À Vincennes, le congrès Horizons tourne à la thérapie de groupe pour la majorité

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Baptiste PACE - Vincennes
Publié le 25 mars 2023 - 18:42
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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L'ex-premier ministre Edouard Philippe, président du parti Horizons avec la cheffe du gouvernement
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AFP - Alain JOCARD
L'ex-premier ministre Edouard Philippe, président du parti Horizons avec la cheffe du gouvernement actuelle Elisabeth Borne, lors du premier congrès du parti, membre de la majorité, le 25 mars 2023 à
AFP - Alain JOCARD

"Horizons est et restera membre de la majorité" mais cette majorité "pourrait mieux fonctionner": lors du premier congrès de son parti, samedi à Vincennes, Edouard Philippe à donné des gages d'unité à Emmanuel Macron et Élisabeth Borne, en plaidant pour une plus grande "stabilité" du "bloc central".

Plus de 3 000 personnes étaient présentes dans la grande halle du Parc Floral de Vincennes pour écouter le discours fleuve de l'ancien Premier ministre, dont le parti (20 000 adhérents revendiqués) tenait son premier Congrès depuis sa fondation au Havre en octobre 2021.

Malgré la contestation de la réforme des retraites, la situation sécuritaire et les difficultés dans les transports, "nous n'avons pas renoncé à tenir ce premier congrès", a expliqué M. Philippe. Mais si l'affluence était au rendez-vous, le programme avait été quelque peu revu: exit le concours d'éloquence réservé aux jeunes du parti et les sujets trop légers.

En lieu et place, une sorte de thérapie d'unité pour une majorité mise à rude épreuve, en présence d’Elisabeth Borne qui a assuré qu'elle ne "renoncerai(t) pas à convaincre".

Et le parti de l'aile droite de la majorité sera au rendez-vous, a assuré Édouard Philippe. "Horizons est membre de la majorité parlementaire, un membre à part entière de la majorité" et "déterminé à ce que cette majorité puisse gouverner et prendre les décisions qui s'imposent pour notre pays", a-t-il lancé depuis la scène centrale, tenue décontractée, micro serre-tête de rigueur.

Message transmis à "ceux qui doutent et qui mastiquent leur ressentiment, afin que ceux qui se plaisent à mettre des lentilles disproportionnées sur le moindre petit écart ou la moindre petite différence" au sein de la majorité.

Une précision nécessaire après quelques épisodes de tensions entre Horizons et le parti présidentiel Renaissance, notamment illustré par le rejet d'une proposition de loi sur la récidive portée par la députée philippiste Naïma Moutchou.

Cette majorité "peut mieux fonctionner", a néanmoins ajouté Édouard Philippe. Un constat partagé par François Bayrou, qui a assuré de la "solidarité" du MoDem en ajoutant que "cet idéal (n'avait) été pour l'instant qu'inégalement respecté", avant de s’éclipser pour assister à un match de rugby.

Risque d'"ingouvernabilité totale"

"Si nous nous divisons, si nous entamons cette si précieuse unité, c'est le RN qui en sortira renforcé, c’est la Nupes que l’on va consolider", a également mis en garde le secrétaire général de Renaissance, Stéphane Séjourné.

Édouard Philippe a donc plaidé la "nécessité absolue d'organiser le bloc central", y compris avec "des partenaires qui ne veulent pas être associés à la majorité", parmi Les Républicains qui étaient prêts à voter la réforme des retraites, mais aussi parmi les "sociaux-démocrates" qui ne se retrouvent pas dans la Nupes dominée par La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Faute de quoi, a averti le maire du Havre, la France risque de se retrouver dans une "ingouvernabilité totale" et une "conflictualité absolue". L'ancien Premier ministre plaide depuis les législatives de 2022, qui ont privé Emmanuel Macron de majorité absolue, pour la nécessité d'une coalition. Une option qui n'est pour l'heure pas privilégiée par Emmanuel Macron et Élisabeth Borne, qui entendent rechercher dans les prochaines semaines des "majorités de projet".

Le contexte ne se prêtait donc guère aux grandes annonces. Édouard Philippe a donc longuement discouru sur la réforme des retraites, qu'il a soutenue tout en rendant hommage à la "très grande responsabilité" des syndicats, mais aussi de l'école et de la situation internationale.

Outre la réunion des diverses instances du parti, la journée avait débuté par plusieurs ateliers consacrés à l'écologie, à l'Europe, à l'école et à la solidarité.

"C'est la première table ronde de la journée, elle est sur l'écologie, et nous ne sommes pas un parti de gauche", s'est réjoui le ministre de la Transition écologique et secrétaire général d'Horizons, Christophe Béchu.

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