogés par la force, notamment parce que la « police d'Ottawa n'a pas assez d'effectif » pour ça et que « l'armée a répondu que ce n'était pas de son ressort que de s'occuper de telles affaires ». Le 6 février, le maire d'Ottawa s'est fendu d'une déclaration qui ressemblait à un appel à l'aide, assurant que la situation était « hors de contrôle » et appelant des renforts sur place. « Nous sommes en train de perdre la bataille, […] nous devons reprendre notre ville » martelait-il comme si c'était la guerre, tandis que les manifestants ne font feu que... d'artifices !

Une reconfiguration à la fois politique, sociale et médiatique

Cette « grogne populaire » serait née d'une « insatisfaction face aux partis politiques traditionnels qui n'ont pas défendu le peuple et qui se sont systématiquement avalisé les décisions du pouvoir en place. » Il nous explique qu'il n'y a plus de contre-pouvoir, mais qu'on observe une « reconfiguration » à la fois politique, sociale et médiatique.

Voir aussi : "Une époque s'achève, une autre est en gestation" Michel Maffesoli

Le 1er février dernier, François Legault, Premier ministre du Québec, renonçait à la taxe santé qu'il prévoyait pour les non-vaccinés. Le lendemain, Erin O'Toole, qui était alors chef de file des conservateurs (donc de l'opposition), a été contraint de céder sa place suite à un vote de confiance qu'il a perdu. Dans le même temps, certaines provinces canadiennes lèvent petit à petit les restrictions sanitaires.

En somme, les autorités reculent peu à peu, sans pour autant avouer que c'est à cause de la fronde des camionneurs. Selon Alexis Cossette, bien que le gouvernement « n'ait plus d'échappatoire, ils n'avoueront pas qu'ils sont en train de faire marche arrière. Ça ne se fait pas en politique, ils trouveront une autre excuse. » Mais ils reculeront, cela semble être une certitude pour le vidéaste, parce que « le mouvement arrive à point et que cela va dans le sens naturel des choses ». L'épidémie déclinant partout dans le monde, bien que le gouvernement se refuse à « l'aveu d'échec », les manifestants obtiendront gain de cause par la force des choses, si l'on en croit Alexis Cossette.

« C'est un mouvement qui fait des petits »

Il est permis d'y croire, eu égard aux nombreux convois qui s'organisent à travers le monde sur l'exemple de celui d'Ottawa. Notre interlocuteur québecois nous rapporte qu'en ce moment même, une vague de camionneurs a déferlé sur la ville de Québec. Deux des villes les plus importantes du pays sont donc sous l'emprise de la protestation.

Mais, les convois ne se limitent pas au seul Canada. On en voit se former « en Australie, aux États-Unis, et un peu partout en Europe ». Rien qu'en France, les médias font mention d'un groupe Facebook "Le convoi de la liberté" qui compte plus de 200 000 membres, prévoyant tous de converger jusqu'à Paris le 11 février, puis jusqu'à Bruxelles le 14, où ils devront retrouver les convois européens.

Selon Alexis Cossette, il sera difficile de les arrêter, car la censure des GAFAM ne suffira pas tant les nouvelles plateformes et nouvelles sources d'information se multiplient, reconfigurant le « champ de bataille numérique » à l'avantage des manifestants.

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