De l'importance du devoir de mémoire

De l'importance du devoir de mémoire

Publié le 11/05/2022 à 17:06
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Auteur(s): Xavier Azalbert, directeur de la publication de FranceSoir
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ÉDITO — Depuis le 21 mai 2001, date de la loi dite « loi Taubira », le 10 mai, c'est en France la « Journée nationale des mémoires de la traite et de l'esclavage et de leurs abolitions », que nous commémorions hier.

Cette journée a une histoire controversée. Au-delà du fait que certaines susceptibilités réclamèrent un changement de nom [1], modification opérée, d'autres dates que le 10 mai furent aussi proposées [2]. Une disparité d'ailleurs toujours présente, puisque c'est à diverses dates que l'abolition de l'esclavage est célébrée dans d’autres territoires de la République [2].

Si cette commémoration a été parfois contestée, et le demeure encore, le symbole est là, un symbole fort.

En effet, cette journée nous impose un devoir de mémoire : l'obligation morale de nous rappeler que notre civilisation a connu des heures sombres quant à l'influence de l'homme sur l'homme.

L’esclavage est l'expression extrême de la déshumanisation, la personne esclave, réduite à l’état d’objet, privée de ses droits et de sa liberté, étant contrainte de servir, sous diverses formes possibles, une autre personne. Un asservissement physique, mental et moral qui a conduit des populations opprimées à se révolter.

Avec la Révolution française, marquée par la Déclaration des droits de l'homme, la France sera le premier pays à abolir l’esclavage le 4 février 1794, un parcours politique qui prit naissance à l’Assemblée nationale sous l’impulsion du comte de Mirabeau en 1789. Une première abolition de l'esclavage par la France donc, d'abord le 4 février 1794, jusqu'à la Mauritanie, en 1982, dernier pays à l'avoir proscrit, il y a tout juste 40 ans.

Cependant, depuis le début de la crise dite sanitaire, la « gestion » des gouvernements ne traduit-elle pas le fait que les méthodes qui furent utilisées pour asservir des hommes et des femmes à des fins d’exploitation, sont encore utilisées aujourd’hui par ceux qui, au niveau étatique, détiennent le pouvoir de coercition ?

Les confinements sans réelle évaluation scientifique, les couvre-feux, les « méthodes chinoises » de gestion de l'épidémie, la vaccination sous la contrainte, les restrictions, les discriminations, l'infantilisation des citoyens et la très grande violence du traitement des peuples dans certains pays, notamment l'Australie… ces atteintes faites à l'intégrité physique, intellectuelle, psychologique et morale de l'être humain matérialisent la perte de liberté des populations soumises à des directives gouvernementales prises, notamment, en raison d’une volonté de procéder à une réingénierie sociale, par l’instrumentalisation de la science médicale.

Dans son Discours de la servitude volontaire, Etienne de la Boétie disait que « pour que les hommes, tant qu'ils sont des hommes, se laissent assujettir, il faut de deux choses l'une : ou qu'ils y soient contraints, ou qu'ils soient trompés. » Si une partie de la population accepte de se soumettre docilement à ce processus d’ingénierie sociale, c’est parce que celle-ci s’estime chanceuse d’être tombée sur un « bon maître » qui ne la prive de ses libertés que dans l’unique but de la « protéger ». Mais jadis, certains esclaves, soumis à cet état par la force, rationalisaient également leur condition en invoquant « la bienveillance » de leur maître qui « les soignait, les nourrissait, et n'était dur envers eux que lorsqu'ils l'avaient mérité ».

Ce dépouillement de la condition d’être humain constitue une atteinte manifeste faite au droit naturel, « souverain » plus exactement, car il est intrinsèque à cette notion même d'être humain. Cette dépossession de la liberté s'est toujours accompagnée de la manipulation sociale nécessaire à ce qu'elle puisse être effective dans la durée. Syndrome de Stockholm, triangle de Karpman… tous ces mécanismes psychologiques permettent de comprendre les phénomènes sociétaux de cet acabit. Le Débat Interdit (Trédaniel), dernier livre d'Ariane Bilheran et Vincent Pavan sur le sujet, en fournit une analyse interprétative complète.

Même si des formes modernes, qui ne rappellent que trop les époques plus anciennes, existent toujours, l’esclavage, comme il a pu exister, n’est plus, fort heureusement. Cependant, l'asservissement et le contrôle de l'homme ont-ils cessé pour autant ?

Aujourd'hui, ils s'effectuent de manière différente, avec un modèle bien plus pernicieux. Les masses sont inconsciemment enfermées dans un modèle de consommation exacerbé et institutionnalisé, un capitalisme dévoyé dans une démocratie défaillante, où, quand ils sont honnêtes, les dirigeants sont, malgré eux, captifs d’une pensée unique détachée de l'humain, qui les conduit donc à mener une gestion décalée du réel.

Pied-de-nez fait aux combattants de la liberté à qui nous rendions hier hommage, cette journée symbolique de commémoration intervenait pile le lendemain des discours de von der Leyen et de Macron. Dans le sien, von der Leyen a indiqué qu'il était peut-être temps pour l'Europe de passer outre le vote à l'unanimité sur certains sujets (santé, force militaire), et de viser une forme de fédéralisation. Celle-ci réduirait immanquablement les libertés des populations, « le peuple », qui est pourtant, juridiquement, en théorie, le souverain.

Et cette (en) marche forcée vers une Europe fédérale qu'Emmanuel Macron a pareillement appelée de ses vœux, notre président de la République ne l'a aucunement assortie d'un mandat électoral, ni d'une consultation populaire matérialisée par un scrutin impératif et décisionnaire.

Avec le kidnapping d'un grand nombre de nos droits, et la division des Français sur la vaccination obligatoire de certains groupes - susceptible d'être ensuite imposée à tous durant ce quinquennat, alors que les preuves de son efficacité fondent comme neige au soleil et qu’une enquête parlementaire sur les effets secondaires est en cours – il est plus que jamais indispensable de se rappeler qu’en commémorant l’abolition de l’esclavage, nous commémorons la victoire de la liberté sur l’asservissement. Gardons toujours cela à l'esprit de façon à éviter le retour de l’asservissement cette fois par l’intermédiaire de la majorité des médias.

Liberté, égalité, fraternité sont les valeurs qui nous unissent et forment le socle de notre Nation. Faisons en sorte que cela continue.

 

(1) anciennement « Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition. »
(2) Journée nationale des mémoires de la traite et de l'esclavage et de leurs abolitions

Auteur(s): Xavier Azalbert, directeur de la publication de FranceSoir

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